L’itinéraire sonore

Toujours dans un point de vue de narration artistique du monde et plus précisément ici de la ville, une activité se dessine progressivement entre français et musique puisqu’entre ce thème commun et la nécessité de rassemblement dans le partage de cette narration, raconter et prendre conscience de cette communion-communauté semble utile sinon nécessaire, dans un temps où on peut écouter et voyager chez soi, où l’image, la vidéo peuvent tromper les sens dans la perception des temporalités et des distances.

Il m’est arrivé par exemple, et d’y prendre plaisir, d’assister à des concerts télévisés, à me nourrir d’une performance détachée d’une multiplicité des sens. Pourtant, assister à un concert, aller à l’opéra, dans une salle dédiée aux musiques électriques ou électroniques est un plaisir entier sans commune mesure, un acte engagé dans une expérience de vie, un choix sans alternative immédiate. Cette capture permet l’immersion, elle constitue me semble-t-il une construction d’un soi entier. De même, le voyage vers ces lieux constitue en lui-même un engagement, avant même l’immersion dans l’œuvre. Vivre le lieu, c’est vivre le désir de partage à un moment où ce partage existe ou n’existe pas.

Alors comment relier l’impossibilité de se déplacer jusqu’à la Scala de Milan avec la compréhension du voyage ? Il m’apparaît qu’une recherche symbolique est nécessaire dans ce paradoxe. Jusqu’au temps où ce sera le lieu qui viendra à chacun à la place de l’inverse actuel, la technologie pourrait , symboliquement et dans une démarche, faire naître ce désir en classe. Et la mobilité de cette technologie pourrait, toujours dans une recherche d’absence de cette technologie, d’usage actif, inciter à concrétiser ce même désir.

Application gratuite VoicePozzy
Application gratuite VoicePozzy

C’est, je crois, l’un des buts de l’application à la mode l’an dernier « Pokémon Go ». Mais ce qui empêche le développement de cette application est précisément la raison de son succès : le fait qu’un Pokémon ( pardon pour la peine engendrée par cette remarque d’une intelligence très élevée…) eh ben … ça n’existe pas.

Image de streetview
Image de streetview

Les opéras oui, les concerts oui, la ville, oui. Il est donc possible d’opérer le transfert inverse en partant du virtuel pour retourner au réel. Ainsi, un travail consistant en la recherche sur streetview de lieux de concerts , puis de recherche de ce qu’il y a autour (le voyage à l’envers) et enfin de trajets, tout cela comme dans des poupées gigognes chaque fois symbolisées en mots et en phrases, me semble être générateur d’un décryptage pertinent de l’image.

Les élèves devraient reconstituer des phrases par une anamorphose numérique dans l’esprit de Varini, entre des découpages d’images, que l’on peut mélanger à des images concrètes aussi ou lisibles dans certains lieux .

Le "té" central est une image d'une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l'anamorphose est donc ma cuisine.
Le « té » central est une image d’une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l’anamorphose est donc ma cuisine. La phrase est « t’as capté Mahler ». Les lieux visités sont les alentours de Bastille-Paris, le Capitole de Toulouse, ma cuisine donc, le Centre Culturel de Bergerac et les alentours du Grand Théâtre de Bordeaux.

Puis enregistrer, ici grâce à une application touristique qui permet d’associer un lieu à un son, le son de l’endroit où l’anamorphose s’opère, lieu faisant partie de la ville forcément.

Le mot "mot" est un itinéraire et j'y ai associé un son.
Le mot « mot » est un itinéraire et j’y ai associé un son.

Il apparaît qu’une sortie de classe semble nécessaire pour réaliser ce travail, il faudrait alors imaginer le son du lieu de l’anamorphose, ce qui permettrait de rencontrer des oeuvres comme City Life de Reich par exemple qui vient immédiatement à l’esprit.

