Mindmap Histoires

Cet outil-fiche est fait pour mettre en relief des évènements ayant coexisté ou qui ont inspiré d’autres évènements, avec un recul global. La mise en évidence d’une reconstruction et d’une visite permanente d’évènements avec prise en compte du contexte m’apparaissait intéressante et peut-être plus adaptée à l’edmus que les frises chronologiques, qui, si on les précise trop, deviennent vite illisibles.

Je n’ai choisi que quelques aspects chaque fois, dans un but de clarté, tout à fait arbitrairement. C’est un mélange de frises chronologiques, mindmaps, comparaisons, j’ai envie d’appeler cet outil la « chronomap ». Je crois que je nomme mes outils par jeu, et aussi pour que les élèves soient conscients qu’un  outil est créé par quelqu’un d’aussi banal que le prof de musique que je suis, dans le principe même que chacun puisse créer, puisque c’est un des axes principaux de ce que je suis censé faire passer.

Tout cela pour dire que si quelqu’un me lit et semble intéressé par ce système, il peut l’appeler comme il le souhaite bien sur.

histoire du hiphop cc

Hip Hop

histoire du rock cc

Jazz

histoire jazz cc

Rock

histoire de la techno cc

Techno

 

Retour à l’écrit

La visée que je m’efforce de suivre consiste en l’indépendance vis à vis du numérique quand il ralentit ou dépouille d’une réflexion personnelle. C’est à dire que j’essaye de doser son usage par rapport à une introspection nécessaire.

Le problème est qu’il m’est bien difficile de dissocier un moyen d’une fin : le moyen engendre de nouvelles fins qui engendrent à leur tour de nouveaux moyens, il en a toujours été ainsi ai-je l’impression. Ainsi, le numérique participe à la modification du point de vue sur le monde, et réoriente même la façon de penser dans une remodélisation globale ou particulière. Nous avons basculé déjà dans ce monde depuis plus de 40 ans (1971 Intel) et très nettement depuis 20 ans (1990 création du www ; sans compter la façon dont le numérique s’est développé, créé, formé, qui est indissociable et issu d’une façon de vivre bien plus ancienne encore), ce qui crée un paradoxe total je crois : nous pouvons nous réjouir de ces modalités ou au contraire nous en indigner, il reste que tout concourt à l’utilisation de la façon de penser numérique : notre journée est séquencée en étapes courtes, remplies absolument comme si le vide était une horreur à fuir, la signalétique des routes, des commerces, des menus, des prix dans les commerces, des publicités associe un élément à un autre dans une inhibition propice au réflexe mais pas à la réflexion ( dans un sens de retour sur soi).

Avec une amie collègue, nous avons essayé, dans des « siestes musicales », de rompre avec ce non-temps personnel,  ce temps extérieur imposé. Avec des échauffements vocaux de type relaxation, avec la mentalisation en cours sur des concepts, avec une écoute où les élèves sont allongés, j’ai essayé aussi de revenir au temps pour soi, un temps interne.

Un des points de réflexion en ce moment de la team #edmus est de penser avec talent l’infographie des notions, merci beaucoup Damien le pro du sketchnotes @Damienrennes . J’ai envie d’y ajouter ma touche en revenant à l’écrit comme je l’avais fait dans les symboles, dans les objets en carton, dans les détournements de mindmap et avec les cartes de couleur. L’écrit avec stylo en tant que rendu final me paraît bien moins à propos que l’écriture numérique. Je préfère personnellement lire un imprimé ou un ebook avec une police égale, un texte calibré, qui me fera émerger le fond narratif d’un texte. L’écrit stylo en tant que trace d’une pensée me paraît au contraire très pertinent, qu’il soit sur feuille ou écran, car il impose un temps pour soi et permet un retour réflexif lent, propice à l’autocorrection. C’est ainsi que pour adjoindre au sphérier des outils méthodologiques je reviens vers une utilisation imitative du papier avec cette carte de comparaison d’oeuvres largement inspirée de celle, parfaite, de Béatrice @LaurierBeatrice  en lui adjoignant le CQQCOQP qui est un questionnement efficace je pense, pour l’avoir testé en classe bien souvent. J’ai utilisé ce système pour mes propres études, au lycée comme en fac, pour la musique comme pour d’autres matières, il est très efficace et connu de tous.

Image 40

Cette carte a pour fonction d’être reproduite au brouillon, sur papier ou sur écran avec stylet ( que je n’ai d’ailleurs pas dans mes cours, c’est loin d’être une priorité). Les couleurs de l’arc en ciel sont dans un but synesthésique de facilitation de la mémorisation. Chaque oeuvre a sa mindmap et les points communs sont au centre.

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Dans le même esprit, ces cartes de structures sont faites pour induire une méthodologie d’écriture rapide d’une structure. J’en avais fait l’expérience déjà en atelier, c’est aussi efficace, clair et rapide. Un élève note de simples traits comme une dictée à la volée pour symboliser la structure, ou des formes ou des couleurs s’il est à l’aise avec ces procédés. Vous avez à côté des noms des formes chaque fois des exemples d’écriture rapide.

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Les formes et les couleurs prennent leur sens davantage dans les structures complexes comme ici la forme sonate dans une sonate par exemple.

Toutes ces fiches sont donc des modèles de brouillon, laissées en cours, de façon à structurer la pensée par un codage complètement intégré et utilisé par le monde numérique, et qui n’est pas sans rappeler des formes symboliques médiévales (héraldique, vitraux, enluminures, codex scientifiques etc) dont je suis assez friand sans en être un spécialiste.

 

Une introduction au plan de travail

Ayant lu quelques sites sur l’instructionnisme face au constructivisme (que de mots étranges pour désigner des types de rapports à la transmission…), me sentant complètement proche d’un type d’enseignement empirique, où je découvre par moi-même, me faisant ma propre opinion des choses (c’est bien illusoire d’oser penser aussi radicalement ce genre de chose, c’est plutôt une tendance en fait), m’étant d’abord heurté parfois aux arguments que concilier les deux était impossible, hypocrite, un non-sens (etc.) et pourtant trouvant de la pertinence dans tout ce que je lisais ou entendais, sans jamais y décerner des absolus mais toujours des relatifs contextuels, j’ai décidé de mélanger ce que je pouvais comprendre de ces directions avec ce que je crois être bien dans le type de pratique avec lequel je suis à l’aise.

