Ludovia 2017 Nouvelle Aquitaine

Penser l’activité avec l’empreinte du numérique

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Le monde numérique

A l’heure des applications, des clouds, du design thinking, des détournements des usages des réseaux sociaux, des blockchains, de l’AVAN ou BYOD, des BIG DATA prédictives, des IoT, nous pensons notre pédagogie souvent par l’objet numérique.

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Nous vivons dans un monde numérique, l’environnement est dans la machine et hors de la machine.

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La question de la place de l’homme dans cet environnement, se pose ici et maintenant. Tout d’abord parce qu’elle fait nécessité face aux injonctions claires ou induites par la diffusion des objets, programmes ou autres, mais aussi parce qu’elle détermine un avenir immédiat de société, où une non-expertise de ces domaines ne garantit pas une place sur le marché du travail.

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Cependant, la question de la fin de ce monde est inhérente à sa nature et de grands penseurs nous poussent à investir ce champ de réflexion, je pense à Alexandre Monnin ou Stephane Vial en particulier. D’ici 2040, nous ne produirons plus de phosphates. D’ici 2050 les réserves de métaux se tariront. D’ici la fin de ce siècle, notre anthropocene aura vécu un changement climatique d’une rapidité sans précédent, la Coop21 de 2015 en rappel.

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Sans entrer dans un inutile futurisme, il n’est pas possible de penser de tels enjeux en pédagogie en éducation musicale sans décrypter ou penser nos agissements dans ce monde. Je crois qu’il nous faut poser des bases de transmission d’une forme de culture en conformité avec nos habitudes encore très inconscientes, habitudes issues de ce monde numérique.
On peut penser l’ère industrielle en départ de cette nouvelle modalité de comportement, de cette nouvelle ère humaine, il m’apparait pertinent de parler de rupture de cette ère avec la fin de la seconde guerre mondiale. En voici quelques raisons majeures : une idéologie dominante de libre échange économique qui va réduire davantage que toute colonisation, le rétrécissement de l’espace et du temps; un déploiement des infra-structures dans chaque aspect de la vie quotidienne qui va peu à peu tarir et remplacer, sans aller aussi loin que Bourdieu, l’hyper structure des nations; une reconstruction du monde à l’image de et par l’image de cette émergence des diversités dans une agrégation; une perte des repères locaux et une profusion de repères lointains; une exploitation des ressources premières très accélérée.

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De la même façon qu’Eva Illouz, citée par Monnin, l’observe pour les relations amoureuses, notre comportement a changé, imperceptiblement. Nous avons glissé sur une accélération qui comme chaque fois, nous échappe et nous grise. A l’image du clip de Carmen de Stromae, nous (je ne m’extrais pas) sommes dans un flow autotélique pensant le monde parfois avec quelques années de décalage, sans dire quelques siècles.

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Peu à peu, je me suis tourné vers l’importance de penser les comportements des élèves avec ce prisme du numérique en privilégiant l’activité en cours et donc, la place centrale de l’élève. Je suis issu d’un enseignement académique très traditionnel, que j’ai tenté de reproduire en me heurtant à des difficultés que j’attribuais à d’autres et à une pseudo nature humaine. C’était sans compter mon propre cheminement. Tous ces travaux ont été éprouvé en situation mais cela ne garantit pas leur efficacité, cela garantit leur vie, leur animation, leur modification, parfois leur abandon. Avant d’aller plus loin, tout ce travail est la manifestation d’une pensée collective au sein du groupe #edmus sur internet, dans nos rencontres #edmusconnect, affiliés à notre association disciplinaire l’ @APEMu, et de notre propension à nous émuler les uns les autres. Aucune idée n’aurait pu naître sans les échanges, les aides, les apports, les contestations de chacun. Je ne pense pas en fait qu’il existe d’El Dorado pédagogique hors de la propre relation qu’un enseignant participe de créer avec ses élèves. Je pense par contre que de nos comportements dans ce monde numérique et de la façon dont nous concevons celui-ci dépendent la facilité de transmission de ce qui constitue une culture, et qu’au centre de cette place qui ressemble aujourd’hui davantage à Picadilly Circus qu’à une agora antique, il y a l’humain.

