Kadaboum

Cette idée vient directement de mes élèves, d’une sixième que j’ai le vendredi après-midi, ils ont nommé eux-mêmes l’activité.

Je ressors de ce cours souvent épuisé tant la diversité des profils de la classe est importante. Aujourd’hui ils m’ont fait une blague : ils m’ont demandé si on disait je « mourus » ou je « mourrai » au passé simple. Ne comprenant pas, ils m’ont dit de dire « mourrez ». Et là, ils se sont tous affalés d’un coup !

https://vimeo.com/104339262

Je remplacerai cette photo de gestes communs d’un groupe pour illustrer le kadaboum, par ceux de la classe la semaine prochaine

 

En une fraction de seconde, je me suis senti détenteur d’un pouvoir étrange, très intense et sain, puisque je n’étais que le déclencheur d’un mouvement prévu par eux. Comme une commande consentie. Ils avaient préparé un acte artistique, une chorégraphie collective dont le spectateur est le héros, car il n’a que le code décidé par le groupe qui lui est le véritable créateur.
J’ai adoré cette sensation, cette idée. Aussitôt, j’ai divisé la classe en ilots afin qu’ils puissent créer d’autres actions de ce type. On a eu droit à du « vomi » ( le charme de l’authenticité … ), s’échapper du cours (ils sont revenus) , des Oyuken (boules de feu imaginaires), des phrases japonaises (très rapides) issues de manga , des gestes variés (souvent des dab) .
Une élève avant de passer avec son groupe me demande de lui répondre «  ben oui comme d’hab » lors de la présentation. Avec son groupe prêt, immobiles ou en faisant semblant de faire autre chose, elle se retourne vers moi et me demande « ça va aujourd’hui, M’sieur ? » …
Après ma reponse , leur groupe fait… un dab …
Heureux de leur créativité inspirante, je leur dis que l’an prochain on fera une activité avec leur idée, ce qui ne manque pas de provoquer leur enthousiasme…

Du coup cette idée peut devenir :

  • Une performance littéraire : chaque phrase entraîne un mouvement, il suffit de cacher la consigne dans un texte. D’après les mouvements, on peut aussi retrouver le texte correspondant après.
  • Une performance musicale : comme un soundpainting inversé dont les compositeurs sont les performeurs et non le chef d’orchestre, plusieurs gestes entraînent des sons, des rythmes des élèves.
  • Une performance double en co création inter groupes entre musique et littérature
  • Une performance chorégraphique, de façon évidente
  • Un moyen de peindre les mouvements et ainsi de se rendre compte des structures des morceaux, comme avec des légos ou une partition graphique à colorier
  • Un apprentissage des gestes de direction d’ensemble
  • Un morceau muet, comme un art de la fugue gestuel, les eleves imitant des instruments
  • Un ajout à la pédagogie Dalcroze, cumulé avec une écoute, où les élèves peu à peu obéissent à des codes sonores pour s’approcher d’une compréhension des paramètres du son (vitesse, durée,hauteur etc)

Merci à mes élèves pour cet outil étonnant d’intensité

Le Pouvoir

Une idée d’activité où la forme fait sens dans une pédagogie de projet autour de la relation entre musique et pouvoir, que je tenterai l’an prochain en 3°.

Pour poursuivre la recherche que la forme fait le fond, afin de permettre une émergence d’action qui peut éclairer une façon d’envisager autrement la relation à l’objet d’art, cette démarche à long terme a pour ambition de créer un instrument polymorphe qui peut ou pas être teinté de numérique mais dont l’utilisation simple traduit une démarche complexe.

Démarche :

La relation entre musique et pouvoir, plus largement entre art et pouvoir, traduit pour moi une visée utilitariste. L’art a pour fonction de transfert entre la personne qui le désigne ou le commande et sa caractéristique morale ou esthétique. C’est ce qui se dégage des commandes des rois dans une recherche de somptuosité traduisant des caractéristiques prétendues des commanditaires, ou de laideur et d’avilissement en ce qui concerne les propagandes ( on pensera à l’art dégénéré bien sur).

Alors, apprendre à considérer l’art « en soi » peut apparaître comme un chemin salutaire. Pour parvenir à s’extraire d’une considération, je vais m’appuyer sur une dualité : l’art considéré comme dégénéré et d’un autre côté un de ses contraires, l’art comme inspirant ( sous entendu qui engendre , qui génère ).

Pour cela, les élèves créeront leurs interprétations doubles des œuvres d’arts que nous allons étudier. Si c’est une musique, alors une parodie, pastiche ou déformation de toute sorte (structure/paramètres/instruments etc) avec d’un côté une déformation de l’œuvre la sublimant ( art autorisé , « anobli » ) de l’autre une déformation avilissant ( art dégénéré ). Si c’est une oeuvre plastique, la même direction avec une image.

https://fr.pinterest.com/pin/324611085614246574/

Les images seront remplacées par nos réalisations une fois que le projet sera réalisé, comme à chaque fois dans ce type d’article.

Nous collerons sur les deux côtés opposés de boites de récupération ( de type boites à chaussures) des QR codes pour les sons , théâtres ou les danses et des images pour les œuvres plastiques et littéraires.