Le rendu est un cours autour de l’initiation au plan de travail (une façon autonome, collaborative et différenciée d’apprendre). Il est évident que l’aspect chronométré est complètement arbitraire , heurté au réel, tout s’efface, mais c’est ma façon d’appréhender les choses et de me rassurer en me fixant des limites temporelles.

Problématique : peut-on écrire ce qui ne se prononce pas ?

Progression

1° cours :  

Tous debouts

Imitation percus corporelles en fonction des cellules des rythmes des traces

Les Elèves inventent rythme simple restent à leur place

On marche dans la pièce ( ou dehors ) A pas de loup, A pas de trot de cheval, A pas de poule, a pas de chat.

On revient s’asseoir : on s’imagine les traces ( je redis les exemples ) a pas de loup etc..

On montre l’image

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Le corps planète : debout en marquant le tempo, faire taper sur le corps le rythme des traces

Chant sur les traces ( le chant des sirènes)

Ecoute :

fondation Cartier, écoute libre. Se représenter les sons et l’univers entendu. Mentalisation.

 

Débat :

assis en cercle : on en parle. Pré activation :  volume, intensité, aigu, grave, durée, thème/ voix de l’animal, paysage sonore.

Questions : comment allons nous faire pour retenir ces sons une fois entendus ?

Et si nous n’avons pas d’enregistrement ? Et si nous étions au moyen-âge, au baroque, au classique ? Un gros son correspond à quel animal ? Un son aigu ? Il aurait quelle forme ? Pourquoi ?

(Emergence des cerceaux possible façon Dalcroze, idée exploitée avec bonheur par Béatrice @zikmuable)

Ilots : avec Musical Paint (application où l’on entend ce qu’on dessine, j’en ignore les correspondances avec d’autres OS) dessiner le paysage sonore entendu

Devoirs : dessiner/filmer/copiez un paysage sonore (papier/numérique) et rapportez le en cours. En écoutant la nature, chez vous, un endroit quelconque, symbolisez par des traits, des couleurs, des formes de votre choix les sons / musiques que vous entendez. FACULTATIF : Vous pouvez en imaginer un, même le créer.

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2° cours :

15’ + 10 mn

Vous trouvez ces traces sur le sol…

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  • 15’

Explorateurs : seuls ou en groupe, vous pouvez vous servir de tous les outils

Reproduisez la démarche ou le son de l’animal en fonction de ses traces ou de celles trouvées la semaine dernière… Imaginez la forme et la taille de l’animal en fonction du son et de la démarche.

Scientifiques : seuls ou en groupes

Imaginez une nouvelle démarche d’un des deux animaux (cours 1 +2)  en fonction des traces trouvées…

  • 10’

« Pour ceux qui ont été par groupe, qui a choisi d’aider un ou plusieurs membres de son groupe ? »

Un ambassadeur/drice vient raconter pour son groupe

10’

A l’école des animaux

Je saute (comme fait Bobby McFerrin en live) à gauche et à droite en faisant conjointement DO RE MI et les élèves chantent. Quand ils ont acquis le bon son, sons disjoints. Puis penta. Démarche fluette = son léger , démarche lourde et imposante = fort. Je me grandis = son grave, je rétrécis son aigu.

2 élèves passent à ma place

20’

Chant des sirènes

Devoirs : dessinez votre animal , imaginez en la démarche , dessinez ses traces ( 12 minimum) et le son en fonction

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3° cours

5’

Reactivation à l’école des animaux

2 élèves passent

10’

Les croqueurs de son

Par groupes de 5 ou de 4 : l’un des élèves du groupe fait mon rôle (Bobby McFerrin) les autres dessinent la mélodie (IPad ou feuille)

15 ‘

5 ‘ Réactivation chant des sirènes

10 ‘ « Ton visage »

5’

tous en cercle : mini – débat

comment on note si le son est grave aigu, si l’animal/instrument qui le produit est grave , aigu, comment on note les sons dans l’occident

20’ (15’+5 ambassadeurs en rendu)

TACO en îlots les « chasseurs de son  »

 

sur des portées dessinées (clef de fa et sol) , créer une série de 6 mouvements, en traces, en imaginant l’animal et en nommant ses correspondances ( gros = grave, petit aigu etc.)

( des aides sont sur un ebook où les clefs et les notes sont amovibles, merci Véro @verlacoc pour cette idée )

Rôles

Traducteur (Ambassadeur) CUMULABLE AU BESOIN

Chorégraphe (Reproduit la démarche)

Musicien ( La chante/joue)

Ingénieur (Filme et enregistre)

Explorateur scientifique (Ecrit la série des mouvements en portée ou en traces)

Devoirs : regarder la capsule du cours 1

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4° cours « PREMIER CONTACT »

Objet : « Le sacre du printemps » Stravinsky (version Béjart)

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2 x 20′ avec mini-pause bilan : en gardant les îlots de la semaine dernière, vous êtes libres de vos outils (sphérier)

DEFI 1

Témoignage

Vous devez écrire une mélodie à partir des traces et la jouer/chanter

DEFI 2

Chasseurs d’image

Vous devez imaginer un animal qui a produit ses traces et justifier de sa forme par des éléments musicaux

DEFI 3

Compréhension inter-espèces

Vous devez imaginer une chorégraphie des mouvements de ces traces et la reproduire/filmer

DEFI 4

Premier Contact

Vous devez inventer ou imiter une phrase musicale vue en cours ou non et l’écrire sous forme de partition dans le style des traces trouvées en vous servant des connaissances du cours. Idées personnelles très acceptées.

15’

réactivation chant des sirènes et ton visage.