Le système des ilots ludifiés ou permutés semble adapté à ce travail de créativité, avec la dimension ludique de faire trouver à chaque ilot un lieu d’un autre dans un second temps. L’application permet de voir et d’ecouter les lieux et les sons de ses contacts, ce qui permet immédiatement le partage des expériences.

Je publierai la ludification je pense, même si elle est assez secondaire car l’activité en elle-même présente un intérêt en soi. Réaliser son itinéraire sonore me semble constituer un but en-soi.

L’écrisicien

Sous ce nom d’article, plusieurs idées seront proposées, centrées toutes autour du rôle de l’auteur en tant que musicien c’est à dire une recherche de la préhension de l’œuvre par son auteur lui-même, comme un chef d’orchestre littéraire ou un d.j. des idées.

Image 50

Le premier travail, actuellement effectué avec des élèves de 4emes par mon amie collègue V. Pergola et moi, consiste en la création d’un roman interactif, à l’image des livres dont vous êtes le héros, à ceci près qu’il ne propose pas un choix scénaristique mais un choix d’émotions, de lieux, de moments de la journée , tous incarnés par des créations musicales et des extraits choisis d’œuvres existantes.
Après la création de 6 nouvelles fantastiques par îlots , les élèves sélectionnent dans chacune au moins 3 passages déterminants dans leur intrigue.
Ils choisissent alors par exemple si le lecteur doit lire ce passage comme s’il lisait la nuit, le jour, au théâtre, en attendant le bus, à midi, dans une cabane en bois au fond de la forêt , dans sa chambre la nuit et les volets ouverts, par un jour de chaleur, en étant amoureux, en mangeant une glace (ces exemples sont authentiques).
Si un jour une application permet de déclencher un texte à un moment précis où dans un lieu précis, il va de soi que ce travail sera dans ce prolongement.
Une entreprise à Toulouse est en train de travailler sur un projet de cette envergure, nous pensons travailler avec eux l’an prochain.
La préparation de ce travail a été faite par la mise en vidéo d’une nouvelle de Maupassant , « Terreur », d’une façon particulière : la vidéo ne représente pas le texte mais l’état dans lequel l’auteur l’écrit, comme un moyen d’accéder à sa vérité. Une série de filtres a été appliquée sur ces vidéos , nous avons fait appel à la théâtralité des élèves et bien sûr un travail sur le son et l’image a été poursuivi, autour des musiques de film (Alien de Goldsmith, Jaws de Williams, le générique du 20h de TF1, Shining de Carlos-Elkind). La photo noir et blanc en dessous est une capture écran d’un travail vidéo d’élève.
La finalité de cette séquence qui mène à une œuvre interactive, non par le lecteur mais par l’œuvre elle-même, sera incarnée dans une photo du texte filtrée agrémentée de qrcodes ou d’auras si j’en trouve qui contiennent des sons de longue durée, à l’image de la photo ci-dessus du texte de « Terreur ».