Chaque boite sera une partie insérée d’un mur. Il y aura une alternance entre une face positive et une face négative côte à côte, alternance qui sera donc exactement opposée de l’autre côté du mur. Chaque élève qui se trouvera de chaque côté du mur pourra donc observer l’inverse interprétation de ce que l’autre côté propose.

Chaque boite sera reliée par un fil à la base du mur. Pour symboliser la relation de pouvoir : le silence et l’immobilité nous laissent libres de nous-mêmes, ainsi le rapport à l’autre est lui aussi libre. Si nous prenons la boite avec nous, si nous parlons, si nous bougeons, alors pensant dominer autrui, nous nous faisons posséder par l’autre. Nous entrons dans une ré-action, qui nous emprisonne par nature puisque nous sommes plus en contact avec nous mais dépendants de l’autre et de son jugement par extension. Laisser la boite en évidence attachée à son socle permet de prendre conscience que chaque fois, positivement ou négativement, la nature des choses ne nous appartient pas mais s’appartienne à elle-même. Une oeuvre d’art, un être humain par extension et ses idées, ne nous enrichissent pas par eux mêmes mais par l’impact que nous laissons absorber en nous.

Sur ce mur, il y a des boomwhakers, des bâtons qui font un son particulier quand on tape dessus. Nous développerons un morceau à performer en chant/instrument qui nécessitera l’utilisation de ces tubes. Ainsi, métaphoriquement, pour considérer la dualité , pour échapper au paradoxe bien/mal, autorisé/interdit etc, nous devons nous extraire et l’utiliser. L’usage de l’objet connecté phonotonic peut aussi remplir de belles conditions d’accompagnement, en particulier parce que la balle peut s’échapper de chaque côté et remplir une fonction rythmique d’un côté et mélodique de l’autre (dans le cas de deux phonotonic).

Chaque groupe d’élève de chaque côté du mur aura donc une partie musicale indépendante, les deux phonotonic peuvent remplir une part d’aléatoire fort appréciable dans tout ce déterminisme. Ils utiliseront le mur comme support mélodique et rythmique simple.

Ce travail peut se faire avec des textes, des paroles, ainsi nous pourrons travailler ce projet avec mon amie V. Pergola en français.

Anamorphose sonore

Dans un second grand temps, on pourra jouer un parcours sonore sur les boomwhakers car chaque tuyau aura une oeuvre en correspondance ou un groupe d’œuvres. Ce parcours pourra être augmenté d’autres sons accolés aux boites, les QR codes pouvant aussi servir de déclenchement sonore. Un matériel mobile et numérique pourra aussi transformer les sons, par exemple un QR code déclenchant un son sur une tablette, lui-même transformé par un smartfaust en sampleur ( ou une autre tablette sur GarageBand ), relié à une enceinte bluetooth, ou encore plus simplement, des consignes de type partition graphique créées par les élèves, à chanter au moment où on choisit d’utiliser une boite.

Ce parcours sonore peut obéir à plusieurs « recettes » ou ordres selon le point de vue de parcours des boites : si on prend un ordre chronologique des œuvres présentées, on aura un parcours ; si on prend un ordre géographique, thématique , d’autres parcours.

Puis le parcours sera retransmis sous forme écrite afin d’être enregistré sur plusieurs supports physiques ( 6 ipad par exemple). Les 6 ipad seront disposés dans une salle ou, et j’aimerais beaucoup, dans une structure plus grande comme le collège ou une partie du collège, de façon à ce qu’il n’y ait qu’un seul endroit où on puisse écouter tous les sons de ce parcours, soit simultanément, soit et c’est ce que je préfèrerais, dans une continuité.

La métaphore de l’installation et donc du mouvement sera que pour comprendre et écouter, l’immobilité est nécessaire. Pour que l’œuvre ne soit pas en relation de pouvoir, il est nécessaire d’être immobile, dans un lieu qui lui est consacré. Ainsi, l’œuvre échappe à la considération de pouvoir, on peut en comprendre les enjeux rien qu’en se plaçant à un endroit. C’est un moment de réflexion plus intellectuel pour l’élève car il est nécessaire de comprendre l’espace et sa géométrie, j’aimerais beaucoup travailler avec les maths pour cette partie.

https://www.mathcurve.com/courbes2d/anamorphose/anamorphose.shtml
http://rosieslade.blogspot.fr

Ce chemin artistique je l’espère, peut conduire les élèves à apprécier l’importance des enjeux de pouvoir dans l’œuvre d’art, quelques soient les intentions de ce pouvoir, en se dégageant d’un rapport moral simpliste et en entrant dans une autonomie de pensée et de recevoir l’art pour lui-même.

 

 

Intersubjectivité

Le concept existe déjà, Kant le définit par la faculté de prendre en considération la pensée d’autrui dans sa propre pensée.

Golse approche ce phénomène par des noyaux de pensée. Popper définit l’intersubjectivité comme la base des connaissances dans le constructivisme. Gadamer emploie le terme d’horizons, terme tout à fait savoureux, qui se fusionnent dans le langage dans une croissance partant d’une description, d’un contrôle, pour arriver au particulier de la pensée et le langage.

Il m’apparait que dans des activités qui se basent sur une découverte empiriste du monde, il est nécessaire de penser cette relation à la réalité. Proposer une réalité à un humain quel qu’il soit m’apparait déjà assez prétentieux. J’écris ces lignes sans m’extraire d’ailleurs de cette prétention bien sur.