On essaye la lecture des traces de L.E.J. (summer 2016)

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Devoirs : Regarder la capsule du cours 2  (revoir la 1) et répondre aux quizz qui fermeront dans 3 semaines

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5° cours

PDT évalué avec spherier

Devoirs : Regarder les capsules du cours 1 et 2 et répondre aux quizz qui fermeront dans deux semaines

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6° cours

35’

PDT évalué

15’

Débat comment peut-on écrire un son ? Pourquoi ? Qui le fait ? Où le fait-on ? etc.

Devoirs : Fermeture des quizz en fin de semaine. Regarder les capsules du cours 1 et 2 et répondre aux quizz

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Il va de soi que cette séquence ne constitue absolument pas un exemple à suivre mais un environnement tout à fait perfectible en fonction de ma personnalité et sujette à changements ultérieurs, je préfère le répéter au cas où la diffusion sur internet serait interprétée autrement que ce que je l’espère, c’est à dire : une base d’échange et de proposition. Elle n’a pas d’autre valeur.

 

 

Le Sphérier : les hiérarchies d’autonomies

Complétant l’article précédent, voilà les 4 tableaux de hiérarchies d’autonomies. Au pluriel car j’ai pensé plusieurs types d’autonomie, surtout au niveau des catégories « chef-d’oeuvre » qui indiquent un dépassement de mon attendu.

Il y a 4 domaines dans les textes officiels et j’en ai rajouté un, volontairement non décrit puisqu’inconnu de moi, afin d’inclure le concept « d’erreur artistique » qui ne m’évoque rien de cohérent dans la discipline que j’enseigne, à part un oubli/ incompréhension de paramètre dans la réalisation d’un attendu, ce qui est inclus dans les autres tableaux de hiérarchie puisqu’ils seront validés et colorés en fonction de la validation des compétences s’y rapportant.

sphérier cycle 4 cc

La justification de l’existence de ce domaine inattendu est par la constatation de ce que je comprends des prédictions et des jugements sur l’impossibilité ou non de ce que peut ou non faire l’humain : bien des choses qu’on pensait impossibles se réalisent, bien des attendus qu’on croit logiques n’arrivent pas, des choses immuables changent et des choses muables restent figées. Je ne suis pas philosophe ni sociologue ni quoi que ce soit, ce n’est qu’un constat personnel à l’heure où j’écris ces lignes. Donc je laisse à l’élève une part d’inconnu, surtout inconnue de moi aussi, par ces étoiles qui révèleront ce qu’elles ont à révéler, si cela doit arriver.

hierarchie projet cc

Pour le reste, les cercles se remplissent ou pas en fonction de la validation ou non de la compétence associée au domaine concerné, en fonction aussi du type d’outil utilisé (rappel : un « outil » est un document/vidéo/programme/texte etc qui sert de support méthodologique). Je poursuis le but d’une autonomie vis à vis de l’outil, qu’il soit numérique ou non. Un instrument de musique n’est pas un outil, c’est un « instrument » et donc un objet faisant appel à une technique, à une intention, à un geste, à une multiplicité de cohérences interdépendantes; une tablette numérique ou un ordinateur ne sont ni des « outils » ni des « instruments » dans ce contexte là , ce sont davantage les applications, les programmes que je classe dans ces catégories.

hierarchie creation cc

Je remercie vivement l’équipe #edmus et mes proches qui m’ont aidé (et donc que j’ai embêté alors qu’il fait un soleil radieux) dans les appellations des 3 premiers cercles, car cela m’embêtait de laisser EXERCICE, DEVOIR, EXPOSÉ. Je ne voulais pas déprécier ces termes et en trouver de plus contextuels à l’art.

hiérarchie écoute cc

Ces tableaux de hiérarchie appellent de nouveaux outils méthodologiques qui feront probablement le sujet d’un article ultérieur. Mais ils concourent tous au même but, une autonomie et une incitation au dépassement.

Hierarchie débat cc

Comme d’habitude , ils sont tous sous licence cc, si jamais ça intéressait quelqu’un pour les utiliser, on ne sait jamais.

 

Le Sphérier : test et utilisation

sphérier cycle 3 ccAprès une année passée à utiliser cet outil de façon partielle et progressive, voilà les conclusions auxquelles je suis arrivé :

  • l’inclusion des intelligences multiples est favorable à l’apprentissage individuel mais il se trouve influencé par la pratique de groupe qui peut déstructurer les potentiels : beaucoup d’élèves choisissent en groupe le même outil que leurs camarades, outil qu’ils ne choisissent pas forcément quand ils sont dans d’autres groupes ou seuls, lors d’une évaluation sommative. Certains élèves s’adaptent d’eux-mêmes puisqu’ils choisissent de repasser cette évaluation avec soit d’autres groupes, soit d’autres outils. Il me paraît maintenant important à l’usage de varier bien davantage les supports en cours et de laisser libre le choix de l’élève face à son outil. La solution viendrait peut-être d’une variation de l’évaluation où je proposerai plusieurs modalités et chaque élève viendrait s’y insérer s’il le souhaite. J’espère que cette direction favorisera l’utilisation d’outils toujours plus vecteurs d’autonomie pour chacun.

cycle 3

  • la fiche des sphères semble anecdotique à l’utilisation mais pour l’instant, le manque de maniabilité et le temps de consultation sont des paramètres que je dois repenser avant d’abandonner ce système. Je préfère le laisser en auto évaluation (voir plus loin). Par contre la classification me semble pertinente ainsi que la présence d’un domaine inconnu afin de considérer les réactions inattendues pourtant relatives au cours.

sphérier cycle 4 cc

  • la gradation d’autonomie marche très bien en ce sens où le système permet à bien plus d’élèves que je ne le pensais d’aller vers des créations inattendues et réjouissantes, ainsi que vers une visée de l’autonomie sans outils ou avec des outils exclusivement instrumentaux. La majorité des élèves tente souvent des « exposés ». Faut-il que je repense le système de proposition des outils sur les padlet ? Je n’en sais rien, je préfère pour l’instant favoriser l’autonomie plutôt que la performance car je crois qu’il y a une forte liaison entre ces deux facteurs. Mais le fait de réussir pour être motivé existe, et favorise hélas la non prise de risque dans les évaluations sommatives. Cela reste un problème et je ne sais pas s’il est réellement de mon ressort. Peut-être qu’une piste viendrait par l’adjonction précise et pensée d’émotions positives dans les échecs en maintenant une frustration dégagée d’une peur paralysante de l’échec. Il faut encore que j’y réfléchisse. Ou maintenir un échauffement de type sophrologique adapté quelle que soit l’activité, plus court, plus ciblé.