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Dans cet ordre de pensée, je propose trois entrées : des outils abstraits comme des démarches d’organisations, des outils concrets comme des outils d’évaluations, des séquences tournées autour d’une problématique.

Outils abstraits, organisations :

  • Les îlots ludifiés et permutés. Si Freinet nous parle des métiers des élèves, c’est qu’il a développé tout un contexte dans sa démarche. Loin de moi l’idée de me sortir des épaules de ce géant pour le regarder en face. Par contre, son idée d’infrastructure de responsabilité permet une fluidification , une simulation, qui présente l’intérêt d’aborder des connaissances de façon tout de suite pratiques, concrètes sans renoncer à les expliciter. Si on regarde les groupes de héros de ces dernières décennies, on a non plus une extrapolation familiale de l’individu mais une auto-organisation coopérative. C’est l’idée précisément des sites de curation et des réseaux sociaux, qui aujourd’hui se déclinent en fonction de ce que l’individu fait et est témoin. Plus on en sait sur l’individu et plus on est en capacité de le choisir. Il suffit de regarder comment procèdent les anciens speed-dating ou les sites de rencontre. L’image dans son obscénité définit non plus l’être comme peut aussi le critiquer Mazarine Pingeot dans son ouvrage sur la transparence, mais l’image reflète une confusion entre une nature et un savoir-faire. L’expression de soi dans une contenance de comportements à travers des fiches m’apparait un retour de ce point vers une place centrale de l’individu. Explication des deux principes.
  • Intersubjectivité : à l’heure des algorithmes de traduction, à l’heure des liens, des hyper liens, des interactions dans les IoT, comment nous interagissons ? Depuis Socrate et ses tamis dans la conversation, comment échangeons nous les idées ? Et surtout comment cette idée se manifeste à nous ? Il apparait qu’une page renvoie toujours à une autre, que les compréhensions des choses s’arrêtent toujours à la non vérification, et que des méthodes mêmes de connexions entre les idées concourent finement à la manipulation des esprits comme peut l’expliciter Nicolas Le Lhuerne. L’intersubjectivité se veut être un algorithme relationnel qui permet de cerner dans le débat des directions d’approche d’une idée et une compréhension mieux définie de ce que chacun peut apporter à cette idée. Si je vous évoque un « gâteau » et que vous vous arrêtez sur ce mot … Il y a beaucoup de chance que chacun puisse en imaginer, en savourer, en sentir un différent, voire plusieurs. L’intersubjectivité répond à cette profusion d’analogies dans un débat centré sur la critique musicale. Explication du système.
  • Hashtags émotionnels : les réseaux sociaux ont imposé un hyper référencement. À l’instar des moteurs de recherche, on créé sa propre information ou on la référence pour soi, en la proposant aux autres connectés. Le flot d’informations à la fois dilue et garde en mémoire presque éternellement accessible une information parfois elle-même référence d’une autre référence. Vient rapidement le règne de la méta information, c’est à dire de la connotation et non du signifié, avec le risque évident du remplacement total de l’un par l’autre, et de l’oubli de la racine émotionnelle de l’idée par le récepteur : il suffit de penser à nos attentes affectives, à l’impact du phénomène de trolling, à nos addictions et à nos propres tensions de reconnaissance qui s’affolent où se perdent face à l’écran. Adoptant le postulat qu’une élaboration conceptuelle prend racine dans l’émotion et que savoir écouter crée un espace actif en nous, je propose une direction émotionnelle et affective au langage, qui a pour but de laisser la parole libre, de favoriser l’écoute et d’essayer de couper l’impact de ces pulsions. Explication.
  • La roue des émotions : un des problèmes du référencement des musiques ou d’autres formes de pensées est ce qu’induit ce propre référencement. Toute classification s’appuie sur un cadre donné qui oriente forcément le choix. C’est une technique de vente après avoir été un réflexe scientifique. Ce cadre extrinsèque à l’objet classé vient imposer un point de vue qui en détruit d’autres. Comme l’appellation de musique classique alors qu’on parle de Wagner ou Monteverdi, le référencement est souvent faux par nature. Mais la profusion d’informations et les réflexes de rapidité dus à cette profusion font qu’aujourd’hui on ne se consacre qu’à ce que l’on connaît et non à considérer l’affinage des formes, des compréhensions, des considérations, des goûts. L’algorithme prédétermine, une simple recherche sur youtube ou google en atteste, les choix majoritaires de nos habitudes qui se confondent avec celles des autres internautes, et les datas prédictives accentuent ce phénomène de dépossession de notre faculté à faire des liens. La roue des émotions part de ce principe de comportement pour revenir à un lien intérieur, elle est liée à une démarche de type questionnaire proustien et se veut une exploration de sa propre analyse sonore. Explication

