Ludovia 2017 Nouvelle Aquitaine

Penser l’activité avec l’empreinte du numérique

où vivons nous… www.flipmusiclab.fr

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Le monde numérique

A l’heure des applications, des clouds, du design thinking, des détournements des usages des réseaux sociaux, des blockchains, de l’AVAN ou BYOD, des BIG DATA prédictives, des IoT, nous pensons notre pédagogie souvent par l’objet numérique.

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Nous vivons dans un monde numérique, l’environnement est dans la machine et hors de la machine.

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La question de la place de l’homme dans cet environnement, se pose ici et maintenant. Tout d’abord parce qu’elle fait nécessité face aux injonctions claires ou induites par la diffusion des objets, programmes ou autres, mais aussi parce qu’elle détermine un avenir immédiat de société, où une non-expertise de ces domaines ne garantit pas une place sur le marché du travail.

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Cependant, la question de la fin de ce monde est inhérente à sa nature et de grands penseurs nous poussent à investir ce champ de réflexion, je pense à Alexandre Monnin ou Stephane Vial en particulier. D’ici 2040, nous ne produirons plus de phosphates. D’ici 2050 les réserves de métaux se tariront. D’ici la fin de ce siècle, notre anthropocene aura vécu un changement climatique d’une rapidité sans précédent, la Coop21 de 2015 en rappel.

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Sans entrer dans un inutile futurisme, il n’est pas possible de penser de tels enjeux en pédagogie en éducation musicale sans décrypter ou penser nos agissements dans ce monde. Je crois qu’il nous faut poser des bases de transmission d’une forme de culture en conformité avec nos habitudes encore très inconscientes, habitudes issues de ce monde numérique.
On peut penser l’ère industrielle en départ de cette nouvelle modalité de comportement, de cette nouvelle ère humaine, il m’apparait pertinent de parler de rupture de cette ère avec la fin de la seconde guerre mondiale. En voici quelques raisons majeures : une idéologie dominante de libre échange économique qui va réduire davantage que toute colonisation, le rétrécissement de l’espace et du temps; un déploiement des infra-structures dans chaque aspect de la vie quotidienne qui va peu à peu tarir et remplacer, sans aller aussi loin que Bourdieu, l’hyper structure des nations; une reconstruction du monde à l’image de et par l’image de cette émergence des diversités dans une agrégation; une perte des repères locaux et une profusion de repères lointains; une exploitation des ressources premières très accélérée.

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De la même façon qu’Eva Illouz, citée par Monnin, l’observe pour les relations amoureuses, notre comportement a changé, imperceptiblement. Nous avons glissé sur une accélération qui comme chaque fois, nous échappe et nous grise. A l’image du clip de Carmen de Stromae, nous (je ne m’extrais pas) sommes dans un flow autotélique pensant le monde parfois avec quelques années de décalage, sans dire quelques siècles.

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Peu à peu, je me suis tourné vers l’importance de penser les comportements des élèves avec ce prisme du numérique en privilégiant l’activité en cours et donc, la place centrale de l’élève. Je suis issu d’un enseignement académique très traditionnel, que j’ai tenté de reproduire en me heurtant à des difficultés que j’attribuais à d’autres et à une pseudo nature humaine. C’était sans compter mon propre cheminement. Tous ces travaux ont été éprouvé en situation mais cela ne garantit pas leur efficacité, cela garantit leur vie, leur animation, leur modification, parfois leur abandon. Avant d’aller plus loin, tout ce travail est la manifestation d’une pensée collective au sein du groupe #edmus sur internet, dans nos rencontres #edmusconnect, affiliés à notre association disciplinaire l’ @APEMu, et de notre propension à nous émuler les uns les autres. Aucune idée n’aurait pu naître sans les échanges, les aides, les apports, les contestations de chacun. Je ne pense pas en fait qu’il existe d’El Dorado pédagogique hors de la propre relation qu’un enseignant participe de créer avec ses élèves. Je pense par contre que de nos comportements dans ce monde numérique et de la façon dont nous concevons celui-ci dépendent la facilité de transmission de ce qui constitue une culture, et qu’au centre de cette place qui ressemble aujourd’hui davantage à Picadilly Circus qu’à une agora antique, il y a l’humain.

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Dans cet ordre de pensée, je propose trois entrées : des outils abstraits comme des démarches d’organisations, des outils concrets comme des outils d’évaluations, des séquences tournées autour d’une problématique.

Outils abstraits, organisations :