cycle 4

  • le système est très pratique pour les îlots par rôles de responsabilités mais inutile pour le tutorat : cette notion est complètement intégrée par les élèves, elle est intrinsèquement efficace. Donc le sphérier de tutorat n’est utile que pour moi afin que je puisse me remémorer en un instant qui est tuteur de qui.
  • ce système s’avère utile davantage en auto évaluation qu’en évaluation car l’élève peut s’il le souhaite et aussi par une incitation de ma part, varier ses outils de révision ou d’évaluation formative. J’ai donc repensé l’utilisation pour moi par un tableur sous Numbers ( tableur ). Cela est maintenant bien plus rapide qu’un tableur simple ou une feuille/cahier de bord.

spherier tableau prof

Ceci est le tableau type enregistré comme modèle. Chaque classe a son tableau. La lecture se déroule ainsi : les élèves sont sur les rangs de gauche. Les cases comprennent des étoiles ( 5 pour les 5 degrés d’autonomie), étoiles qui sont colorées (en fonction de l’ancien tableau de classification des outils à intelligences multiples de l’article précédent) et les cases sont colorées ( Vert clair : maîtrisé, vert foncé : acquis, orange : en cours d’acquisition, rouge : non acquis ).

Globalement, mes constatations influencées par mon envie et mon intuition de la pertinence de ce système, avec la direction de plus en plus nette d’aller vers des activités en plan de travail plus régulièrement (mais pas de façon permanente), m’ont fait repenser l’outil. En voilà sa nouvelle forme, moins axée sur des méta compétences qui croisaient les attitudes et les compétences disciplinaires, plus simple et adaptée à l’usage des nouveaux programmes par la nomination des domaines.

Un sphérier est gardé un an, dans sa nouvelle forme il sera distribué aux élèves de façon numérique , qui l’annoteront avec Skitch (application pour écrire sur des images) et conservé sur l’ordi de la classe. Une utilisation papier est tout à fait possible avec crayons de couleurs, les papiers seraient gardés dans la classe.

Je suis en train de construire un cours autour de Carmen (4èmes) en plan de travail avec le sphérier en posture centrale, j’en ferai un retour dans l’année je pense. Il y a plusieurs padlet , voilà une image de celui du débat.

Carmen débat

Et enfin un des tableau de hiérarchie d’autonomie qui chaque fois sont adaptés aux activités du cours proposées.

Hierarchie débat cc

 

Neurosciences : paramètres du son

Après quelques lectures et un intérêt personnel pour les neurosciences et la neuropsychologie , j’ai décidé de décomposer 30mn de cours sous l’angle de ce que j’ai pu retenir. Les principes sont simples, tombent presque sous le bon sens et je n’ai nul doute qu’ils soient appliqués depuis toujours par beaucoup. Les voilà :

1 des activités courtes 30s/2mn maximum pour favoriser l’attention optimale mais nombreuses et chargée de sens afin de donner beaucoup, de reposer l’esprit et de créer des liens.

2 des temps d’images mentales, de représentation personnelle sans exemple proposé par le même sens (canal sensoriel : vue, ouïe etc.).

3 toujours sourire afin d’inclure tacitement chacun dans le groupe. Un sourire de politesse, pas de séduction ni de maîtrise encore moins de cynisme, pas gêné. Un sourire complice.

4 des activités ancrées dans l’expérience réelle afin de proposer une « petite réalité » , accentuer le sens et la future réutilisation de ce qui est transmis.

5 être clair dans les attentes chaque fois, en précisant ou en faisant des haltes d’appropriation, d’éclaircissement et en liant toutes les micro activités dans une problématique unifiée.

6 ressentir et prendre conscience de l’émotion qui se greffe à une autre émotion, afin de favoriser l’inhibition, c’est à dire de couper et de réorienter les raisonnements erronés et/ou freinants (je suis incapable, nul etc) en y greffant une émotion positive ou une idée autre.

Il m’apparaît que des outils modulaires seraient à créer/adapter afin d’enchaîner rapidement les activités proposées selon les principes que j’ai essayé d’appliquer. Pour l’instant la tablette répondrait à ces attentes mais l’internet des objets encore bien davantage. Je pense à des badges (réels) qui enverraient une information simple et seraient capable de transporter des documents, entre des mini smartphones indépendants , des Beacons et des smartwatch. Mais pour l’instant, l’homme doit s’adapter à la situation en proposant une application en conséquence et l’ordinateur n’est pas capable de déterminer contextuellement une utilisation ( mais je pense que ce genre d’utilisation est en germe).

Différents chemins pédagogiques déjà expérimentés en cours s’ajoutent à cet enchaînement d’activités très courtes. Une ludification (je pense à un thème autour de 20 000 lieues sous les mers) pourrait tout à fait y avoir sa place mais avant d’étendre le concept, je préfère le détailler. Les activités alternent classe/îlots.

1 RELAXATION DÉBAT EMOTIONS INHIBITION

Groupe classe

« nous allons imaginer ce qu’est une onde » / passer musique zen vagues/  » détendez vous, prenez une forte inspiration.
vous êtes allé dans l’eau cet été ? vous avez vu des vagues ou des ondulations sur l’eau ?
A votre avis comment c’est fait ? Comment vous sentez-vous ? On est bien dans l’eau ? »
(règles de la classe coopérative du bâton de parole, gardien du temps, passeur de parole, gardien du respect)

2 MENTALISATION DÉBAT
« pendant quelques secondes, on va se les remémorer, s’imaginer ces ondulations.
Imaginez que vous nagez tranquillement, les ondes sont comment ? Elle durent combien de temps ? Leur force, leur intensité est comment ?
Quand vous vous jetez à l’eau ou que vous faites une bataille, les ondes sont comment ?
Leur intensité varie, leur fréquence est irrégulière / régulière / rapide / lente / longue/ courte

3 REPRÉSENTATION

Formation des îlots par rôles

on va les dessiner ( app typedrawing).