Outils concrets, infrastructures :

Dans une seconde partie, ces outils pouvant se manifester concrètement et ayant besoin d’un support avant de devenir un réflexe, contrairement aux outils précédents, il conviendra d’accepter un double temps d’adaptation à la forme et au fond des créations suivantes :

  • L’alphabet d’engendrement symbolique : notre rapport à l’image est permanent, total. L’image qui déclenche, l’icône, est multiple. Elle ne renvoie à l’instar d’un monde de Lewis Carroll ou surgit d’un palais des glaces inquiétant, qu’à d’autres symboles qui se perdent dans des structures géantes qui ne nourrissent qu’elles-mêmes : qui ne surfe pas pendant des heures de pages en pages, de dialogues en dialogues, sans en avoir retiré qu’une brumeuse impression de résistance à la mémorisation ? Tout alphabet n’existe que parce qu’il est partagé, c’est donc un travail sur le long terme. Le procédé sémiotique est aujourd’hui quasi instantané : c’est à dire que pour passer de la tête de vache à la lettre A des milliers d’années ont été nécessaires. Aujourd’hui, l’interaction entre l’observation et la transformation en symbole ne prend que quelques secondes. Autant dire que le temps de réflexion est inexistant. Profitant de ce temps aboli, je propose un retour vers la pratique avec une compréhension immédiate et une pratique lente, cet alphabet engendrant par apposition ou juxtaposition des symboles métaphoriques, construits sur une figure destinée à les transposer en 3 dimensions et en gestes ou mouvements. Explication
  • Les logos et Retour à l’écrit : dans la même logique, les logos peuvent exprimer des concepts autant que des pratiques. Ils peuvent comme les logos de produits, les sketchnotes, ou des imageries mnémotechniques à l’instar de la main guidonienne ou l’homme de Vitruve, par leurs formes remémorer le fond de la transmission. À l’inverse, l’image propose une compréhension immédiate comme les structures ou les partitions géométriques, il n’y a plus de recul mais le temps long est déplacé sur l’aspect de pratique, l’intégration se faisant en activité, démarche que nous pouvons retrouver dans un enseignement solfégique par ailleurs. Explication
  • Le sphérier : penser la perfection du rendu n’existe pas en tant qu’usager mais en tant qu’ingénieur. Paradoxalement, cette perfection n’existe que ponctuellement et contextuellement, on peut donc dire qu’un travail parfait n’existe qu’à un moment. Hors le procédé symbolique est tellement chargé d’une puissance de mémorisation qu’il contredit peut-être la nature même du travail scolaire. Il se trouve aussi que les connexions entre les champs de compétences sont clairs (et ce depuis particulièrement 2008 en éducation musicale) : mieux on écoute mieux on pratique, mieux on apprend mieux on comprend ce qu’on écoute, plus on écoute plus on aime et on aime découvrir etc. La multitude des approches de compréhension de Gardner me semble pertinente mais dangereuse appliquée à une considération de l’individu ainsi que prototypique. Par contre, déplacée sur l’interface de compréhension, elle peut relever d’une pertinence dans un choix de diversité pour l’élève. Dès lors le sphérier prend une place dans l’autoévaluation de l’élève : il ne cerne non pas prioritairement la perfection du travail mais le moyen par lequel on y arrive. Tous les élèves accomplissent le travail mais l’autonomie recherchée diffère selon les choix de l’élève. Le rôle de l’enseignant étant donc de proposer le plus possible d’outils pour arriver à la compréhension en visant explicitement l’autonomie la plus totale, c’est à dire la démarche de créativité. Par exemple, pour obtenir une image d’une Porsche ou d’une Mazzerati, je peux : attendre que le prof la propose (attendre que les autres le fassent à ma place), la chercher sur internet (trouver la bonne source), la prendre en photo (me déplacer moi-même), la dessiner sur un logiciel (la concevoir), la dessiner avec un crayon (décider du support en m’appropriant une technique) ou en inventer une moi-même dans le style (devenir Designer). Je peux être performant ou en cours de performance quelques niveaux que ce soit, tout en essayant plusieurs formes d’outils pour y arriver. Ce système a été testé sur 3 ans avec des comparatifs classes avec sphérier et cours adapté, classes avec cours adapté et classes sans. Mes observations vont-pur l’instant dans le sens d’une plus grande créativité de la part des élèves. Le spherier est aussi un plan de travail en soi. Explication
    Séquences, environnements