IMG_0432

La seconde idée est à l’image d’un jeu (enfer blanc) que m’a passé une amie d’une finesse intellectuelle et sensible hors pair , merci Nathalie; application qui consiste en une aventure textuelle dont vous êtes le héros dont la particularité est que le personnage à qui nous nous adressons dans le jeu prend le temps réel de ses actions,  laissant ainsi le lecteur attendre la résolution de son choix et revenir à son propre temps. La conjugaison des temps de l’histoire lue, du temps interne du lecteur et du temps externe de son environnement concret m’a tout de suite plu, j’y ai trouvé un rapport temporel typiquement musical car nous le vivons tous en concert en tant qu’auditeurs ou instrumentistes. Le soumettant à la sagacité intellectuelle lumineuse d’une amie proche ô combien précieuse, une nouvelle idée s’est formée peu à peu. C’est ainsi qu’un travail va être créé autour d’un roman sur twitter dont les phrases seront émises en tweet sur un même fil, d’abord testé entre classes dans mon établissement puis mis sur la toile. Les épreuves qui scanderont la narration nécessiteront pour faire avancer l’histoire des recherches et créations musicales. Puis l’auteur reprendra sa narration, influencé par le ressenti ou l’apport des musiques.
C’est ainsi qu’une co construction entre auteur et lecteur va s’opérer, grâce aux médias du temps de recherche, du temps de création et du temps de réponse. L’optique est aussi de générer une appropriation d’un réflexe de recherche et création par l’usage des méta-outils que propose internet, en poursuivant comme toujours le but que l’humain reprenne le contrôle face à cette inondation numérique, le tsunami pour moi étant déjà passé. Une éducation au numérique humaniste en somme, j’ose l’espérer, bien qu’en l’énonçant ainsi je me trouve bien orgueilleux. Je préfère néanmoins cette étiquette à d’autres, je ne peux ne pas le faire et ne pas le partager en en précisant la finalité.
Twitter et un padlet où les ressources possibles pour démarrer seront proposées afin d’initier cette démarche, puis la liberté des ressources sera proposée, enfin il serait amusant aussi de se démarquer du support twitter pour créer des anamorphoses entre internet et le concret , entre tout. A l’image du travail de Carole Lipsyc et des 3 espaces, en y incluant d’autres formes de perception telles que le son et sa sublimation musicale.
http://www.3espaces.com

IMG_0440

Enfin la dernière idée est, par sampleur-enregistreur ou vocodeur, de raconter l’histoire d’une musique par sa recréation permanente. L’héroïne de cette histoire étant la mélodie elle-même, l’enregistrement d’une mélodie dont le sample premier : « je suis une mélodie, qu’allez-vous faire de moi » sera joué par le clavier directement par l’élève. Cette activité se prête complètement au travail de groupe et de co-création, il y sera évident d’y retrouver des éléments de structure musicale, de paramètres du son, de style (musique sérielle, concrète, aléatoire, plus classique avec des arsis thesis ou des architectures typiques des structures baroques), de réalisations polyphoniques ou monodiques; le champ des possibilités me semble ainsi très important.
On peut utiliser Audacity, mais l’usage d’un clavier maître ou d’un contrôleur midi me paraît plus pertinente, c’est ainsi que j’utiliserai le sampleur de Garage Band dans ce travail.

Un océan d’étoiles

Au mois de février prochain, il est possible (édit : c’est certain) que nos élèves de 3eme rencontrent Mazarine Pingeot autour de son livre « La dictature de la transparence », autour d’un travail entre les lettres et la musique.

img_0330

IMG_0427 IMG_0428

Les idées de l’auteure, bien qu’extrêmement intéressantes, nécessitent une culture philosophique afin de les appréhender que ne possèdent pas ou peu les élèves. Mais ils en peuvent saisir les concept et commencer un travail réflexif avec leur expérience quotidienne de la télévision, d’internet, de leur statut d’élève. Ils ont en eux tous les éléments pour effectuer un chemin d’idées afin de, comme l’auteure, penser la transparence et aussi la leur.

IMG_7966

C’est ainsi que ce travail est né, ce matin même, autour non pas d’une étude de texte trop hermétique due à leur jeune âge, mais d’une appréhension des idées sous la forme d’un projet qui leur serait accessible.

J’espère en la réalisation d’une installation sur un filet de pêche tendu au ciel (plafond) rempli d’étoiles et d’eau, parsemé de mots, accompagné de créations musicales, j’en expliquerai le sens qui lie la forme à la fin de l’article.

IMG_7988

 

C’est donc un article « projet », rien n’a été encore fait, et j’envisage donc d’en décrire les réussites et les ratés au fur et à mesure. Il pourra devenir alors un réservoir d’idées pour de prochains travaux.