  • Les îlots ludifiés et permutés. Si Freinet nous parle des métiers des élèves, c’est qu’il a développé tout un contexte dans sa démarche. Loin de moi l’idée de me sortir des épaules de ce géant pour le regarder en face. Par contre, son idée d’infrastructure de responsabilité permet une fluidification , une simulation, qui présente l’intérêt d’aborder des connaissances de façon tout de suite pratiques, concrètes sans renoncer à les expliciter. Si on regarde les groupes de héros de ces dernières décennies, on a non plus une extrapolation familiale de l’individu mais une auto-organisation coopérative. C’est l’idée précisément des sites de curation et des réseaux sociaux, qui aujourd’hui se déclinent en fonction de ce que l’individu fait et est témoin. Plus on en sait sur l’individu et plus on est en capacité de le choisir. Il suffit de regarder comment procèdent les anciens speed-dating ou les sites de rencontre. L’image dans son obscénité définit non plus l’être comme peut aussi le critiquer Mazarine Pingeot dans son ouvrage sur la transparence, mais l’image reflète une confusion entre une nature et un savoir-faire. L’expression de soi dans une contenance de comportements à travers des fiches m’apparait un retour de ce point vers une place centrale de l’individu. Explication des deux principes.
  • Intersubjectivité : à l’heure des algorithmes de traduction, à l’heure des liens, des hyper liens, des interactions dans les IoT, comment nous interagissons ? Depuis Socrate et ses tamis dans la conversation, comment échangeons nous les idées ? Et surtout comment cette idée se manifeste à nous ? Il apparait qu’une page renvoie toujours à une autre, que les compréhensions des choses s’arrêtent toujours à la non vérification, et que des méthodes mêmes de connexions entre les idées concourent finement à la manipulation des esprits comme peut l’expliciter Nicolas Le Lhuerne. L’intersubjectivité se veut être un algorithme relationnel qui permet de cerner dans le débat des directions d’approche d’une idée et une compréhension mieux définie de ce que chacun peut apporter à cette idée. Si je vous évoque un « gâteau » et que vous vous arrêtez sur ce mot … Il y a beaucoup de chance que chacun puisse en imaginer, en savourer, en sentir un différent, voire plusieurs. L’intersubjectivité répond à cette profusion d’analogies dans un débat centré sur la critique musicale. Explication du système.
  • Hashtags émotionnels : les réseaux sociaux ont imposé un hyper référencement. À l’instar des moteurs de recherche, on créé sa propre information ou on la référence pour soi, en la proposant aux autres connectés. Le flot d’informations à la fois dilue et garde en mémoire presque éternellement accessible une information parfois elle-même référence d’une autre référence. Vient rapidement le règne de la méta information, c’est à dire de la connotation et non du signifié, avec le risque évident du remplacement total de l’un par l’autre, et de l’oubli de la racine émotionnelle de l’idée par le récepteur : il suffit de penser à nos attentes affectives, à l’impact du phénomène de trolling, à nos addictions et à nos propres tensions de reconnaissance qui s’affolent où se perdent face à l’écran. Adoptant le postulat qu’une élaboration conceptuelle prend racine dans l’émotion et que savoir écouter crée un espace actif en nous, je propose une direction émotionnelle et affective au langage, qui a pour but de laisser la parole libre, de favoriser l’écoute et d’essayer de couper l’impact de ces pulsions. Explication.
  • La roue des émotions : un des problèmes du référencement des musiques ou d’autres formes de pensées est ce qu’induit ce propre référencement. Toute classification s’appuie sur un cadre donné qui oriente forcément le choix. C’est une technique de vente après avoir été un réflexe scientifique. Ce cadre extrinsèque à l’objet classé vient imposer un point de vue qui en détruit d’autres. Comme l’appellation de musique classique alors qu’on parle de Wagner ou Monteverdi, le référencement est souvent faux par nature. Mais la profusion d’informations et les réflexes de rapidité dus à cette profusion font qu’aujourd’hui on ne se consacre qu’à ce que l’on connaît et non à considérer l’affinage des formes, des compréhensions, des considérations, des goûts. L’algorithme prédétermine, une simple recherche sur youtube ou google en atteste, les choix majoritaires de nos habitudes qui se confondent avec celles des autres internautes, et les datas prédictives accentuent ce phénomène de dépossession de notre faculté à faire des liens. La roue des émotions part de ce principe de comportement pour revenir à un lien intérieur, elle est liée à une démarche de type questionnaire proustien et se veut une exploration de sa propre analyse sonore. Explication

Outils concrets, infrastructures :

Dans une seconde partie, ces outils pouvant se manifester concrètement et ayant besoin d’un support avant de devenir un réflexe, contrairement aux outils précédents, il conviendra d’accepter un double temps d’adaptation à la forme et au fond des créations suivantes :

  • L’alphabet d’engendrement symbolique : notre rapport à l’image est permanent, total. L’image qui déclenche, l’icône, est multiple. Elle ne renvoie à l’instar d’un monde de Lewis Carroll ou surgit d’un palais des glaces inquiétant, qu’à d’autres symboles qui se perdent dans des structures géantes qui ne nourrissent qu’elles-mêmes : qui ne surfe pas pendant des heures de pages en pages, de dialogues en dialogues, sans en avoir retiré qu’une brumeuse impression de résistance à la mémorisation ? Tout alphabet n’existe que parce qu’il est partagé, c’est donc un travail sur le long terme. Le procédé sémiotique est aujourd’hui quasi instantané : c’est à dire que pour passer de la tête de vache à la lettre A des milliers d’années ont été nécessaires. Aujourd’hui, l’interaction entre l’observation et la transformation en symbole ne prend que quelques secondes. Autant dire que le temps de réflexion est inexistant. Profitant de ce temps aboli, je propose un retour vers la pratique avec une compréhension immédiate et une pratique lente, cet alphabet engendrant par apposition ou juxtaposition des symboles métaphoriques, construits sur une figure destinée à les transposer en 3 dimensions et en gestes ou mouvements. Explication
  • Les logos et Retour à l’écrit : dans la même logique, les logos peuvent exprimer des concepts autant que des pratiques. Ils peuvent comme les logos de produits, les sketchnotes, ou des imageries mnémotechniques à l’instar de la main guidonienne ou l’homme de Vitruve, par leurs formes remémorer le fond de la transmission. À l’inverse, l’image propose une compréhension immédiate comme les structures ou les partitions géométriques, il n’y a plus de recul mais le temps long est déplacé sur l’aspect de pratique, l’intégration se faisant en activité, démarche que nous pouvons retrouver dans un enseignement solfégique par ailleurs. Explication
  • Le sphérier : penser la perfection du rendu n’existe pas en tant qu’usager mais en tant qu’ingénieur. Paradoxalement, cette perfection n’existe que ponctuellement et contextuellement, on peut donc dire qu’un travail parfait n’existe qu’à un moment. Hors le procédé symbolique est tellement chargé d’une puissance de mémorisation qu’il contredit peut-être la nature même du travail scolaire. Il se trouve aussi que les connexions entre les champs de compétences sont clairs (et ce depuis particulièrement 2008 en éducation musicale) : mieux on écoute mieux on pratique, mieux on apprend mieux on comprend ce qu’on écoute, plus on écoute plus on aime et on aime découvrir etc. La multitude des approches de compréhension de Gardner me semble pertinente mais dangereuse appliquée à une considération de l’individu ainsi que prototypique. Par contre, déplacée sur l’interface de compréhension, elle peut relever d’une pertinence dans un choix de diversité pour l’élève. Dès lors le sphérier prend une place dans l’autoévaluation de l’élève : il ne cerne non pas prioritairement la perfection du travail mais le moyen par lequel on y arrive. Tous les élèves accomplissent le travail mais l’autonomie recherchée diffère selon les choix de l’élève. Le rôle de l’enseignant étant donc de proposer le plus possible d’outils pour arriver à la compréhension en visant explicitement l’autonomie la plus totale, c’est à dire la démarche de créativité. Par exemple, pour obtenir une image d’une Porsche ou d’une Mazzerati, je peux : attendre que le prof la propose (attendre que les autres le fassent à ma place), la chercher sur internet (trouver la bonne source), la prendre en photo (me déplacer moi-même), la dessiner sur un logiciel (la concevoir), la dessiner avec un crayon (décider du support en m’appropriant une technique) ou en inventer une moi-même dans le style (devenir Designer). Je peux être performant ou en cours de performance quelques niveaux que ce soit, tout en essayant plusieurs formes d’outils pour y arriver. Ce système a été testé sur 3 ans avec des comparatifs classes avec sphérier et cours adapté, classes avec cours adapté et classes sans. Mes observations vont-pur l’instant dans le sens d’une plus grande créativité de la part des élèves. Le spherier est aussi un plan de travail en soi. Explication
    Séquences, environnements