Enfin, ces systèmes nécessitent des séquences, comme la complexité d’un environnement informatique, un espace clos de simulation ou un operating system qui garantissent exactement comme peuvent le faire des structures de cours traditionnelles, des espaces contenants pour l’élève. Ces séquences sont ludifées ou non, elles présentent aussi cette alliance entre fond et forme.

Des activités en ludification autres seront proposées aussi au Clicx, le congrès de la classe inversée, pendant Ludovia.

Lien vers le Clicx

 

  • Le resto des punchlines
  • L’audiobiographie
  • Carmen/ Almas de Barcelona
  • Poésie je slame ton nom
  • Un océan d’étoiles

Ouvertures, fenêtres

La classe inversée me paraît être pour l’instant une forme de transmission adaptée à ma démarche. Je la pense en renversement impermanent, elle peut sembler efficace sur certains points par la facilité qu’elle a de favoriser les projets et peut aussi s’allier avec une forme plus explicite d’enseignement. En éducation musicale, nous alternons souvent pratique collective et individuelle, l’une se nourrissant de l’autre. Le procédé d’ilots renvoyant à la différenciation qu’on peut attendre d’un groupe de rock ou d’un quatuor à cordes, le chant choral, la relaxation ou les ensembles instrumentaux renvoyant eux vers le jeu ensemble.
Il me semble cohérent d’envisager notre programme disciplinaire en relation avec les comportements actuels issus du monde numérique. Espérant réduire l’usage du numérique à sa stricte utilité, j’envisage ces infrastructures non en environnement mais en objets complexes, afin de replacer l’humain au cœur de l’activité. À l’image de certaines villes africaines qui ont créé un internet sans web ( par les réseaux téléphoniques, la rencontre humaine et une source d’information numérisée ), à l’image du travail de Carole Lipsyc sur le récit des trois espaces, il s’agira dans un futur proche de sortir, dans une forclosion annoncée, du monde numérique tout en ayant acquis une réflexion sur notre façon de nous y animer.

On peut envisager peut-être, en évitant un futur à la George Miller ou à la K. Dick, un rôle du vivant plus affiné, une écologie bionumérique, une ingénierie de l’usage ou imaginer poursuivre le rêve de l’énergie verte en espérant sa renouvelabilité totale et perpétuer avec les évolutions technologiques, le rêve et la prudence de Jules Verne.