IMG_7963

edit : nous sommes en cours de séquence voilà le padlet ( mur collaboratif ) support. Pour l’instant, tout se passe très bien

edit : nous avons terminé , c’était un des plus beaux projets réalisé , sinon le plus beau. Tous les élèves ont participé, des notions complexes philosophiques ont été comprises et reliées aux arts, les élèves étaient ravis, quel plaisir !

 

Fait avec Padlet

Œuvres
Désert ( qui se base sur un projet inachevé appelé « espace » ) Varese mélange le temps coustique et electro acoustique https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Déserts_(Varèse)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sun_Tunnels les Sun Tunnels de Nancy Holt qui amènent le ciel sur la terre avec les tubes percés de 4 constellations.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Clapping_Music Clapping Music de Steve Reich qui mélange les temporalités où chaque décalage engendré une nouvelle structure

Le temps dans Lascaux ( au moment de Lascaux IV ) où les cerfs se succèdent comme animés et les deux chevaux qui semblent être le même animal qui court . Plus encore , le silence de la grotte qui nous amène à inventer une présence sonore et son décalage temporel fascinant qui nous semble l’éternité . Je pense à la visite virtuelle de la grotte en ressource première.

L’organisation oscillera entre îlots permutés et groupe classe.
Chaque îlot devra d’abord résoudre un puzzle réalisé par un autre îlot autour de ce qu’évoque la transparence pour les élèves, autour de 3 mots qu’ils proposeront. C’est l’occasion d’entrer dans une dimension de découverte de ce qu’est la transparence, de ce qu’elle implique et n’implique pas, des questions qu’elle pose autour d’idées aussi différentes que la vérité, l’authenticité, la temporalité, la création, la morale, la nature et l’essence des choses, des etres ou des événements.img_0331

IMG_0429

Nous allons classer enfin ces propositions sous des thèmes proposés par Mazarine Pingeot et que nous allons exploiter en débats par îlots :
Nous avons accès à ces connaissances : qu’en faisons-nous ? Quelle est la transparence de l’histoire ?
Qui décide que chacun et même l’école puisse proposer ces connaissances ? Quelle est la transparence politique au regard de ces choses qu’on ignore avant de les apprendre ?
Quel est le degré de l’intime entre la réception d’une œuvre intérieurement et son espace public ? Quelle est la place de l’art entre public et privé ?
Les médias proposent un regard cru sur le monde , parfois même absent de pensée, comment d’ailleurs peuvent nous faire nous sentir Varese et les peintures de Lascaux sans connaissance préalable ? Qu’apporte le savoir ? Que n’apporte t il pas ? Qu’apporte l’inquiétante étrangeté de l’art dans ce rapport à la transparence ? Quelles peurs ou quelles parties de nous mêmes nous reflètent des émissions qui prétendent à la transparence ?
Quel est le rapport temporel entre l’artiste et son œuvre ? A quel moment sont ils synchrones ? Le sont ils jamais ? Varese, Holt et Reich posent les questions éternelles de rapport de transparence entre l’artiste et sa création , que l’on retrouve aussi notamment chez JS Bach, Machaut, Vitry ou encore les chants grégoriens.

En groupe classe, nous expérimenterons une version simplifiée de clapping music, que nous expérimenterons si nous en avons le temps par une création simple de mixage temporel sur des boucles ( Garage Band loop ) similaires .
Nous allons ensuite créer un circle song ( auquel ils ont déjà été initiés ) en ajoutant un élément fixe numérique (je pense à loopy HD et à un rythme préenregistré ainsi que leurs propres créations précédente)
Enfin ils réaliseront un morceau par nodes (Node Beat) et nous comparerons un extrait de Désert de Varese à ces créations successives en dégageant des temps humains et des temps de machines, qui peuvent être simultanés ou successifs d’un côté comme de l’autre.
Ces morceaux de nodes illustreront de façon musicale avec amplification dans l’installation, le projet final.