Enfin, ces systèmes nécessitent des séquences, comme la complexité d’un environnement informatique, un espace clos de simulation ou un operating system qui garantissent exactement comme peuvent le faire des structures de cours traditionnelles, des espaces contenants pour l’élève. Ces séquences sont ludifées ou non, elles présentent aussi cette alliance entre fond et forme.

Des activités en ludification autres seront proposées aussi au Clicx, le congrès de la classe inversée, pendant Ludovia.

Lien vers le Clicx

 

  • Le resto des punchlines
  • L’audiobiographie
  • Carmen/ Almas de Barcelona
  • Poésie je slame ton nom
  • Un océan d’étoiles

Ouvertures, fenêtres

La classe inversée me paraît être pour l’instant une forme de transmission adaptée à ma démarche. Je la pense en renversement impermanent, elle peut sembler efficace sur certains points par la facilité qu’elle a de favoriser les projets et peut aussi s’allier avec une forme plus explicite d’enseignement. En éducation musicale, nous alternons souvent pratique collective et individuelle, l’une se nourrissant de l’autre. Le procédé d’ilots renvoyant à la différenciation qu’on peut attendre d’un groupe de rock ou d’un quatuor à cordes, le chant choral, la relaxation ou les ensembles instrumentaux renvoyant eux vers le jeu ensemble.
Il me semble cohérent d’envisager notre programme disciplinaire en relation avec les comportements actuels issus du monde numérique. Espérant réduire l’usage du numérique à sa stricte utilité, j’envisage ces infrastructures non en environnement mais en objets complexes, afin de replacer l’humain au cœur de l’activité. À l’image de certaines villes africaines qui ont créé un internet sans web ( par les réseaux téléphoniques, la rencontre humaine et une source d’information numérisée ), à l’image du travail de Carole Lipsyc sur le récit des trois espaces, il s’agira dans un futur proche de sortir, dans une forclosion annoncée, du monde numérique tout en ayant acquis une réflexion sur notre façon de nous y animer.

On peut envisager peut-être, en évitant un futur à la George Miller ou à la K. Dick, un rôle du vivant plus affiné, une écologie bionumérique, une ingénierie de l’usage ou imaginer poursuivre le rêve de l’énergie verte en espérant sa renouvelabilité totale et perpétuer avec les évolutions technologiques, le rêve et la prudence de Jules Verne.

Des roses stridents

Définir un terme semble être un acte double, agissant en une fusion entre signifiant et signifié. Le terme agit en tant que mot dénoté et son étymologie ou sa connotation obéissent aussi à cette dualité. Il est amusant d’observer à un niveau plus large encore, que pour définir un son on se sert aussi de cette dualité, souvent observée avec un prisme synesthésique. En somme, pour définir un terme, on en emploie un autre.

http://www.framboiseetaubepine.com/blog-life-style/je-suis-synesthete

Voilà quelques termes en musique qui obéissent à cette adjonction de dualités, leurs synonymes et la premiere fois dans l’histoire où ils apparaissent tels quels , comme un voyage vers les sens premiers dans notre langue, sans remonter trop loin :

Une hauteur (type spatial étymologie « altitude » principe mathématique XII° ) de son (auditif)
Un volume (spatial, bâton qui entour un manuscrit XIII°) sonore
Une fréquence (spatial, « assemblée » XII°)
Un son chaud, froid (kinesthésique, proprioceptif XII°)
Un son doux (kinesthésique XII°)
Un son fort (kinesthésique proprioceptif « penible » X°), faible ( kinesthésique proprioceptif « manque de vigueur » XII°)
Un son élevé : (kinesthésique action « porter plus haut » XII°)
Une durée (action XII°)
Un son strident ( XVI° : aigu )
Un son aigu (visuel « pointu » XII°)
Un son grave (visuel, volume « important » XIV°)
Rythme (visuel mesure XI° )
Rythme rapide (avec vitesse XVI°)
Vitesse ( « agilité » XII°)
Agilité ( « léger » XIII°)
Léger (proprioceptif : peu de poids XII)
Lent (kinesthésique : « mou » XII)
Harmonie (« ensemble » XII°)
Accord (pacte XII°)
Pacte ( accord serment XIII °)
Serment (affirmation IX°)
Mélodie ( « chant » XII°)
Chant (mouvement « émission de sons » XII°)
Timbre ( sorte de tambour XII°)
Tambour ( instrument qu’on tape XII°)
Nuance ( « degrés de couleurs » XIV°)

Une mindmap pour en couleur voir ce qui se rapporte aux sens qui observent les phénomènes ( je précise au besoin que cela n’est qu’un essai très imparfait, il n’y a aucune valeur objective, au contraire, aidez-moi de vos remarques si jamais vous en sentez le besoin et si vous lisez cet article ).