IMG_4749(Merci à l’auteure-testeuse d’activités de ce formidable dessin à qui je demanderai si elle veut être citée)
Vous avez vu les vagues qui se répètent ? Elles reviennent combien de fois, à quelle fréquence ?

4 CAPTATION KINESTHÉSIQUE
« On va les enregistrer, chacun prend son portable et avec le Dictaphone ou la video vous enregistrez 3 ou 4 secondes de son « mouillé ». Vous pouvez aller en groupe où vous voulez mais vous devez être de retour dans 5mn » (Est il utile de préciser qu’une information sur la perméabilité du matériel doit être donnée si on utilise pas le BYOD ? … )

5 OBSERVATION VISUELLE – SÉLECTION – AUTO ÉVALUATION
« Choisissez entre vous la/les captations audio exploitables »
Si pas de dessin de fréquence ( formant ) sur app eleve alors re enregistrement par moi.

Observation « Vous avez 2mn pour décrire les ondes enregistrées avant que chaque ambassadeur témoigne de vos observations ».

6 CREATION JOIE INHIBITION

Ilots puis groupe classe

« Dans l’air, c’est pareil, enregistrons un son d’abord en groupe puis ensemble. Un son que vous ferez, n’importe lequel, un son bizarre ou drôle ou normal ou beau. Vous pensez à quoi ? Je ferai le cri de la vache meuuuuh (ou son rigolo). »

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7 OBSERVATION INDUCTION

Groupe classe

« Qu’observe t on ? Vous pouvez parler en même temps que les autres »
Le son se propage dans l’air et dans l’eau. Il va même plus vite dans l’eau que dans l’air.
8 DÉDUCTION RÉALISTE REMISE EN QUESTION
« Imaginez maintenant un avion, passant, regardez ces nuages, etc Est ce qu’on les entend ? OUI/NON : Pourquoi ?
C’est parce que le son ne peut pas se déplacer trop vite, il s’éparpille , comme quand on étale plein de billes sur le sol et il perd en puissance, en intensité. Il va à 340m/seconde, c’est quand même pas mal. Imaginez vous aller à 340m/s vous seriez où dans 3 secondes ? Si j’habite à 3km400, je vais mettre combien de temps pour y aller ? » (Ne pas hésiter à donner la solution).

planmodifie

9 JEU – MISE EN SITUATION REALISTE
jeu du secret : vous devez faire partager un secret que je vais vous dire chacun son tour un par un, il faut pas qu’on l’entende mais il faut que ce que j’ai dit me revienne intact. Je donne une phrase :  » Les vagues naviguent du centre vers le bord »

10 EXPLICATION
en compressant le son, vous avez permis qu’il ne s’échappe pas, qu’il se contienne dans votre main. Le son ne traverse pas certaines matières mais il faut que tous ces paramètres, la durée, l’intensité, la hauteur , soient perceptibles par notre oreille.

Cette série d’activités dure entre 15 et 20mn, testée en situation non réelle. Un chant avec percussions corporelles l’accompagne :

11 PRATIQUE FIXATION KINESTHÉSIQUE – MUSICALE – VERBALE

HAKA POWIRI DE BIENVENUE ENTRÉE DE LA NOUVELLE ZELANDE À L’ONU (que j’ai arrangé pour les rencontres chorales départementales de l’Apem24)

Ka ma te Ka ma te X2 (gestes tremblants rapprochés dire doucement presque pas voisé, puis en nuance mf en écartant les bras davantage )
Ka o ra Ka o ra. ( écarter les gestes en augmentant le volume ff )
Rythme djembe x8 (« tktk tk tktk » )
Silence
Rythme djembe x4
A (coude droit frappe)
to ya maï ( coude gauche frappe)
ki te u run ga ( dégagé du coude droite avec pied droit qui appuie)
Ki te mo en ga (dégagé du coude gauche frappe du pied gauche)
Ki te ta ko to run gaï ( frappe croisée bras droit sur bras gauche)
Ta ko to aï ( inverse on termine bras croisés)

TE WA KA! (frappe des genoux)
Haï! (frappe des mains poings sur main)
TE WA KA! (idem)
Haï!

le padlet de référence est

 

Termes techniques pré activés et activés au moins 3 fois chacun dans la séance : onde, fréquence , intensité, oscillation, durée, timbre, hauteur,
Termes adjacents : décibels , pascals, vibrations, ondes lumineuses, photon, nécessité du milieu pour la conduction du son, compression, règles générales de la propagation d’un son dans l’espace, approches de l’effet Doppler, des infra/ultra sons et du mur du son ( non nommés ), conscience de la réfraction et de la propagation du son en milieux divers
Outil de création : le HAKA propose les notions abordées , pouvant être utilisées en création percussions corporelles indépendantes .
Jeu , ouverture possible : défi continuer crea chorégraphique « à toi » en faisant un geste sonore en battle avec l’élève désigné après.

Poésie, je slame ton nom

Séquence français-éducation musicale , de la même façon que l’audiobiographie : ce cours mixte est né d’une habitude de travail maintenant établie entre ma collegue/amie V. Pergola et moi. Comme précédemment, notre volonté est de travailler ensemble car nous partageons une même attitude d’enseignement et des méthodes très similaires. Mais, renforcés par notre premier travail, par l’impact auprès des élèves non pas dans une priorité de plaisir (même s’il faut avouer qu’il a été très présent ) mais dans le fait qu’ils ont tous travaillé ( à des degrés d’implication certes différents , il n’empêche que c’est un fait , ils ont tous travaillé, sur deux classes de troisièmes, et nous associons cette réussite au plaisir de travail aussi ), nous avons décidé de continuer l’aventure.