Ex. Le mot « étoile » en NodeBeat

Il consiste donc en la réalisation d’une installation de toutes les questions que pose Mazarine Pingeot par la présence en mots de l’auteure et des des synthèses en débat des élèves de ce qu’évoque pour eux la transparence. Ces mots seront écrits sur des petits bouts de feuille à image des puzzle et d’une vérité à dévoiler , entremêlés dans un filet , un voile de réalité que propose les médias , illuminés par une guirlande et des gouttes d’eau de décoration , gouttes qui reflèteront la lumière de la guirlande symbolisant les étoiles et ce rapport temporel toujours décalé entre l’œuvre et son auteur. Les gouttes d’eau briseront cette lumière en une diversité infinie, propageant de nouvelles possibilité indécidables échappant à toute décision politique.

C’est bien sûr une métaphore où la forme fait le fond et nous allons essayer d’y emmener les élèves pour qu’ils puissent présenter leurs travaux lors d’une rencontre avec l’auteure.
C’est l’occasion enfin poétique de se baigner et de faire vivre un océan d’étoiles…

Le resto des punchlines

L’idée ici est de créer un restaurant virtuel qui prépare des plats sous forme de phrases de beatbox, agencés en des menus plus ou moins importants.

L’activité est efficace bien qu’imparfaite et à l’air de plaire aussi, c’est pourquoi je me décide d’écrire un article pour la proposer. Niveau 6° mais on peut envisager ça dans tous les niveaux je pense.

L’organisation de la classe est en ilots permutés avec les correspondances des rôles suivants

ilots-permuttes

  • Le chef cuisinier a les responsabilités du reporter
  • Plongeur batterie : Chercheur
  • Commis : gardien du temps
  • Serveur : Manager
  • Critique culinaire : Veilleur

Il apparait que l’idée du veilleur est une idée qui prend du sens en pratique. Elle est certes très perfectible mais peut autoréguler des groupes hétérogènes sans déclencher des drames ou pas trop ( et c’est ce pas trop qui me pose question encore).

Les élèves doivent créer, puis réaliser , se filmer/enregistrer et faire faire à la classe des phrases de beatbox avec un accompagnement instrumental rythmique simple ( d’où l’idée du gobelet/verre du plongeur-batterie qui enchainera avec très probablement un cupsong où nous pourrons entrer dans des rythmes complexes et un travail sur le timbre).

Voilà l’énoncé en écrit

img_7a59549a5c7d-1-2

Et voilà les formes possibles d’agencement, sachant qu’une forme enchaînée sur une autre ou en même temps est plus difficile à réaliser et à faire faire qu’une seule. On peut considérer que c’est une équivalent de travail gradué sélectionné par les élèves, donc ça fonctionne comme les ceintures de compétence :les-menus

 

Un travail préparatoire sous la forme de soundpainting en classe a été aidé par cet algorithme

image%2044

lui même précédé de ce travail en classe permanent de correspondances

img_0137

Nous allons tester à la rentrée un programme qui génère des phrases automatiques suivant le principe de cet algorithme, programme créé par une amie collègue avec scratch, un immense merci à elle !

Le sphérier peut s’y insérer mais je n’ai pas encore assez préparé mes élèves à ça

spherier

J’ai prévu de faire ce travail sur 3 ou 4 séances à compter de 30 minutes par séance. Nous en sommes à la moitié et nous avons déjà réalisé des menus comme celui là

Qui comprend :