Bleu : directement sonore

Vert clair : directement visuel / Vert foncé : observable visuellement

Rouge : action due à un ressenti / Marron : proprioceptif, ressenti / Orange : kinesthésique

Cela pourrait donner lieu à des idées de re-création de termes avec les élèves, où on pourrait redéfinir en comprenant les étymologies, les termes musicaux; cela pourrait ainsi donner une vision d’ensemble de ce qu’est un terme musical et ce qu’il représente aujourd’hui, en conscience qu’il n’a donc pas toujours représenté la même chose.
Il suffit de penser aux indications de jeu de la période baroque française du XVIII° pour en retrouver des analogies évidentes ( chez Philidor ou Rameau on a des indications de type « magique » « tempetueusement » etc)
Dans les champs lexicaux qui manquent parfois à nos élèves ou à nous-mêmes, cette direction de travail peut venir renforcer ou créer de nouvelles façons de jouer bien plus appropriées.
Avec les figures de rhétoriques en français et un travail autour de la poésie, on peut aussi s’amuser à décrire des musiques de mondes étranges, créer des émotions nouvelles par leurs descriptions inédites en les associants à des phénomènes sonores.

On pourrait envisager des rythmes graves, des mélodies timbrées (la klangfarbenmelodie peut prendre un sens très direct par exemple), des lenteurs hautes, des harmonies agiles (et ainsi accéder aux musiques de la Renaissance de Janequin Palestrina ou Dowland très directement aussi).
Pourquoi pas revisiter des mélodies sombres, des harmonies bleues, des mélodies lumineuses ou des harmonies rouges ( et déjà les connotations sont si nombreuses et évidentes que je n’ai pas besoin de les marquer), des timbres assermentés, des tambours rugueux, des lenteurs monotones, des chants azurés, des chaleurs soyeuses, des nuances épaisses ou des roses stridents.

J’avais fait une activité synesthesique décrite au tout début de ce site où l’élève devait dessiner sur un poème symphonique et je travaille en ce moment sur le corps et le sonore, ce procédé peut s’étendre à toute une palette d’activités en ce sens.

La liste est évidemment non exhaustive et de nombreuses autres activités peuvent en découler.

Kadaboum

Cette idée vient directement de mes élèves, d’une sixième que j’ai le vendredi après-midi, ils ont nommé eux-mêmes l’activité.

Je ressors de ce cours souvent épuisé tant la diversité des profils de la classe est importante. Aujourd’hui ils m’ont fait une blague : ils m’ont demandé si on disait je « mourus » ou je « mourrai » au passé simple. Ne comprenant pas, ils m’ont dit de dire « mourrez ». Et là, ils se sont tous affalés d’un coup !

https://vimeo.com/104339262

Je remplacerai cette photo de gestes communs d’un groupe pour illustrer le kadaboum, par ceux de la classe la semaine prochaine

 

En une fraction de seconde, je me suis senti détenteur d’un pouvoir étrange, très intense et sain, puisque je n’étais que le déclencheur d’un mouvement prévu par eux. Comme une commande consentie. Ils avaient préparé un acte artistique, une chorégraphie collective dont le spectateur est le héros, car il n’a que le code décidé par le groupe qui lui est le véritable créateur.
J’ai adoré cette sensation, cette idée. Aussitôt, j’ai divisé la classe en ilots afin qu’ils puissent créer d’autres actions de ce type. On a eu droit à du « vomi » ( le charme de l’authenticité … ), s’échapper du cours (ils sont revenus) , des Oyuken (boules de feu imaginaires), des phrases japonaises (très rapides) issues de manga , des gestes variés (souvent des dab) .
Une élève avant de passer avec son groupe me demande de lui répondre «  ben oui comme d’hab » lors de la présentation. Avec son groupe prêt, immobiles ou en faisant semblant de faire autre chose, elle se retourne vers moi et me demande « ça va aujourd’hui, M’sieur ? » …
Après ma reponse , leur groupe fait… un dab …
Heureux de leur créativité inspirante, je leur dis que l’an prochain on fera une activité avec leur idée, ce qui ne manque pas de provoquer leur enthousiasme…

Du coup cette idée peut devenir :

  • Une performance littéraire : chaque phrase entraîne un mouvement, il suffit de cacher la consigne dans un texte. D’après les mouvements, on peut aussi retrouver le texte correspondant après.
  • Une performance musicale : comme un soundpainting inversé dont les compositeurs sont les performeurs et non le chef d’orchestre, plusieurs gestes entraînent des sons, des rythmes des élèves.
  • Une performance double en co création inter groupes entre musique et littérature
  • Une performance chorégraphique, de façon évidente
  • Un moyen de peindre les mouvements et ainsi de se rendre compte des structures des morceaux, comme avec des légos ou une partition graphique à colorier
  • Un apprentissage des gestes de direction d’ensemble
  • Un morceau muet, comme un art de la fugue gestuel, les eleves imitant des instruments
  • Un ajout à la pédagogie Dalcroze, cumulé avec une écoute, où les élèves peu à peu obéissent à des codes sonores pour s’approcher d’une compréhension des paramètres du son (vitesse, durée,hauteur etc)

Merci à mes élèves pour cet outil étonnant d’intensité

Le Pouvoir

Une idée d’activité où la forme fait sens dans une pédagogie de projet autour de la relation entre musique et pouvoir, que je tenterai l’an prochain en 3°.

Pour poursuivre la recherche que la forme fait le fond, afin de permettre une émergence d’action qui peut éclairer une façon d’envisager autrement la relation à l’objet d’art, cette démarche à long terme a pour ambition de créer un instrument polymorphe qui peut ou pas être teinté de numérique mais dont l’utilisation simple traduit une démarche complexe.

Démarche :

La relation entre musique et pouvoir, plus largement entre art et pouvoir, traduit pour moi une visée utilitariste. L’art a pour fonction de transfert entre la personne qui le désigne ou le commande et sa caractéristique morale ou esthétique. C’est ce qui se dégage des commandes des rois dans une recherche de somptuosité traduisant des caractéristiques prétendues des commanditaires, ou de laideur et d’avilissement en ce qui concerne les propagandes ( on pensera à l’art dégénéré bien sur).