Ce petit préambule très pragmatique, sans idéologies particulières , hors la volonté de varier les activités en nous servant de plusieurs aspects pédagogiques, en positivant le travail des élèves , en les encourageant et en restant rigoureux au mieux de notre possible, sert d’affichage authentique de notre proposition interdisciplinaire/ transdisciplinaire pour le lecteur éventuel de cet article.

Transdisciplinaire parce que ma collegue continue son cours normalement sur son temps devant élèves. Interdisciplinaire car notre emploi du temps permet la co-animation du cours et nous restons deux heures avec les élèves ensemble au lieu d’une séparée. Je vais en décrire les grandes étapes du point de vue de ce temps commun.

La séquence commence par la chanson des « Restos du cœur » , « Liberté : j’écris ton nom » adaptée du poème éponyme de Paul Eluard . L’apprentissage passé ( la chanson est facile, en 20mn les élèves la possèdent ), nous filmons les élèves qui doivent un à un réciter un des vers du poème , qu’ils choisissent . Ils commencent ainsi par s’approprier la structure et surtout l’idée du poème .

Nous étudions le texte sur l’image de la fresque de Fernand Leger ensuite , avec un PowerPoint où chaque élément est classé suivant le modèle de métaphore utilisé par Eluard ( ma collegue en parlerait certainement bien mieux que moi ) , des éléments sur lesquels il écrit le nom « Liberté » :

  • élément concret , exemple : « sur mes cahiers d’écoliers », 
  • élément possible mais difficilement réalisable , ex. « sur les ailes des oiseaux » , 
  • élément impossible , ex. « sur les sueurs de l’orage »

Le programme original comprend tous les éléments du texte mais il est sur le pc de la salle de français et je n’y ai pas accès chez moi lors de la rédaction de cet article … Mais vous pouvez vous imaginer la même chose, on déplace les éléments avec les élèves et on recollorie les cases.

La deuxième séance consiste en un rappel du chant et une écoute de la voix d’Eluard en décrivant son enregistrement et les indices qui nous permettent de confirmer ou déduire l’époque d’enregistrement ( bruit blanc, parasitage sonore, fréquence aiguë de la voix, appel dans la diction à l’espoir et l’engagement etc.) , de le situer en 1942 et ainsi d’amorcer le débat qui suivra.

Puis nous en faisons un montage avec une application multicam « Vidibox ». Le montage est d’abord dans l’ordre du texte, puis nous faisons un autre montage déstructuré où les libertés de chacun se mélangent visuellement et acoustiquement, les phrases sont entendues simultanément ou dans des ordres recomposés.

Nous passons après au débat coopératif avec le thème de la liberté. Très vite, chacun s’exprime sur ses libertés et nous les recensons toutes. Nous avons recueillis toutes sortes de libertés des élèves , cela allait de « je suis libre de porter les vêtements que je veux » à « je suis libre de croire en ce que je veux » etc. Chaque eleve s’exprime , s’il y en a qui ne « savent » pas, d’autres leurs proposent des idées acceptées ou non. Puis, comme à chaque fois où nous chronométrons les activités , nous fixons le texte définitif du recueil de leurs propositions.

Après une écoute d’un worksong, nous nous rendons compte de sa dimension sociale, de son origine, de sa fonction ( toujours par le débat , détail amusant , parmi les exemples de worksong que les élèves connaissaient et qu ils ont pu comparer à celui proposé en cours, la chanson des sept nains du dessin animé de Disney « Blanche-Neige » « hey ho, hey ho » est chaque fois revenue)  et des procédés musicaux utilisés . Pour manifester l’aspect responsorial, nous enjoignons après une relecture parlée mais a tempo du texte de leurs libertés, un élève qui pourrait faire passer ce message à toute la classe.

Nous nous mettons en situation, comme si nous étions des travailleurs esclaves ou prisonniers et nous marchons pour marquer le tempo, alors qu’une eleve improvise une mélodie reprise par le groupe sur chaque phrase de leurs textes. Une forme de musicalité et d’engagement apparaît . C’était un moment très fort du cours, nous étions tous émus et motivés de chanter nos libertés . Ces deux worksongs de classe ont été enregistrés .

Nous écoutons ensuite Grand Corps Malade « Je suis Charlie » et nous en analysons la structure et le figuralisme musical. Nous pouvons dessiner dans le vide en une sorte de solmisation picturale abstraite les hauteurs et nuances, comme une calligraphie invisible dont le mouvement symbolise le son.

Vient un travail par ilots de creation mais vite destiné à devenir individuel. La consigne est de réaliser au début 4 vers d’une strophe sur la liberté puis au moins 10 par élève. Les rappels de rimes , de structure strophique aident la création. 

Les exemples des élèves sont aussi en salle de cours et nous n’avons pas encore terminé tous les calligrammes à l’heure de la rédaction de l’article.

Ils en realisent ensuite des calligrammes en fixant ce que nous avons initiés par notre travail sur le slam précédent . La forme du texte symbolise le fond. L’application utilisée est Typedrawing mais on en a l’équivalent avec Festisite en ligne ( merci beaucoup à la formidable Nathalie Bécoulet ! )

Il nous reste deux séances , nous leur avons demandé ce qu’ils comptaient faire de leurs slams une fois achevés et nous avons décidé ( en les orientant un peu il est vrai…) d’en chanter quelques-uns à des personnes pour qui la liberté avait une raison d’être importante, qui en ont peut-être d’autres définitions et d’autres vécus , pour qui la conscience des libertés est importante chez autrui et en particulier les jeunes générations , des gens qui ont besoin d’entendre des idées de liberté : les résidents de la maison de retraite de notre ville.

Ce sera l’aspect sommatif de notre évaluation , un concert slam, que nous allons essayer d’organiser en café-slam.

Même dessin que le calligramme du dessus mais chaque élément sonore est découpé. Le résultat est une création contemporaine ayant pour support le slam de chaque élève. La liberté de l’œuvre libre , une mise en abîme de la liberté en quelque sorte.