Cette prétention peut être créditée par un système de sélection culturel ou social , comme une lumière relative sortie du chaos.

Mais j’aime à croire aussi Platon et penser à un monde des idées comme un égrégore indépendant de son propre créateur, attendant de surgir comme un génie de la lampe, tapis dans les ombres indicibles.

Sorti de la croyance et de l’intuition, il reste que l’idée en soi ne s’appréhende pas , selon mes propres observations, comme une vérité absolue mais comme une tension qui se réalise par la création ou la construction.

Plus simplement, j’observe que toutes nos tensions internes se résolvent quoi qu’il nous en coute de les retenir, alors autant le faire dans une construction nécessaire aux autres ( et donc à soi par effets initiateur et rétroactif ).

Si nos réflexions naissent de ces tensions, si d’une dualité mouvante nous « pensons », il m’apparait utile dans les activités de débats inhérentes à nos fonctions de faire réfléchir et argumenter les élèves, de créer un outil intellectuel pouvant les amener à construire de et par ces tensions et non à les opposer.

Cet outil est la carte d’intersubjectivité. Elle peut se décliner en ilots dans un résumé organisé, une mindmap rigide, à l’image du nombre de ceux qui la composent.

Le but de cette carte est de signifier à chacun que l’adjonction des idées peut mener à une compréhension du monde étendue, mais surtout à une compréhension de la compréhension du monde. Plus qu’une carte de connaissance du monde (musical) c’est une carte de connaissance de ses propres filtres d’observation. Connais toi toi-même et …

J’ai limité l’échelle d’investigation de l’idée à 5 étapes, qui me paraissent facilement manipulables par l’esprit. J’ai ainsi défini l’idée par deux causes et deux conséquences.

Une idée a une cause qui a elle-même une cause.

Une idée a une conséquence qui a elle-même une conséquence.

Par exemple lors d’une écoute d’une oeuvre, on pose une question ( ou on fait trouver les questions et les réponses avec la méthodologie des CQQCOQP / 5W ) , du genre « où se passe la performance musicale ? »

Réponse : un concert enregistré

Cause de l’idée : on a enregistré le concert pour capturer un instant unique

Cause de la cause : on ne peut le faire que depuis l’invention et la popularisation de l’enregistrement

Conséquence de l’idée : le lieu influence l’interprétation

Conséquence de la conséquence : les lieux de diffusions changent et sont en inter influences avec les oeuvres (acoustique architecturale par exemple)

Chaque niveau présente des milliers de réponses possibles mais dans une seule réponse principale seulement quelques niveaux sont sous-entendus. On peut le schématiser sous forme d’idées qui s’engendrent.

La fusion de ces niveaux va donner une multiplicité de réponses relatives à chacun. Et bientôt, il y aura dans chaque réponse la conscience d’un aspect relatif.

Cela peut provoquer l’intérêt pour autrui et la recherche non pas d’une vérité absolue mais la recherche des points de vues d’autrui. Par exemple ici en ilots de 5 personnes.

Ce n’est pas la réponse attendue qui prévaudra mais l’interprétation de la réponse, qui signifie le parcours de la personne qui répond.

Ici un exemple de minimap rigide avec 5 ilots de 5 personnes

Chacun pourrait voir toutes les relativités de toutes les idées en une carte.

J’ai testé ce système il y a peu, je n’ai pas encore de conclusion. Je me suis testé moi-même par contre avec ce point de vue , je le pratique parfois avec beaucoup de plaisir. Cela a tendance à accentuer mon écoute de l’autre, bien que je sois naturellement porté sur le discours.

J’ai aussi testé sur moi une forme de temporalité totale, c’est à dire envisager chaque chose et chaque discours dessus avec le point de vue que tout à une naissance une existence et une mort. L’exercice est difficile mais intéressant. C’est un concept adjacent à l’intersubjectivité que je développerai peut-être un jour.

J’adresse des remerciements sans bornes à mes amis #edmus très chers Anne-Claire, Damien et Philippe qui m’aident grandement , indispensablement, à développer ces concepts.

Carte mémorielle multiple de fin de ludification

Dans le but de retenir au mieux une ludification de séquence et avant (ou à la place de ?) une formalisation proposée sous une forme ordonnée et traditionnelle, je propose une démarche complexe dans le sens de multiple, une démarche cyclique dans sa finalité mais qui peut évidemment se remplir dans tous les sens. Un plan de travail sommatif en somme, dirigé uniquement vers l’élève.

Je remercie vivement @arrizabalazik dont la démarche ludique est extraordinaire et @davidlemusico79 dont le foisonnement d’idées est impressionnant pour avoir largement contribué à la création de cette idée !