Biscotte Kiwi
T’as pas bu ton café au lait
T’as pas bouffé ta quiche
Ketchup Mayo
Pate au pistou couscous
Ponctué par un « lol » savoureux
que nous écrirons sur une fiche dédiée :
img_f9ebd171a889-1-2
Le déroulement est comme à chaque fois ponctué des Reporter (anciens ambassadeurs ) qui font un bilan sur le travail, bilan noté/filmé/enregistré par les chercheurs. Ce bilan est axé sur les découvertes du groupe et les moyens d’amélioration de la gestion de travail. C’est aussi l’occasion de rappeler ces nouveaux rôles.
Ce travail de beatbox peut être repris de façon plus complexe et littéraire avec du slam ou du rap en 3°, peut ouvrir sur le scat et le récitatif bien sur et on peut envisager de le réaliser avec évidence sans aucun matériel numérique.
Il est quand même important de préciser qu’une application de loop ou un looper aide grandement à sa compréhension bien que le procédé soit tout à fait intégré dans le soundpainting de préparation.
« Bon appétit ! »

Liens sites #edmus

Les liens de tous les profs réunis sous la balise #edmus, animant le rendez-vous annuel Edmusconnect et affiliés/adhérents à l’APÉMu

Apemu

Edmusconnect

Aeudmus
EDM Jean Colmar
Edmu
Edmus58
Edmusbc
Edmusicale
Edmusicale profs
Edmustech
Education musicale – Arrizabalaga
Educmus
Labozik
Madame musique
Mazicmu
Musibisca
MusicAfournier
Musicagiono
Musicinparc
Musikapouilley
Musikobreil
Musikool
Musique à Rostand
Musique à St-Jo
Musique en coulisses Musiquem
Prof de musique
Zikollège

E-musictab

 

Beatbox

Un outil de création de phrases en beatbox . À terme il faut enlever les voyelles dans la prononciation. Il s’insererait davantage dans une démarche explicite mais marche aussi dans l’implicite , je viens de le tester chez moi sous ses deux formes de transmission. Il a donc sa place en document dans une classe inversée en edmus et il s’étoffera de documents autour des percus corporelles et de l’appareil phonatoire dans une activité de cours.

image-44

Comme toujours , merci aux formidables #edmus pour leurs conseils et idées permanents ! Quel plaisir de bosser avec des encouragements et des conseils , ça donne des ailes !

Aide à la construction de séquence

Un outil de construction-algorithme d’après ce que je comprends des différentes formes d’entrées dans un cours. Je l’ai fait pour moi, pour m’aider et aider aussi ceux comme moi qui envisagent toutes les entrées péda comme des richesses multiples et non des absolus dogmatiques. Ça marche avec ou indépendamment de toute réforme et c’est comme toujours à destination de l’edmus.

image-43

Congrès de l’APEMu 2016

mindlyDemain commence le congrès 2016 de l’Apemu, l’association des professeurs d’éducation musicale ( vous trouverez sur le lien le programme animé particulièrement par de nombreux et talentueux #edmus ) dont je suis adhérent. J’aurai l’honneur et le plaisir d’y animer un atelier composite autour de mon expérience de la ludification avec mes éléments de réflexion autour du numérique et de l’évaluation.

La teinte que j’espère faire passer sera la même que celle de mon site, c’est à dire une incitation au cheminement personnel construit grâce aux échanges et ajustements permanents, ainsi qu’une possibilité à chacun d’être l’ingénieur de sa propre pédagogie en fonction du respect des paramètres officiels et de sa stratégie personnelle.

Voilà des documents qui, je l’espère, illustreront de façon aidante mon témoignage.

Ludifier une taco en edmus

Ludifier une taco en edmus 2

 

 

Les ilots permutés

Le système des ilots par rôles (ou ilots ludifiés) est maintenant devenu une habitude pour les élèves. Avec le recul nécessaire à son utilisation, je lui trouve des forces et des faiblesses :

Forces :

  • il encourage les élèves dans l’autonomie
  • il permet à chacun de participer à l’élaboration d’un travail complet dans le cours
  • il permet de sélectionner soi-même ses propres qualités de travail
  • il donne de l’importance dans l’action, importance répercutée dans l’approche du travail par l’élève et dans son utilité dans l’école
  • il permet par l’interface du rôle, une distanciation positive vis à vis des émotions des élèves
  • il implique la collaboration, l’entraide
  • il réduit au groupe de travail l’influence positive ou négative des élèves auxquels d’autres s’identifient
  • il favorise le sentiment de réussite par la performance des responsabilités, qui crée à son tour le plaisir de travail
  • il n’isole pas les rôles contrairement aux apparences puisqu’en situation les élèves concourent en général tous au travail