Un autre aspect que nous allons traiter est l’enregistrement de nos slams et leurs déstructuration pour inventer un calligrammophone ( l’idée traînait depuis la carte des transformations et elle s’est finalement transformée en ça : ) , c’est à dire un mixage sonore en creation contemporaine d’une déstructuration du son en forme de calligramme sur le plan du déroulement temporel . Je vais baptiser cet outil l' »audiographe » ( parce que calligrammophone, c’est moins heureux ) en référence au mixage des deux matieres , avec les racines latine et grecque mélangées comme le français et la musique se mélangent. 

Pour l’instant, le constat est le même qu’avec le travail sur l’audiobiographie : tous les élèves travaillent. Est ce que c’est parce que les élèves sont très sympathiques ? Parce que notre habitude de travail avec ma collegue est maintenant confortable ? Parce que notre travail est original par rapport à ce que nous avons pu proposer par le passé, varié dans les supports , façons et types d’activités , accès sur les créations et le projet ? Parce que l’interdisciplinarité et le mélange des pédagogies est propice à l’épanouissement de chacun ? Parce que notre attitude bienveillante et attentive ( on essaie le plus possible en tout cas ) , renforcée par le temps de différenciation que permet l’utilisation d’une pedagogie inversée favorise et encourage la créativité et la sortie de la zone de confort ( ou d’inconfort) traditionnelle de chacun ? Je n’ai pas de réponses toutes faites ni de vérité absolue, mais j’aime à croire qu’il y a un mélange de toutes ces données réunies car ce que je constate est par contre sans ambiguïté.

Les biowords

Dès que j’ai vu l’utilisation (ici) qu’en faisait la formidablement créative Marie Soulié (professeur de français à Orthez) , je me suis vite dépêché de l’imiter pour l’éducation musicale.

J’utilise souvent les wordclouds afin de résumer un texte, une impression d’écoute, de synthétiser des éléments de vocabulaire. Avec cet enrichissement de la photo, que j’utilise d’une autre manière avec mon amie/collègue prof de français V. Pergola en tant que support transfert calligramme / mixage dans une séquence sur le slam / poésie engagée, Ci7utc_WYAAcwkbj’y vois un moyen supplémentaire de retenir des éléments biographiques souvent difficilement digestes et pourtant nécessaires à toute réflexion ou observation chronologique, ou les réutiliser comme j’utilisais les wordcloud avant.

L’appli Ipad utilisée est wordfoto, il faudra guetter patiemment les occasions de gratuité de l’application comme il y en a souvent, sinon on peut sur PC avoir des effets équivalents avec Tagxedo, Wordle, ou Word-Mosaic de Imagechef.

En les faisant moi-même, j’ai constaté un potentiel de réactivation fort. Je suis séduit par l’analogie image-mots et par le nombre délibérément incalculable de notions pourtant indissociables du tout. Ces deux stimuli simultanés et tout à fait associés vont dans le sens d’une perception globale de l’objet d’étude, je pense tester avec les élèves en tant que créateurs bientôt. Je crois qu’il y aurait matière à repenser les frises chronologiques ou thématiques de cette manière mais c’est encore flou dans mon esprit, je pense à des vidéos de parcours de mots/dates/évènements, des BD de mots ou des trajets de mots/notions. Pour l’heure, voilà quelques essais personnels :

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L’empire des sons

 Après quelques semaines de test, voilà un descriptif d’activité. Prévue pour une demi-heure par cours, elle s’est parfois étendue un peu davantage car certaines classes ont bien aimé.

Résumé de l’activité : des clans / ilôts doivent se déplacer sur un terrain large/ gymnase au son d’un general / eleve avec instrument, avec la dimension d’une carte connectée où le départ et l’arrivée des clans est chaque fois spécifiée.

Le choix de l’instrument est laissé libre par l’îlot, de même que le codage , mais une activité préparatoire introduit la mise en situation.
 

une classe en action
 
Préparation : 

Première séance : débat cours en coopératif autour de la communication / transmission ; puis point de réflection orienté par l’acte musical : si action, nécessité de la rapidité dans la transmission, voire synchronicité de la pensée musicale. J’apporte quelques exemples au cas où l’analogie avec les signaux sportifs ( rugby, basket, hand etc.) ne sont pas issus de l’expérience des élèves.

Avec mailloche et djembé , la classe invente un codage simple pour les mouvements : un pas en avant, un pas en arrière , tourner à droite , à gauche . Je fais le son, les élèves prennent de l’espace dans la classe et se déplacent en fonction du signal.

Quelques élèves volontaires prennent ma place.

Deuxième séance : on reprend le codage mais je cède ma place très vite. On passe à la nécessité de la complexité du rythme par des enchaînements de codage : un pas en avant, tourner à droite, un pas en avant etc.

On invente des signaux en fonction des classes qui peuvent accélérer la compréhension ( qui parfois ont correspondu avec ceux que j’avais prévus : « comment ? » « Oui » « Non »  » lent » « rapide » ). J’ai interdit l’invention du signal  » va directement au point d’arrivée  » …

 

exemple de carte eleve
 
Puis par ilôts par affinités , un eleve par groupe dirige 4 ou 5 de ses camarades pour s’asseoir sur leurs chaises à partir d’une position debout dans la salle au hasard. Chaque fois qu’un eleve retrouve sa chaise, il s’arrête , les autres continuant. À chaque obstacle ( pupitre, pied micro, synthé etc) , l’élève s’arrête et se fige jusqu’à retrouver un ordre de mouvement possible. Quelques fous rires ont ponctué les activités !
Mise en situation : 

Au début du cours, les ilots sont formés . Les élèves se répartissent les rôles suivants :

  • Général ( code les mouvements par signal sonore, ne peut parler, est loin de son ilot et statique, vérifient le respect des règles des ninjas )
  • Décrypteur ( décode les signaux et se porte garant du signal émis par le general)
  • Sentinelle ( veille à ce que l’ordre soit possible en fonction du terrain et des obstacles éventuels)
  • Officier des communications ( veille à ce que le groupe soit coordonné et ne s’éparpille pas dans tous les sens. Garant de la rapidité )
  • Ninja ( A le droit deux fois de quitter le clan pour aller voir le général, afin d’aider son clan s’il se trompe complètement . Les autres généraux peuvent surveiller si les ninjas demandent bien une aide et non pas le point d’arrivée).