IMG_1578

J’en distingue pour l’instant, car ce n’est qu’un prototype, 4 étapes, symbolisées par les éléments habituels de notre culture, dans l’ordre : Terre, Air, Eau, Feu
Terre : le chaos des idées , on y dépose ses graffiti, mots, phrases, dessins et gribouillages la volée.
Air : les différentes mindmap proposées sur ce site et celle de l’intersubjectivité qui donnera l’occasion d’un article ultérieur spécialement dédié à cette notion (une mindmap commune à un groupe qui fait sens, mais pour soi en résumé).
Eau : 3 questions phares qui réunissent un aspect notionnel, citoyen et organisationnel.
Organisation et méthodologie – Quelle est la règle ( ou les règles ) du jeu ?
Transmission des savoirs inhérents à l’edmus – Quel est le but du jeu ?
Vie de groupe et citoyenneté – Qu’est-ce qu’on gagne ? , cette question est sous tendue par l’aspect ouvertement coopératif des jeux proposés sur ce site et des organisations de jeux.
Feu : un mindpalace pour l’aspect mentalisation, qui à terme, pourra être réalisé je l’espère avec un peu de pratique, en même temps que les autres étapes, ce qui conduira une démarche proche de ce que les neurosciences peuvent apporter comme éclairage sur la mémorisation.
Le mindpalace ou palais mental, est une mentalisation des notions sous forme d’associations dans un lieu familier ou imaginaire. Chacun chez soi ayant dans son environnement proche des objets ou des lieux communs à tous (pièces d’une maison, cuisine, salle de bain, rue, plante, chaise, assiette etc.), l’association d’idée peut être permanente et réactivée à tout moment. Il suffit d’y ajouter mouvement ( un trajet habituel, des personnages qui bougent), des couleurs, des sons, des formes, des odeurs, des goûts etc pour créer un gain de mémorisation conséquent. Revisiter son palais mental permet de réacceder facilement aux déclencheurs des notions.

Cette fiche étant très chargée graphiquement, je pense la proposer en exemple mais laisser une feuille blanche papier ou numérique ( ou autre support : poster, carton etc.)
J’en ferai des retours probables dans le temps.

Les hashtags émotionnels

Dans la gestion des ilots, il y a souvent des disputes, des freins, des longueurs et des incompréhensions. Ces parasites dans la communication entraînent douleurs et exclusions.
Si le système des ilots permutés présente l’avantage d’une plus grande malléabilité et une volonté de progression, il n’a pas pour ambition de résoudre ces conflits.
Le travail de la congruence ou encore de la CNV peut y pallier mais la structure manque en général afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre, il faut donc une intervention rapide , interactive et presque sacralisée (dans un sens pétri de laïcité bien sur) afin qu’immédiatement n’importe qui puisse s’en emparer.
L’outil proposé est né à la suite d’une discussion avec une personne extraordinairement brillante ( je ne sais si elle souhaite être nommée ).
Ce sont les #emotionnels : des modes de communications qui mettent en avant des attentes, elles-mêmes traduisant des émotions.
Le but recherché étant d’éviter les blocages, les peurs, les rapports de force, les apriori, les fantasmes et les effets de groupe et d’exclusion.
Il fallait un symbole, le # représente sur les réseaux sociaux l’emoji sonore -souvent traductrice d’états intérieurs- me semble t il (ou pensée en voix intérieure quand on le lit).

IMG_1548

Utilisation :
Une idée est émise après le mode et hashtag
 » mode humour  » ou « hashtag humour » : « non mais allo quoi c’est quoi cette idée »
« mode cogito : je pense que cela peut aider à fluidifier les conversations sans qu’aucune opinion ne soit détruite »

Comme l’utilisation de ce système a pour but d’être manipulée par chacun, j’ai créé quelques cartes à plastifier ou à afficher (app Typorama).
Je teste ce système dans les débats et les ilots dès la rentrée.J’espere ajouter d’autres # relationnels au fur et à mesure des idées des #edmus ou de ma propre expérience.

Voilà les cartes séparées :

IMG_1550

IMG_1551

IMG_1552

IMG_1553

IMG_1554

IMG_1555

IMG_1556

IMG_1557

Alphabet d’engendrement symbolique

Par soucis de rapidité de réactivation des comportements , des gestes ou des attitudes qui impliquent ou facilitent l’acquisition de compétences, il m’a semblé nécessaire de créer un alphabet de symboles qui pouvait résumer ces attendus en musique. De plus, l’accumulation des comportements m’a semblé, comme l’accumulation et la précision des gestes dans le jeu musical, être en mouvance constante, dans une élaboration à la fois personnelle et guidée.

Ce travail est encore à l’état de prototype, j’ignore s’il va être efficace ou pas. La profusion d’icônes et la puissance du logo aujourd’hui est incontestable. Le repère graphique a toujours existé. La main guidonnienne est pour l’éducation musicale, le repère le plus connu après le système mensuraliste de transformation graphique d’une idée ou d’un son. Quid des attitudes ? Voilà la nécessité de cet alphabet, sous licence CC fermée encore à ce stade.

C’est un alphabet symbolique et à ce titre il ne peut être efficace que dans un contexte, un espace socio-culturel. C’est à dire qu’en soi il ne représente rien mais une fois transmis, il permet une réflexion sur le corps.

Il pourra avoir, si jamais son efficacité de réactivation me semble pertinente, une métamorphose en geste chorégraphié à l’image du T’ai Chi ou/et une portée en signes de la main. Le procédé analogique pourrait évidemment s’étendre au son, surtout dans la transformation des formes comme développé dans cet article

En voici les premières planches. Elles sont construites sur le principe de la fleur de vie qui m’appelle graphiquement par la portée de distorsion (ou de réalisme, c’est selon) de l’espace qu’elle évoque.