Faiblesses :

  • il ne permet pas la prise de position autonome absolument, il y a toujours des ilots dans lesquels se retrouvent des élèves réfractaires à l’activité et qui peuvent entrainer les autres dans un côté improductif.
  • tout l’aspect d’un travail, si le rendu est collectif, n’est pas toujours vécu ni développé par chacun. L’intérêt de l’individualisation trouve sa limite dans la répartition des tâches.
  • les élèves qui comprennent le sens de l’énoncé se retrouvent parfois inhibés au sein du groupe avant mon arrivée et le groupe stagne, même si j’ai refait l’énoncé de façon beaucoup plus claire (je refais les énoncés souvent ou je les énonce parfois plusieurs fois quand, après retour des élèves, je ne les estime pas suffisamment clairs).
  • il ne permet pas l’émergence d’une volonté d’apprendre pour certains élèves. Je pense et constate que le système est efficace, mais il y a toujours une frange d’élèves (pas toujours les mêmes d’ailleurs) qui ne s’implique que trop peu par inaction et du coup peuvent répandre au groupe par l’expression passive d’une opposition dont il ne m’appartient pas souvent d’en déceler la cause, une lenteur de travail pour le groupe.

En essayant de garder les forces du système et d’en amoindrir les faiblesses, voilà ceux que j’essaye en ce moment , chaque rôle est pensé pour être dédoublé (il peut y avoir 2 mêmes rôles dans des groupes de 5 ou plus),  l’inclusion du numérique n’est absolument pas obligatoire, pouvant être facilement détournée ( le gardien du temps se transformant en « crieur » par exemple), chaque rôle pouvant enfin se transformer en s’adaptant à l’activité comme dans les îlots ludifiés tels que je les ai conçus :

img_5266

Le Reporter est une adaptation de l’ambassadeur qui implique que l’autoévaluation ( de façon surtout quantitative, mais aussi qualitative et structurelle) est pensée par le groupe avant la formulation du travail lors des étapes. Ce rôle peut toujours se conjuguer avec d’autres et s’adapter aux circonstances de l’activité.

img_5267

Le Manager est une adaptation du Gardien du temps et de l’Ambassadeur (voir plus loin) qui inclut tous les rôles possibles et la gestion des rôles de chacun. Il a aussi le devoir important de pouvoir décider si un rôle est utile ou non au travail du groupe et de le répartir à nouveau. L’élève qui incarne ce rôle doit s’attendre à tirer parti de sa polyvalence. Il favorise aussi l’autoévaluation structurelle.

img_5269

Le Chercheur est une refonte du Scribe et du Journaliste avec la dimension de l’organisation et de l’évaluation qualitative. Il implique les notions d’écritures numériques ou non-numériques. Il peut aussi très facilement se décliner.

img_5268

C’est une déclinaison du Gardien du Temps, de l’Espion et du Journaliste. Par sa gestion du temps il permet la fin du travail. Par ses déplacement il permet au groupe d’accéder à un « temps lisse » de travail nécessaire lui aussi à la réflexion. Il a une responsabilité organisationnelle afin de gérer le « hors-temps » mais plus concrète que le Chercheur. Il doit écrire sur un support à la disposition de tous les recueils des informations qui m’ont été demandées en permettant un « temps figé ».

img_5284

C’est un nouveau rôle qui peut s’inclure ou non, c’est un rôle particulier, non pensé et nécessairement non défini. C’est le regard extérieur, absent ou présent. C’est le vide qui crée le plein, la cellule qui se réorganise pendant que les autres reprennent le flambeau, celui qui permet par son absence que d’autres soient présents , qui indique aussi aux présents qu’ils seront absents peut-être une autre fois. C’est l’élément qui peut faire émerger l’inattendu aussi et relancer l’induction dans une autre direction.