Alors, apprendre à considérer l’art « en soi » peut apparaître comme un chemin salutaire. Pour parvenir à s’extraire d’une considération, je vais m’appuyer sur une dualité : l’art considéré comme dégénéré et d’un autre côté un de ses contraires, l’art comme inspirant ( sous entendu qui engendre , qui génère ).

Pour cela, les élèves créeront leurs interprétations doubles des œuvres d’arts que nous allons étudier. Si c’est une musique, alors une parodie, pastiche ou déformation de toute sorte (structure/paramètres/instruments etc) avec d’un côté une déformation de l’œuvre la sublimant ( art autorisé , « anobli » ) de l’autre une déformation avilissant ( art dégénéré ). Si c’est une oeuvre plastique, la même direction avec une image.

https://fr.pinterest.com/pin/324611085614246574/

Les images seront remplacées par nos réalisations une fois que le projet sera réalisé, comme à chaque fois dans ce type d’article.

Nous collerons sur les deux côtés opposés de boites de récupération ( de type boites à chaussures) des QR codes pour les sons , théâtres ou les danses et des images pour les œuvres plastiques et littéraires.

Chaque boite sera une partie insérée d’un mur. Il y aura une alternance entre une face positive et une face négative côte à côte, alternance qui sera donc exactement opposée de l’autre côté du mur. Chaque élève qui se trouvera de chaque côté du mur pourra donc observer l’inverse interprétation de ce que l’autre côté propose.

Chaque boite sera reliée par un fil à la base du mur. Pour symboliser la relation de pouvoir : le silence et l’immobilité nous laissent libres de nous-mêmes, ainsi le rapport à l’autre est lui aussi libre. Si nous prenons la boite avec nous, si nous parlons, si nous bougeons, alors pensant dominer autrui, nous nous faisons posséder par l’autre. Nous entrons dans une ré-action, qui nous emprisonne par nature puisque nous sommes plus en contact avec nous mais dépendants de l’autre et de son jugement par extension. Laisser la boite en évidence attachée à son socle permet de prendre conscience que chaque fois, positivement ou négativement, la nature des choses ne nous appartient pas mais s’appartienne à elle-même. Une oeuvre d’art, un être humain par extension et ses idées, ne nous enrichissent pas par eux mêmes mais par l’impact que nous laissons absorber en nous.

Sur ce mur, il y a des boomwhakers, des bâtons qui font un son particulier quand on tape dessus. Nous développerons un morceau à performer en chant/instrument qui nécessitera l’utilisation de ces tubes. Ainsi, métaphoriquement, pour considérer la dualité , pour échapper au paradoxe bien/mal, autorisé/interdit etc, nous devons nous extraire et l’utiliser. L’usage de l’objet connecté phonotonic peut aussi remplir de belles conditions d’accompagnement, en particulier parce que la balle peut s’échapper de chaque côté et remplir une fonction rythmique d’un côté et mélodique de l’autre (dans le cas de deux phonotonic).

Chaque groupe d’élève de chaque côté du mur aura donc une partie musicale indépendante, les deux phonotonic peuvent remplir une part d’aléatoire fort appréciable dans tout ce déterminisme. Ils utiliseront le mur comme support mélodique et rythmique simple.

Ce travail peut se faire avec des textes, des paroles, ainsi nous pourrons travailler ce projet avec mon amie V. Pergola en français.

Anamorphose sonore

Dans un second grand temps, on pourra jouer un parcours sonore sur les boomwhakers car chaque tuyau aura une oeuvre en correspondance ou un groupe d’œuvres. Ce parcours pourra être augmenté d’autres sons accolés aux boites, les QR codes pouvant aussi servir de déclenchement sonore. Un matériel mobile et numérique pourra aussi transformer les sons, par exemple un QR code déclenchant un son sur une tablette, lui-même transformé par un smartfaust en sampleur ( ou une autre tablette sur GarageBand ), relié à une enceinte bluetooth, ou encore plus simplement, des consignes de type partition graphique créées par les élèves, à chanter au moment où on choisit d’utiliser une boite.

Ce parcours sonore peut obéir à plusieurs « recettes » ou ordres selon le point de vue de parcours des boites : si on prend un ordre chronologique des œuvres présentées, on aura un parcours ; si on prend un ordre géographique, thématique , d’autres parcours.

Puis le parcours sera retransmis sous forme écrite afin d’être enregistré sur plusieurs supports physiques ( 6 ipad par exemple). Les 6 ipad seront disposés dans une salle ou, et j’aimerais beaucoup, dans une structure plus grande comme le collège ou une partie du collège, de façon à ce qu’il n’y ait qu’un seul endroit où on puisse écouter tous les sons de ce parcours, soit simultanément, soit et c’est ce que je préfèrerais, dans une continuité.

La métaphore de l’installation et donc du mouvement sera que pour comprendre et écouter, l’immobilité est nécessaire. Pour que l’œuvre ne soit pas en relation de pouvoir, il est nécessaire d’être immobile, dans un lieu qui lui est consacré. Ainsi, l’œuvre échappe à la considération de pouvoir, on peut en comprendre les enjeux rien qu’en se plaçant à un endroit. C’est un moment de réflexion plus intellectuel pour l’élève car il est nécessaire de comprendre l’espace et sa géométrie, j’aimerais beaucoup travailler avec les maths pour cette partie.

https://www.mathcurve.com/courbes2d/anamorphose/anamorphose.shtml
http://rosieslade.blogspot.fr

Ce chemin artistique je l’espère, peut conduire les élèves à apprécier l’importance des enjeux de pouvoir dans l’œuvre d’art, quelques soient les intentions de ce pouvoir, en se dégageant d’un rapport moral simpliste et en entrant dans une autonomie de pensée et de recevoir l’art pour lui-même.

 

 

Intersubjectivité

Le concept existe déjà, Kant le définit par la faculté de prendre en considération la pensée d’autrui dans sa propre pensée.

Golse approche ce phénomène par des noyaux de pensée. Popper définit l’intersubjectivité comme la base des connaissances dans le constructivisme. Gadamer emploie le terme d’horizons, terme tout à fait savoureux, qui se fusionnent dans le langage dans une croissance partant d’une description, d’un contrôle, pour arriver au particulier de la pensée et le langage.