IMG_1377

IMG_1376

IMG_1375

IMG_1395

 

Ces symboles pourront être placé sur un cours pour que l’élève seul puisse réactiver des comportements, toujours dans le but d’asseoir une autonomie. La combinaison de symboles peut donner ce genre de choses :

IMG_1397

Un immense merci à @damienrennes @PhmLemoine et @acscebalt pour leurs discussions d’une aide inestimable et leurs inspirations toujours d’une haute pertinente dans la construction de cette idée un peu décalée a priori peut-être mais je pense nécessaire.

Printemps, été, automne, hiver et … printemps

Partant d’une idée trouvée en formation par mon amie et collègue professeure de lettres V. Pergola, voilà un nouveau travail axé autour de la jonction lettres-musique. Il serait facile d’y adjoindre d’autres matières comme les S.V.T. ou les arts plastiques, etc.

Ce travail se déroulera tout au long de l’année sur le niveau 5°. Cet article a donc le temps d’être développé. Ce type d’activité ne rentre pour l’instant dans aucune case puisque la jonction est annuelle par son sujet.

Nous nous emploierons à faire créer par les élèves un slam autour de l’œuvre les 4 saisons de Vivaldi, et à en tourner le clip. Pour cela nous passerons par différentes étapes.

En lettres, le travail consistera en l’écriture de sonnets comparables à ceux de Vivaldi et inspirés par les saisons. Ce type de travail et sa durée vont permettre des retours de réécriture très appréciables, la partie des lettres ne sera pas décrite en détail dans cet article, uniquement sa partie musicale ( il est trop tôt).

Printemps, été, automne, hiver et … printemps

Il s’agit d’écrire des ressentis sur le thème de chaque saison sur des supports numériques adaptés à l’impression générale des saisons. Une fois inscrits, ils évoqueront des matières relatives à ces impressions (par exemple : été = chaud = plage = sable). Nous enregistrerons les élèves écrivant dans le sable, dans l’eau, dans la terre, sur de la pierre etc. avec des bâtons, des cailloux etc. Notre espoir est de créer un rapport kinesthésique et sonore mélangé avec le sens des mots, une relation au réel , une imprégnation du sens et une conscience des paramètres du son.

IMG_1206

Le musée sonore

Ces sons seront mixés et feront partie avec des captations (enregistrements) de boucles pour y mélanger quelques extraits des 4 saisons de Vivaldi ainsi que des mises en comparaison avec d’autres œuvres (Giraudon, la marche de l’Empereur, Emilie Simon etc.). Les morceaux ainsi mixés dont l’approche aura été permise par des manipulations de sons électroniques autour de la nature ( ce qui est l’exacte démarche de Vivaldi avec les instruments de son époque) figureront sur thinglink en des musées virtuels personnels des saisons. Un an de bruitage et de création par élève. Ce musée, en plus d’être un recueil d’un travail, consistera à créer du sens dans la création, une appropriation des recherches et une sublimation évidente.

IMG_1205

Le temps long

Les élèves au terme de l’année avec GreenScreen (app vidéo d’enregistrement avec écran vert) s’enregistreront en changeant d’accessoires, ce qui garantira l’apprentissage par coeur et la nécessité de la répétition. Leur fond de clip consistera en un morphing de leur environnement géographique personnel ou du collège, que nous pourrons exploiter avec des notions de durées et de structures.

Il m’apparaît que les débuts de chaque travaux pourront être associés aux solstices avant de repartir vers un cursus plus traditionnels de séquences.

Cet article sera augmenté au fur et à mesure que les idées d’activités viendront.

L’itinéraire sonore

Toujours dans un point de vue de narration artistique du monde et plus précisément ici de la ville, une activité se dessine progressivement entre français et musique puisqu’entre ce thème commun et la nécessité de rassemblement dans le partage de cette narration, raconter et prendre conscience de cette communion-communauté semble utile sinon nécessaire, dans un temps où on peut écouter et voyager chez soi, où l’image, la vidéo peuvent tromper les sens dans la perception des temporalités et des distances.

Il m’est arrivé par exemple, et d’y prendre plaisir, d’assister à des concerts télévisés, à me nourrir d’une performance détachée d’une multiplicité des sens. Pourtant, assister à un concert, aller à l’opéra, dans une salle dédiée aux musiques électriques ou électroniques est un plaisir entier sans commune mesure, un acte engagé dans une expérience de vie, un choix sans alternative immédiate. Cette capture permet l’immersion, elle constitue me semble-t-il une construction d’un soi entier. De même, le voyage vers ces lieux constitue en lui-même un engagement, avant même l’immersion dans l’œuvre. Vivre le lieu, c’est vivre le désir de partage à un moment où ce partage existe ou n’existe pas.

Alors comment relier l’impossibilité de se déplacer jusqu’à la Scala de Milan avec la compréhension du voyage ? Il m’apparaît qu’une recherche symbolique est nécessaire dans ce paradoxe. Jusqu’au temps où ce sera le lieu qui viendra à chacun à la place de l’inverse actuel, la technologie pourrait , symboliquement et dans une démarche, faire naître ce désir en classe. Et la mobilité de cette technologie pourrait, toujours dans une recherche d’absence de cette technologie, d’usage actif, inciter à concrétiser ce même désir.