Ces rôles impliquent donc une nouvelle organisation en réponse à leur création. J’ai envie de nommer cette organisation les « ilots permutés » :

A chaque bilan, le groupe peut changer son organisation et par l’intermédiaire du manager refondre l’organisation de chacun. En créant le rôle de l’espion qui bougeait dans la classe, je me suis rendu vite compte que beaucoup d’élèves incapables de se concentrer physiquement devenaient soudain acteurs du savoir et du travail. Avec celui du journaliste, que des élèves qui avaient besoin juste de ma présence rassurante ou canalisante pouvaient confirmer leur pensée et repartir au travail avec une nouvelle dynamique. Avec la création d’un rôle polyvalent et d’un rôle vide, j’espère arriver à entrainer encore d’autres élèves à considérer leur place au sein du groupe et à pouvoir en changer positivement, constructivement de façon à faire émerger en eux comme l’intitule Xu Yi (une compositrice dont j’aime beaucoup les oeuvres) « le plein du vide ».

 

Petit questionnaire 2016 de survie du prof d’edmus

Ce petit questionnaire de témoignages a été proposé à quelques collègues en edmus dans un but bien précis : déculpabiliser chacun sur ses pratiques afin que chacun puisse y trouver matière à réflexion, matière à davantage de recul sur son propre métier, afin que chacun puisse trouver sa place, se situer et ainsi entamer s’il y a lieu, un mouvement interne d’amélioration , un mouvement autonome et personnel, relatif à sa propre conception et à rien d’autre.

J’ai souhaité le proposer confidentiellement à des gens que je connais et en qui j’ai confiance, pour que sa diffusion ne soit pas freinée par un risque d’apriori sur son but et en contrôler l’anonymat que confère son désordre dans les réponses.

Il y a bien sur dans cette démarche une portée potentiellement collective, car peut-être que des lecteurs tiers vont lire et même identifier leurs propres pratiques. De cela je ne peux me porter responsable. Par contre, je fais le pari qu’à la lecture d’autres comportements, un éventail de « possibles » peut s’ouvrir, qui peut par choc ou résonance provoquer des aides, que chacun finalement porte en soi par rétroaction.

Il m’apparaît que la citation en désordre des réponses protègera mes collègues et amis, afin d’éviter toute récupération malveillante. Vous ne serez pas en mesure d’identifier qui a répondu quoi. La date de 2016 paraît anodine et pourtant, chacun étant libre de changer , j’espère en cette impermanence qui peut aussi rassurer d’une façon réaliste.

Je propose une lecture sans jugement, il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » réponses ici, il y a ce que j’espère être des attitudes quotidiennes ressenties à travers les prismes personnels de chacun. Ce questionnaire est né de l’empathie rencontrée suite à des déceptions, des découragements, des frustrations de collègues ou de moi. Je pars du principe, comme d’habitude, que chaque prof souhaite le meilleur pour ses élèves et que chacun ressente parfois ou souvent des déceptions. Alors au lieu de subir comme Sisyphe ou trembler comme Damoclès , j’espère apporter une main tendue d’un pair, ni pire ni meilleur par ce jeu de miroir.

Je remercie donc Gaëlle Chaillou, Gaëlle Revidat, Sandrine E., Sandrine Evra, Laurence Poirot, Béatrice Laurier, FlaVie, Laurent Huault, Cathie, Damien M., Nicolas le Cunff, Nancy, Davidlemusico, Audrey, Valérie, Joëlle, Véro et Vincent Busselier. J’ai aussi répondu comme chacun.

 

questionnaire-2016-de-survie-du-prof-dedmus-google-forms