Il m’apparait que dans des activités qui se basent sur une découverte empiriste du monde, il est nécessaire de penser cette relation à la réalité. Proposer une réalité à un humain quel qu’il soit m’apparait déjà assez prétentieux. J’écris ces lignes sans m’extraire d’ailleurs de cette prétention bien sur.

Cette prétention peut être créditée par un système de sélection culturel ou social , comme une lumière relative sortie du chaos.

Mais j’aime à croire aussi Platon et penser à un monde des idées comme un égrégore indépendant de son propre créateur, attendant de surgir comme un génie de la lampe, tapis dans les ombres indicibles.

Sorti de la croyance et de l’intuition, il reste que l’idée en soi ne s’appréhende pas , selon mes propres observations, comme une vérité absolue mais comme une tension qui se réalise par la création ou la construction.

Plus simplement, j’observe que toutes nos tensions internes se résolvent quoi qu’il nous en coute de les retenir, alors autant le faire dans une construction nécessaire aux autres ( et donc à soi par effets initiateur et rétroactif ).

Si nos réflexions naissent de ces tensions, si d’une dualité mouvante nous « pensons », il m’apparait utile dans les activités de débats inhérentes à nos fonctions de faire réfléchir et argumenter les élèves, de créer un outil intellectuel pouvant les amener à construire de et par ces tensions et non à les opposer.

Cet outil est la carte d’intersubjectivité. Elle peut se décliner en ilots dans un résumé organisé, une mindmap rigide, à l’image du nombre de ceux qui la composent.

Le but de cette carte est de signifier à chacun que l’adjonction des idées peut mener à une compréhension du monde étendue, mais surtout à une compréhension de la compréhension du monde. Plus qu’une carte de connaissance du monde (musical) c’est une carte de connaissance de ses propres filtres d’observation. Connais toi toi-même et …

J’ai limité l’échelle d’investigation de l’idée à 5 étapes, qui me paraissent facilement manipulables par l’esprit. J’ai ainsi défini l’idée par deux causes et deux conséquences.

Une idée a une cause qui a elle-même une cause.

Une idée a une conséquence qui a elle-même une conséquence.

Par exemple lors d’une écoute d’une oeuvre, on pose une question ( ou on fait trouver les questions et les réponses avec la méthodologie des CQQCOQP / 5W ) , du genre « où se passe la performance musicale ? »

Réponse : un concert enregistré

Cause de l’idée : on a enregistré le concert pour capturer un instant unique

Cause de la cause : on ne peut le faire que depuis l’invention et la popularisation de l’enregistrement

Conséquence de l’idée : le lieu influence l’interprétation

Conséquence de la conséquence : les lieux de diffusions changent et sont en inter influences avec les oeuvres (acoustique architecturale par exemple)

Chaque niveau présente des milliers de réponses possibles mais dans une seule réponse principale seulement quelques niveaux sont sous-entendus. On peut le schématiser sous forme d’idées qui s’engendrent.

La fusion de ces niveaux va donner une multiplicité de réponses relatives à chacun. Et bientôt, il y aura dans chaque réponse la conscience d’un aspect relatif.

Cela peut provoquer l’intérêt pour autrui et la recherche non pas d’une vérité absolue mais la recherche des points de vues d’autrui. Par exemple ici en ilots de 5 personnes.

Ce n’est pas la réponse attendue qui prévaudra mais l’interprétation de la réponse, qui signifie le parcours de la personne qui répond.

Ici un exemple de minimap rigide avec 5 ilots de 5 personnes

Chacun pourrait voir toutes les relativités de toutes les idées en une carte.

J’ai testé ce système il y a peu, je n’ai pas encore de conclusion. Je me suis testé moi-même par contre avec ce point de vue , je le pratique parfois avec beaucoup de plaisir. Cela a tendance à accentuer mon écoute de l’autre, bien que je sois naturellement porté sur le discours.

J’ai aussi testé sur moi une forme de temporalité totale, c’est à dire envisager chaque chose et chaque discours dessus avec le point de vue que tout à une naissance une existence et une mort. L’exercice est difficile mais intéressant. C’est un concept adjacent à l’intersubjectivité que je développerai peut-être un jour.

J’adresse des remerciements sans bornes à mes amis #edmus très chers Anne-Claire, Damien et Philippe qui m’aident grandement , indispensablement, à développer ces concepts.

Carte mémorielle multiple de fin de ludification

Dans le but de retenir au mieux une ludification de séquence et avant (ou à la place de ?) une formalisation proposée sous une forme ordonnée et traditionnelle, je propose une démarche complexe dans le sens de multiple, une démarche cyclique dans sa finalité mais qui peut évidemment se remplir dans tous les sens. Un plan de travail sommatif en somme, dirigé uniquement vers l’élève.

Je remercie vivement @arrizabalazik dont la démarche ludique est extraordinaire et @davidlemusico79 dont le foisonnement d’idées est impressionnant pour avoir largement contribué à la création de cette idée !

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J’en distingue pour l’instant, car ce n’est qu’un prototype, 4 étapes, symbolisées par les éléments habituels de notre culture, dans l’ordre : Terre, Air, Eau, Feu
Terre : le chaos des idées , on y dépose ses graffiti, mots, phrases, dessins et gribouillages la volée.
Air : les différentes mindmap proposées sur ce site et celle de l’intersubjectivité qui donnera l’occasion d’un article ultérieur spécialement dédié à cette notion (une mindmap commune à un groupe qui fait sens, mais pour soi en résumé).
Eau : 3 questions phares qui réunissent un aspect notionnel, citoyen et organisationnel.
Organisation et méthodologie – Quelle est la règle ( ou les règles ) du jeu ?
Transmission des savoirs inhérents à l’edmus – Quel est le but du jeu ?
Vie de groupe et citoyenneté – Qu’est-ce qu’on gagne ? , cette question est sous tendue par l’aspect ouvertement coopératif des jeux proposés sur ce site et des organisations de jeux.
Feu : un mindpalace pour l’aspect mentalisation, qui à terme, pourra être réalisé je l’espère avec un peu de pratique, en même temps que les autres étapes, ce qui conduira une démarche proche de ce que les neurosciences peuvent apporter comme éclairage sur la mémorisation.
Le mindpalace ou palais mental, est une mentalisation des notions sous forme d’associations dans un lieu familier ou imaginaire. Chacun chez soi ayant dans son environnement proche des objets ou des lieux communs à tous (pièces d’une maison, cuisine, salle de bain, rue, plante, chaise, assiette etc.), l’association d’idée peut être permanente et réactivée à tout moment. Il suffit d’y ajouter mouvement ( un trajet habituel, des personnages qui bougent), des couleurs, des sons, des formes, des odeurs, des goûts etc pour créer un gain de mémorisation conséquent. Revisiter son palais mental permet de réacceder facilement aux déclencheurs des notions.