 

ilots ludifies roles
 
Les ilots choisissent leur instrument ( tout est permis, même la voix et dans ce cas là on ne doit pas prononcer de mots bien sur , des signaux sonores avec hauteurs, volumes , timbres différents etc.) et leurs codages. Cela prend bien 10 mn environ, l’activité est chronométrée.

J’ai la chance de pouvoir bénéficier d’un espace vert de grande taille juste devant ma salle. Je n’ai fait cette activité que quand le soleil le permettait, ce qui est arrivé par chance assez souvent ( mais pas toujours, alors nous sommes parfois passé à d’autres activités du cours qui étaient les enregistrements des différentes acoustiques avec un même son , en fonction des tailles, matériaux et revêtements des salles, car la séquence porte sur la musique et les lieux ).

Dans cet espace, les généraux qui donnent les ordres sont disposés avec les instruments de leurs choix sur une petite terrasse ( afin de ne pas abîmer les instruments ).

Chaque general dispose d’une carte sur l’iPad , d’abord non connectée aux autres puis dans un second temps reliée ( chaque general doit avancer son pion en fonction de son groupe et voit donc les mouvements des autres . Application virtual tabletop 3D , la même que dans l’activité des tambours et des pirates pour 6emes décrite dans un article antérieur ).

  
Les obstacles sont donc sur la carte et le trajet se retrouve complexifié. 

L’intégration d’un signal sonore codifié, la creation d’un alphabet musical, l’interprétation et le jeu d’un signal sonore en fonction de l’espace, la communication sonore et les gestes se relient sans peine à des propriétés de jeu collectif et individuel, d’attention, de simultanéité, de creation contemporaine , de mise en mouvement collective et d’une forme de performance d’un jeu de scène mixte.

L’aspect guerrier n’étant bien sûr qu’un habillage puisqu’il n’y a pas de confrontation , tous les généraux faisant partie de la même armée impériale dans le détour ludifié. Les injonctions à obéir n’ont aucun sens oppressant puisque naturellement c’est par la rapidité et le volume que les généraux manifestent leurs approbations ( ou désapprobations ! ) donc encore là le domaine de l’interprétation musicale.

J’ai , à la préparation , pensé à utiliser les applications Smartfaust mais je préfère les réserver à un autre usage. Elles peuvent faire sens cependant avec un matériel amplifié puissant et mobile.

Il ne nous reste qu’à aller dans le gymnase pour terminer l’activité et profiter du marquage au sol des terrains différents afin de correspondre plus facilement à la carte virtuelle.

Activités autour de la forme d’un son (suite)

La deuxième activité est davantage tournée vers la forme de l’objet.

De préférence en 3 dimensions, l’objet de base est placé au centre de la classe. C’est un cube , un tétraèdre etc., en carton par exemple.

J’amène des plans en cartons prédécoupés faciles à assembler ou on le fait en classe (problème de temps et consignes de sécurité à respecter font que la préparation peut prendre un temps certain… Mais avec l’aspect papier colle et des photocopies, peut-être serait-ce plus facile au départ ? Je n’en sais rien, je vais me lancer je pense quand même dans l’aspect carton/gros objet plus agréable à manipuler presque tout prêt).

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  1. une fois l’objet placé, on divise la classe en îlots (à déterminer encore). Chaque groupe construit ou assemble une forme.
  2. Chaque objet possède une mélodie et des paramètres sonores en fonction de sa forme. Pourquoi pas associés comme suit :

 

  • hauteur de l’objet : hauteur sonore
  • profondeur, volume : volume sonore
  • forme : mélodie aléatoire, on peut commencer d’où on veut et aller où on veut à condition d’en faire le tour
  • matière, sensation tactile : bruit, intention, distorsion, bref la forme de fréquence
  • couleur : pourquoi pas le timbre ?
  • largeur : durée d’un son dans la parcours de la forme
  1. on crée et on s’enregistre sur le son de chaque objet
  2. on les place au centre à côté ou au dessus/dessous de la « base » centrale
  3. on obtient un nouvel objet complexe. L’espace qui sépare les deux objets est un silence, s’ils sont collés, il ne deviennent plus qu’un seul objet lié.
  4. chaque groupe/élève et/ou la classe entière recrée une nouvelle mélodie/son
  5. on répète le procédé plusieurs fois
  6. on crée la même démarche pour un objet réel, puis pour un ensemble d’objet réel

On peut donc obtenir le son de la forme d’une batterie, d’une guitare, d’un arrosoir.

Cette activité d’assemblage d’objets peut aussi donner lieu à des calligrammes musicaux où les mots sont la forme de l’objet sonore, on peut lier facilement cette activité avec la peinture sonore et encore plus facilement avec la sculpture sonore. On peut y faire intervenir les instruments acoustiques et numériques très facilement ainsi que la voix (et créer des musiques mixtes aisément ainsi). A lier avec une application de sculpture sur tablette ou avec une vraie sculpture des élèves cela peut-être un travail agréable avec le prof d’arts pla ?

Voilà pourquoi dans l’article précédent je citais Anish Kapoor et Maria Montessori, cette activité me fait penser aux merveilles de ces deux génies.

Il serait amusant peut-être de travailler avec le spectre musical des pièces et l’écholocation aussi afin de redessiner après l’environnement sonore ou d’entendre d’autres sons de formes avec des paramètres plus objectifs, mais le matériel pour cela est assez cher, enfin d’après mes maigres recherches sur le web. C’est quand même une idée qui me tarode. Ainsi que celle de mettre des ebeacons (balises bluetooth) dans les objets afin de mêler à cette activité le lieu autour de l’objet dans les paramètres du son de l’objet, le contextualiser artistiquement. A voir plus tard peut-être, je vais déjà faire ce travail là.

Les buts poursuivis sont exactement les mêmes que dans l’article précédent.