Kadaboum

Cette idée vient directement de mes élèves, d’une sixième que j’ai le vendredi après-midi, ils ont nommé eux-mêmes l’activité.

Je ressors de ce cours souvent épuisé tant la diversité des profils de la classe est importante. Aujourd’hui ils m’ont fait une blague : ils m’ont demandé si on disait je « mourus » ou je « mourrai » au passé simple. Ne comprenant pas, ils m’ont dit de dire « mourrez ». Et là, ils se sont tous affalés d’un coup !

https://vimeo.com/104339262

Je remplacerai cette photo de gestes communs d’un groupe pour illustrer le kadaboum, par ceux de la classe la semaine prochaine

 

En une fraction de seconde, je me suis senti détenteur d’un pouvoir étrange, très intense et sain, puisque je n’étais que le déclencheur d’un mouvement prévu par eux. Comme une commande consentie. Ils avaient préparé un acte artistique, une chorégraphie collective dont le spectateur est le héros, car il n’a que le code décidé par le groupe qui lui est le véritable créateur.
J’ai adoré cette sensation, cette idée. Aussitôt, j’ai divisé la classe en ilots afin qu’ils puissent créer d’autres actions de ce type. On a eu droit à du « vomi » ( le charme de l’authenticité … ), s’échapper du cours (ils sont revenus) , des Oyuken (boules de feu imaginaires), des phrases japonaises (très rapides) issues de manga , des gestes variés (souvent des dab) .
Une élève avant de passer avec son groupe me demande de lui répondre «  ben oui comme d’hab » lors de la présentation. Avec son groupe prêt, immobiles ou en faisant semblant de faire autre chose, elle se retourne vers moi et me demande « ça va aujourd’hui, M’sieur ? » …
Après ma reponse , leur groupe fait… un dab …
Heureux de leur créativité inspirante, je leur dis que l’an prochain on fera une activité avec leur idée, ce qui ne manque pas de provoquer leur enthousiasme…

Du coup cette idée peut devenir :

  • Une performance littéraire : chaque phrase entraîne un mouvement, il suffit de cacher la consigne dans un texte. D’après les mouvements, on peut aussi retrouver le texte correspondant après.
  • Une performance musicale : comme un soundpainting inversé dont les compositeurs sont les performeurs et non le chef d’orchestre, plusieurs gestes entraînent des sons, des rythmes des élèves.
  • Une performance double en co création inter groupes entre musique et littérature
  • Une performance chorégraphique, de façon évidente
  • Un moyen de peindre les mouvements et ainsi de se rendre compte des structures des morceaux, comme avec des légos ou une partition graphique à colorier
  • Un apprentissage des gestes de direction d’ensemble
  • Un morceau muet, comme un art de la fugue gestuel, les eleves imitant des instruments
  • Un ajout à la pédagogie Dalcroze, cumulé avec une écoute, où les élèves peu à peu obéissent à des codes sonores pour s’approcher d’une compréhension des paramètres du son (vitesse, durée,hauteur etc)

Merci à mes élèves pour cet outil étonnant d’intensité

2 réflexions au sujet de « Kadaboum »

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