Cette fiche étant très chargée graphiquement, je pense la proposer en exemple mais laisser une feuille blanche papier ou numérique ( ou autre support : poster, carton etc.)
J’en ferai des retours probables dans le temps.

Les hashtags émotionnels

Dans la gestion des ilots, il y a souvent des disputes, des freins, des longueurs et des incompréhensions. Ces parasites dans la communication entraînent douleurs et exclusions.
Si le système des ilots permutés présente l’avantage d’une plus grande malléabilité et une volonté de progression, il n’a pas pour ambition de résoudre ces conflits.
Le travail de la congruence ou encore de la CNV peut y pallier mais la structure manque en général afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre, il faut donc une intervention rapide , interactive et presque sacralisée (dans un sens pétri de laïcité bien sur) afin qu’immédiatement n’importe qui puisse s’en emparer.
L’outil proposé est né à la suite d’une discussion avec une personne extraordinairement brillante ( je ne sais si elle souhaite être nommée ).
Ce sont les #emotionnels : des modes de communications qui mettent en avant des attentes, elles-mêmes traduisant des émotions.
Le but recherché étant d’éviter les blocages, les peurs, les rapports de force, les apriori, les fantasmes et les effets de groupe et d’exclusion.
Il fallait un symbole, le # représente sur les réseaux sociaux l’emoji sonore -souvent traductrice d’états intérieurs- me semble t il (ou pensée en voix intérieure quand on le lit).

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Utilisation :
Une idée est émise après le mode et hashtag
 » mode humour  » ou « hashtag humour » : « non mais allo quoi c’est quoi cette idée »
« mode cogito : je pense que cela peut aider à fluidifier les conversations sans qu’aucune opinion ne soit détruite »

Comme l’utilisation de ce système a pour but d’être manipulée par chacun, j’ai créé quelques cartes à plastifier ou à afficher (app Typorama).
Je teste ce système dans les débats et les ilots dès la rentrée.J’espere ajouter d’autres # relationnels au fur et à mesure des idées des #edmus ou de ma propre expérience.

Voilà les cartes séparées :

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Alphabet d’engendrement symbolique

Par soucis de rapidité de réactivation des comportements , des gestes ou des attitudes qui impliquent ou facilitent l’acquisition de compétences, il m’a semblé nécessaire de créer un alphabet de symboles qui pouvait résumer ces attendus en musique. De plus, l’accumulation des comportements m’a semblé, comme l’accumulation et la précision des gestes dans le jeu musical, être en mouvance constante, dans une élaboration à la fois personnelle et guidée.

Ce travail est encore à l’état de prototype, j’ignore s’il va être efficace ou pas. La profusion d’icônes et la puissance du logo aujourd’hui est incontestable. Le repère graphique a toujours existé. La main guidonnienne est pour l’éducation musicale, le repère le plus connu après le système mensuraliste de transformation graphique d’une idée ou d’un son. Quid des attitudes ? Voilà la nécessité de cet alphabet, sous licence CC fermée encore à ce stade.

C’est un alphabet symbolique et à ce titre il ne peut être efficace que dans un contexte, un espace socio-culturel. C’est à dire qu’en soi il ne représente rien mais une fois transmis, il permet une réflexion sur le corps.

Il pourra avoir, si jamais son efficacité de réactivation me semble pertinente, une métamorphose en geste chorégraphié à l’image du T’ai Chi ou/et une portée en signes de la main. Le procédé analogique pourrait évidemment s’étendre au son, surtout dans la transformation des formes comme développé dans cet article

En voici les premières planches. Elles sont construites sur le principe de la fleur de vie qui m’appelle graphiquement par la portée de distorsion (ou de réalisme, c’est selon) de l’espace qu’elle évoque.

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Ces symboles pourront être placé sur un cours pour que l’élève seul puisse réactiver des comportements, toujours dans le but d’asseoir une autonomie. La combinaison de symboles peut donner ce genre de choses :

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Un immense merci à @damienrennes @PhmLemoine et @acscebalt pour leurs discussions d’une aide inestimable et leurs inspirations toujours d’une haute pertinente dans la construction de cette idée un peu décalée a priori peut-être mais je pense nécessaire.

Printemps, été, automne, hiver et … printemps

Partant d’une idée trouvée en formation par mon amie et collègue professeure de lettres V. Pergola, voilà un nouveau travail axé autour de la jonction lettres-musique. Il serait facile d’y adjoindre d’autres matières comme les S.V.T. ou les arts plastiques, etc.

Ce travail se déroulera tout au long de l’année sur le niveau 5°. Cet article a donc le temps d’être développé. Ce type d’activité ne rentre pour l’instant dans aucune case puisque la jonction est annuelle par son sujet.

Nous nous emploierons à faire créer par les élèves un slam autour de l’œuvre les 4 saisons de Vivaldi, et à en tourner le clip. Pour cela nous passerons par différentes étapes.

En lettres, le travail consistera en l’écriture de sonnets comparables à ceux de Vivaldi et inspirés par les saisons. Ce type de travail et sa durée vont permettre des retours de réécriture très appréciables, la partie des lettres ne sera pas décrite en détail dans cet article, uniquement sa partie musicale ( il est trop tôt).