Application gratuite VoicePozzy
Application gratuite VoicePozzy

C’est, je crois, l’un des buts de l’application à la mode l’an dernier « Pokémon Go ». Mais ce qui empêche le développement de cette application est précisément la raison de son succès : le fait qu’un Pokémon ( pardon pour la peine engendrée par cette remarque d’une intelligence très élevée…) eh ben … ça n’existe pas.

Image de streetview
Image de streetview

Les opéras oui, les concerts oui, la ville, oui. Il est donc possible d’opérer le transfert inverse en partant du virtuel pour retourner au réel. Ainsi, un travail consistant en la recherche sur streetview de lieux de concerts , puis de recherche de ce qu’il y a autour (le voyage à l’envers) et enfin de trajets, tout cela comme dans des poupées gigognes chaque fois symbolisées en mots et en phrases, me semble être générateur d’un décryptage pertinent de l’image.

Les élèves devraient reconstituer des phrases par une anamorphose numérique dans l’esprit de Varini, entre des découpages d’images, que l’on peut mélanger à des images concrètes aussi ou lisibles dans certains lieux .

Le "té" central est une image d'une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l'anamorphose est donc ma cuisine.
Le « té » central est une image d’une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l’anamorphose est donc ma cuisine. La phrase est « t’as capté Mahler ». Les lieux visités sont les alentours de Bastille-Paris, le Capitole de Toulouse, ma cuisine donc, le Centre Culturel de Bergerac et les alentours du Grand Théâtre de Bordeaux.

Puis enregistrer, ici grâce à une application touristique qui permet d’associer un lieu à un son, le son de l’endroit où l’anamorphose s’opère, lieu faisant partie de la ville forcément.

Le mot "mot" est un itinéraire et j'y ai associé un son.
Le mot « mot » est un itinéraire et j’y ai associé un son.

Il apparaît qu’une sortie de classe semble nécessaire pour réaliser ce travail, il faudrait alors imaginer le son du lieu de l’anamorphose, ce qui permettrait de rencontrer des oeuvres comme City Life de Reich par exemple qui vient immédiatement à l’esprit.

Le système des ilots ludifiés ou permutés semble adapté à ce travail de créativité, avec la dimension ludique de faire trouver à chaque ilot un lieu d’un autre dans un second temps. L’application permet de voir et d’ecouter les lieux et les sons de ses contacts, ce qui permet immédiatement le partage des expériences.

Je publierai la ludification je pense, même si elle est assez secondaire car l’activité en elle-même présente un intérêt en soi. Réaliser son itinéraire sonore me semble constituer un but en-soi.

L’écrisicien

Sous ce nom d’article, plusieurs idées seront proposées, centrées toutes autour du rôle de l’auteur en tant que musicien c’est à dire une recherche de la préhension de l’œuvre par son auteur lui-même, comme un chef d’orchestre littéraire ou un d.j. des idées.

Image 50

Le premier travail, actuellement effectué avec des élèves de 4emes par mon amie collègue V. Pergola et moi, consiste en la création d’un roman interactif, à l’image des livres dont vous êtes le héros, à ceci près qu’il ne propose pas un choix scénaristique mais un choix d’émotions, de lieux, de moments de la journée , tous incarnés par des créations musicales et des extraits choisis d’œuvres existantes.
Après la création de 6 nouvelles fantastiques par îlots , les élèves sélectionnent dans chacune au moins 3 passages déterminants dans leur intrigue.
Ils choisissent alors par exemple si le lecteur doit lire ce passage comme s’il lisait la nuit, le jour, au théâtre, en attendant le bus, à midi, dans une cabane en bois au fond de la forêt , dans sa chambre la nuit et les volets ouverts, par un jour de chaleur, en étant amoureux, en mangeant une glace (ces exemples sont authentiques).

IMG_1110 FullSizeRenderÉdit : travaux d’élèves
Si un jour une application permet de déclencher un texte à un moment précis où dans un lieu précis, il va de soi que ce travail sera dans ce prolongement.
Une entreprise à Toulouse est en train de travailler sur un projet de cette envergure, nous pensons travailler avec eux l’an prochain.
La préparation de ce travail a été faite par la mise en vidéo d’une nouvelle de Maupassant , « Terreur », d’une façon particulière : la vidéo ne représente pas le texte mais l’état dans lequel l’auteur l’écrit, comme un moyen d’accéder à sa vérité. Une série de filtres a été appliquée sur ces vidéos , nous avons fait appel à la théâtralité des élèves et bien sûr un travail sur le son et l’image a été poursuivi, autour des musiques de film (Alien de Goldsmith, Jaws de Williams, le générique du 20h de TF1, Shining de Carlos-Elkind). La photo noir et blanc en dessous est une capture écran d’un travail vidéo d’élève.
La finalité de cette séquence qui mène à une œuvre interactive, non par le lecteur mais par l’œuvre elle-même, sera incarnée dans une photo du texte filtrée agrémentée de qrcodes ou d’auras si j’en trouve qui contiennent des sons de longue durée, à l’image de la photo ci-dessus du texte de « Terreur ».