Printemps, été, automne, hiver et … printemps

Il s’agit d’écrire des ressentis sur le thème de chaque saison sur des supports numériques adaptés à l’impression générale des saisons. Une fois inscrits, ils évoqueront des matières relatives à ces impressions (par exemple : été = chaud = plage = sable). Nous enregistrerons les élèves écrivant dans le sable, dans l’eau, dans la terre, sur de la pierre etc. avec des bâtons, des cailloux etc. Notre espoir est de créer un rapport kinesthésique et sonore mélangé avec le sens des mots, une relation au réel , une imprégnation du sens et une conscience des paramètres du son.

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Le musée sonore

Ces sons seront mixés et feront partie avec des captations (enregistrements) de boucles pour y mélanger quelques extraits des 4 saisons de Vivaldi ainsi que des mises en comparaison avec d’autres œuvres (Giraudon, la marche de l’Empereur, Emilie Simon etc.). Les morceaux ainsi mixés dont l’approche aura été permise par des manipulations de sons électroniques autour de la nature ( ce qui est l’exacte démarche de Vivaldi avec les instruments de son époque) figureront sur thinglink en des musées virtuels personnels des saisons. Un an de bruitage et de création par élève. Ce musée, en plus d’être un recueil d’un travail, consistera à créer du sens dans la création, une appropriation des recherches et une sublimation évidente.

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Le temps long

Les élèves au terme de l’année avec GreenScreen (app vidéo d’enregistrement avec écran vert) s’enregistreront en changeant d’accessoires, ce qui garantira l’apprentissage par coeur et la nécessité de la répétition. Leur fond de clip consistera en un morphing de leur environnement géographique personnel ou du collège, que nous pourrons exploiter avec des notions de durées et de structures.

Il m’apparaît que les débuts de chaque travaux pourront être associés aux solstices avant de repartir vers un cursus plus traditionnels de séquences.

Cet article sera augmenté au fur et à mesure que les idées d’activités viendront.

L’itinéraire sonore

Toujours dans un point de vue de narration artistique du monde et plus précisément ici de la ville, une activité se dessine progressivement entre français et musique puisqu’entre ce thème commun et la nécessité de rassemblement dans le partage de cette narration, raconter et prendre conscience de cette communion-communauté semble utile sinon nécessaire, dans un temps où on peut écouter et voyager chez soi, où l’image, la vidéo peuvent tromper les sens dans la perception des temporalités et des distances.

Il m’est arrivé par exemple, et d’y prendre plaisir, d’assister à des concerts télévisés, à me nourrir d’une performance détachée d’une multiplicité des sens. Pourtant, assister à un concert, aller à l’opéra, dans une salle dédiée aux musiques électriques ou électroniques est un plaisir entier sans commune mesure, un acte engagé dans une expérience de vie, un choix sans alternative immédiate. Cette capture permet l’immersion, elle constitue me semble-t-il une construction d’un soi entier. De même, le voyage vers ces lieux constitue en lui-même un engagement, avant même l’immersion dans l’œuvre. Vivre le lieu, c’est vivre le désir de partage à un moment où ce partage existe ou n’existe pas.

Alors comment relier l’impossibilité de se déplacer jusqu’à la Scala de Milan avec la compréhension du voyage ? Il m’apparaît qu’une recherche symbolique est nécessaire dans ce paradoxe. Jusqu’au temps où ce sera le lieu qui viendra à chacun à la place de l’inverse actuel, la technologie pourrait , symboliquement et dans une démarche, faire naître ce désir en classe. Et la mobilité de cette technologie pourrait, toujours dans une recherche d’absence de cette technologie, d’usage actif, inciter à concrétiser ce même désir.

Application gratuite VoicePozzy
Application gratuite VoicePozzy

C’est, je crois, l’un des buts de l’application à la mode l’an dernier « Pokémon Go ». Mais ce qui empêche le développement de cette application est précisément la raison de son succès : le fait qu’un Pokémon ( pardon pour la peine engendrée par cette remarque d’une intelligence très élevée…) eh ben … ça n’existe pas.

Image de streetview
Image de streetview

Les opéras oui, les concerts oui, la ville, oui. Il est donc possible d’opérer le transfert inverse en partant du virtuel pour retourner au réel. Ainsi, un travail consistant en la recherche sur streetview de lieux de concerts , puis de recherche de ce qu’il y a autour (le voyage à l’envers) et enfin de trajets, tout cela comme dans des poupées gigognes chaque fois symbolisées en mots et en phrases, me semble être générateur d’un décryptage pertinent de l’image.

Les élèves devraient reconstituer des phrases par une anamorphose numérique dans l’esprit de Varini, entre des découpages d’images, que l’on peut mélanger à des images concrètes aussi ou lisibles dans certains lieux .

Le "té" central est une image d'une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l'anamorphose est donc ma cuisine.
Le « té » central est une image d’une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l’anamorphose est donc ma cuisine. La phrase est « t’as capté Mahler ». Les lieux visités sont les alentours de Bastille-Paris, le Capitole de Toulouse, ma cuisine donc, le Centre Culturel de Bergerac et les alentours du Grand Théâtre de Bordeaux.

Puis enregistrer, ici grâce à une application touristique qui permet d’associer un lieu à un son, le son de l’endroit où l’anamorphose s’opère, lieu faisant partie de la ville forcément.

Le mot "mot" est un itinéraire et j'y ai associé un son.
Le mot « mot » est un itinéraire et j’y ai associé un son.

Il apparaît qu’une sortie de classe semble nécessaire pour réaliser ce travail, il faudrait alors imaginer le son du lieu de l’anamorphose, ce qui permettrait de rencontrer des oeuvres comme City Life de Reich par exemple qui vient immédiatement à l’esprit.

Le système des ilots ludifiés ou permutés semble adapté à ce travail de créativité, avec la dimension ludique de faire trouver à chaque ilot un lieu d’un autre dans un second temps. L’application permet de voir et d’ecouter les lieux et les sons de ses contacts, ce qui permet immédiatement le partage des expériences.

Je publierai la ludification je pense, même si elle est assez secondaire car l’activité en elle-même présente un intérêt en soi. Réaliser son itinéraire sonore me semble constituer un but en-soi.