IMG_0432

La seconde idée est à l’image d’un jeu (enfer blanc) que m’a passé une amie d’une finesse intellectuelle et sensible hors pair , merci Nathalie; application qui consiste en une aventure textuelle dont vous êtes le héros dont la particularité est que le personnage à qui nous nous adressons dans le jeu prend le temps réel de ses actions,  laissant ainsi le lecteur attendre la résolution de son choix et revenir à son propre temps. La conjugaison des temps de l’histoire lue, du temps interne du lecteur et du temps externe de son environnement concret m’a tout de suite plu, j’y ai trouvé un rapport temporel typiquement musical car nous le vivons tous en concert en tant qu’auditeurs ou instrumentistes. Le soumettant à la sagacité intellectuelle lumineuse d’une amie proche ô combien précieuse, une nouvelle idée s’est formée peu à peu. C’est ainsi qu’un travail va être créé autour d’un roman sur twitter dont les phrases seront émises en tweet sur un même fil, d’abord testé entre classes dans mon établissement puis mis sur la toile. Les épreuves qui scanderont la narration nécessiteront pour faire avancer l’histoire des recherches et créations musicales. Puis l’auteur reprendra sa narration, influencé par le ressenti ou l’apport des musiques.
C’est ainsi qu’une co construction entre auteur et lecteur va s’opérer, grâce aux médias du temps de recherche, du temps de création et du temps de réponse. L’optique est aussi de générer une appropriation d’un réflexe de recherche et création par l’usage des méta-outils que propose internet, en poursuivant comme toujours le but que l’humain reprenne le contrôle face à cette inondation numérique, le tsunami pour moi étant déjà passé. Une éducation au numérique humaniste en somme, j’ose l’espérer, bien qu’en l’énonçant ainsi je me trouve bien orgueilleux. Je préfère néanmoins cette étiquette à d’autres, je ne peux ne pas le faire et ne pas le partager en en précisant la finalité.
Twitter et un padlet où les ressources possibles pour démarrer seront proposées afin d’initier cette démarche, puis la liberté des ressources sera proposée, enfin il serait amusant aussi de se démarquer du support twitter pour créer des anamorphoses entre internet et le concret , entre tout. A l’image du travail de Carole Lipsyc et des 3 espaces, en y incluant d’autres formes de perception telles que le son et sa sublimation musicale.
http://www.3espaces.com

IMG_0440

Enfin la dernière idée est, par sampleur-enregistreur ou vocodeur, de raconter l’histoire d’une musique par sa recréation permanente. L’héroïne de cette histoire étant la mélodie elle-même, l’enregistrement d’une mélodie dont le sample premier : « je suis une mélodie, qu’allez-vous faire de moi » sera joué par le clavier directement par l’élève. Cette activité se prête complètement au travail de groupe et de co-création, il y sera évident d’y retrouver des éléments de structure musicale, de paramètres du son, de style (musique sérielle, concrète, aléatoire, plus classique avec des arsis thesis ou des architectures typiques des structures baroques), de réalisations polyphoniques ou monodiques; le champ des possibilités me semble ainsi très important.
On peut utiliser Audacity, mais l’usage d’un clavier maître ou d’un contrôleur midi me paraît plus pertinente, c’est ainsi que j’utiliserai le sampleur de Garage Band dans ce travail.

Un océan d’étoiles

Au mois de février prochain, il est possible (édit : c’est certain / re édit : c’est fait) que nos élèves de 3eme rencontrent Mazarine Pingeot autour de son livre « La dictature de la transparence », autour d’un travail entre les lettres et la musique.

img_0330

IMG_0427 IMG_0428

Les idées de l’auteure, bien qu’extrêmement intéressantes, nécessitent une culture philosophique afin de les appréhender que ne possèdent pas ou peu les élèves. Mais ils en peuvent saisir les concept et commencer un travail réflexif avec leur expérience quotidienne de la télévision, d’internet, de leur statut d’élève. Ils ont en eux tous les éléments pour effectuer un chemin d’idées afin de, comme l’auteure, penser la transparence et aussi la leur.

IMG_7966

C’est ainsi que ce travail est né, ce matin même, autour non pas d’une étude de texte trop hermétique due à leur jeune âge, mais d’une appréhension des idées sous la forme d’un projet qui leur serait accessible.

J’espère en la réalisation d’une installation sur un filet de pêche tendu au ciel (plafond) rempli d’étoiles et d’eau, parsemé de mots, accompagné de créations musicales, j’en expliquerai le sens qui lie la forme à la fin de l’article.

IMG_7988

 

C’est donc un article « projet », rien n’a été encore fait, et j’envisage donc d’en décrire les réussites et les ratés au fur et à mesure. Il pourra devenir alors un réservoir d’idées pour de prochains travaux.

IMG_7963

edit : nous sommes en cours de séquence voilà le padlet ( mur collaboratif ) support. Pour l’instant, tout se passe très bien

edit : nous avons terminé , c’était un des plus beaux projets réalisé , sinon le plus beau. Tous les élèves ont participé, des notions complexes philosophiques ont été comprises et reliées aux arts, les élèves étaient ravis, quel plaisir !

 

Fait avec Padlet

Œuvres
Désert ( qui se base sur un projet inachevé appelé « espace » ) Varese mélange le temps coustique et electro acoustique https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Déserts_(Varèse)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sun_Tunnels les Sun Tunnels de Nancy Holt qui amènent le ciel sur la terre avec les tubes percés de 4 constellations.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Clapping_Music Clapping Music de Steve Reich qui mélange les temporalités où chaque décalage engendré une nouvelle structure

Le temps dans Lascaux ( au moment de Lascaux IV ) où les cerfs se succèdent comme animés et les deux chevaux qui semblent être le même animal qui court . Plus encore , le silence de la grotte qui nous amène à inventer une présence sonore et son décalage temporel fascinant qui nous semble l’éternité . Je pense à la visite virtuelle de la grotte en ressource première.

L’organisation oscillera entre îlots permutés et groupe classe.
Chaque îlot devra d’abord résoudre un puzzle réalisé par un autre îlot autour de ce qu’évoque la transparence pour les élèves, autour de 3 mots qu’ils proposeront. C’est l’occasion d’entrer dans une dimension de découverte de ce qu’est la transparence, de ce qu’elle implique et n’implique pas, des questions qu’elle pose autour d’idées aussi différentes que la vérité, l’authenticité, la temporalité, la création, la morale, la nature et l’essence des choses, des etres ou des événements.img_0331

IMG_0429

Nous allons classer enfin ces propositions sous des thèmes proposés par Mazarine Pingeot et que nous allons exploiter en débats par îlots :
Nous avons accès à ces connaissances : qu’en faisons-nous ? Quelle est la transparence de l’histoire ?
Qui décide que chacun et même l’école puisse proposer ces connaissances ? Quelle est la transparence politique au regard de ces choses qu’on ignore avant de les apprendre ?
Quel est le degré de l’intime entre la réception d’une œuvre intérieurement et son espace public ? Quelle est la place de l’art entre public et privé ?
Les médias proposent un regard cru sur le monde , parfois même absent de pensée, comment d’ailleurs peuvent nous faire nous sentir Varese et les peintures de Lascaux sans connaissance préalable ? Qu’apporte le savoir ? Que n’apporte t il pas ? Qu’apporte l’inquiétante étrangeté de l’art dans ce rapport à la transparence ? Quelles peurs ou quelles parties de nous mêmes nous reflètent des émissions qui prétendent à la transparence ?
Quel est le rapport temporel entre l’artiste et son œuvre ? A quel moment sont ils synchrones ? Le sont ils jamais ? Varese, Holt et Reich posent les questions éternelles de rapport de transparence entre l’artiste et sa création , que l’on retrouve aussi notamment chez JS Bach, Machaut, Vitry ou encore les chants grégoriens.

En groupe classe, nous expérimenterons une version simplifiée de clapping music, que nous expérimenterons si nous en avons le temps par une création simple de mixage temporel sur des boucles ( Garage Band loop ) similaires .
Nous allons ensuite créer un circle song ( auquel ils ont déjà été initiés ) en ajoutant un élément fixe numérique (je pense à loopy HD et à un rythme préenregistré ainsi que leurs propres créations précédente)
Enfin ils réaliseront un morceau par nodes (Node Beat) et nous comparerons un extrait de Désert de Varese à ces créations successives en dégageant des temps humains et des temps de machines, qui peuvent être simultanés ou successifs d’un côté comme de l’autre.
Ces morceaux de nodes illustreront de façon musicale avec amplification dans l’installation, le projet final.

Ex. Le mot « étoile » en NodeBeat

Il consiste donc en la réalisation d’une installation de toutes les questions que pose Mazarine Pingeot par la présence en mots de l’auteure et des des synthèses en débat des élèves de ce qu’évoque pour eux la transparence. Ces mots seront écrits sur des petits bouts de feuille à image des puzzle et d’une vérité à dévoiler , entremêlés dans un filet , un voile de réalité que propose les médias , illuminés par une guirlande et des gouttes d’eau de décoration , gouttes qui reflèteront la lumière de la guirlande symbolisant les étoiles et ce rapport temporel toujours décalé entre l’œuvre et son auteur. Les gouttes d’eau briseront cette lumière en une diversité infinie, propageant de nouvelles possibilité indécidables échappant à toute décision politique.

C’est bien sûr une métaphore où la forme fait le fond et nous allons essayer d’y emmener les élèves pour qu’ils puissent présenter leurs travaux lors d’une rencontre avec l’auteure.
C’est l’occasion enfin poétique de se baigner et de faire vivre un océan d’étoiles…

Le retour sur ce travail est une grande réussite : investissement, plaisir, rencontre, échanges…

Nous avons passé près de deux heures avec Mazarine en skype et nous l’avons rencontrée à Bordeaux. Nous allons présenter notre travail aux Cordées en mai. Mazarine Pingeot a beaucoup apprécié notre travail et les élèves ont eux-mêmes donné un sens très proche à ce qui avait été pensé, quelques vocations à la philosophie sont mêmes nées de ce travail , la rencontre avec soi a donc aussi été riche. Ce travail a été mentionné et remarqué officiellement ce qui lui donne une dimension plus grande de partage. Les élèves en sont ressortis fiers, ce qui augmente leur confiance en eux et dans l’école. Ce fut une très belle aventure humaine dont la portée dépasse nos attentes.