Petit questionnaire 2016 de survie du prof d’edmus

Ce petit questionnaire de témoignages a été proposé à quelques collègues en edmus dans un but bien précis : déculpabiliser chacun sur ses pratiques afin que chacun puisse y trouver matière à réflexion, matière à davantage de recul sur son propre métier, afin que chacun puisse trouver sa place, se situer et ainsi entamer s’il y a lieu, un mouvement interne d’amélioration , un mouvement autonome et personnel, relatif à sa propre conception et à rien d’autre.

J’ai souhaité le proposer confidentiellement à des gens que je connais et en qui j’ai confiance, pour que sa diffusion ne soit pas freinée par un risque d’apriori sur son but et en contrôler l’anonymat que confère son désordre dans les réponses.

Il y a bien sur dans cette démarche une portée potentiellement collective, car peut-être que des lecteurs tiers vont lire et même identifier leurs propres pratiques. De cela je ne peux me porter responsable. Par contre, je fais le pari qu’à la lecture d’autres comportements, un éventail de « possibles » peut s’ouvrir, qui peut par choc ou résonance provoquer des aides, que chacun finalement porte en soi par rétroaction.

Il m’apparaît que la citation en désordre des réponses protègera mes collègues et amis, afin d’éviter toute récupération malveillante. Vous ne serez pas en mesure d’identifier qui a répondu quoi. La date de 2016 paraît anodine et pourtant, chacun étant libre de changer , j’espère en cette impermanence qui peut aussi rassurer d’une façon réaliste.

Je propose une lecture sans jugement, il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » réponses ici, il y a ce que j’espère être des attitudes quotidiennes ressenties à travers les prismes personnels de chacun. Ce questionnaire est né de l’empathie rencontrée suite à des déceptions, des découragements, des frustrations de collègues ou de moi. Je pars du principe, comme d’habitude, que chaque prof souhaite le meilleur pour ses élèves et que chacun ressente parfois ou souvent des déceptions. Alors au lieu de subir comme Sisyphe ou trembler comme Damoclès , j’espère apporter une main tendue d’un pair, ni pire ni meilleur par ce jeu de miroir.

Je remercie donc Gaëlle Chaillou, Gaëlle Revidat, Sandrine E., Sandrine Evra, Laurence Poirot, Béatrice Laurier, FlaVie, Laurent Huault, Cathie, Damien M., Nicolas le Cunff, Nancy, Davidlemusico, Audrey, Valérie, Joëlle, Véro et Vincent Busselier. J’ai aussi répondu comme chacun.

 

questionnaire-2016-de-survie-du-prof-dedmus-google-forms

 

 

Mindmap Histoires

Cet outil-fiche est fait pour mettre en relief des évènements ayant coexisté ou qui ont inspiré d’autres évènements, avec un recul global. La mise en évidence d’une reconstruction et d’une visite permanente d’évènements avec prise en compte du contexte m’apparaissait intéressante et peut-être plus adaptée à l’edmus que les frises chronologiques, qui, si on les précise trop, deviennent vite illisibles.

Je n’ai choisi que quelques aspects chaque fois, dans un but de clarté, tout à fait arbitrairement. C’est un mélange de frises chronologiques, mindmaps, comparaisons, j’ai envie d’appeler cet outil la « chronomap ». Je crois que je nomme mes outils par jeu, et aussi pour que les élèves soient conscients qu’un  outil est créé par quelqu’un d’aussi banal que le prof de musique que je suis, dans le principe même que chacun puisse créer, puisque c’est un des axes principaux de ce que je suis censé faire passer.

Tout cela pour dire que si quelqu’un me lit et semble intéressé par ce système, il peut l’appeler comme il le souhaite bien sur.

histoire du hiphop cc

Hip Hop

histoire du rock cc

Jazz

histoire jazz cc

Rock

histoire de la techno cc

Techno

 

Un jeu plateau / rôles en îlots autour de l’orchestre

  • 30 minutes X 2
  • Classe entière en îlots de 4 ou 5
  • Reconstituer l’orchestre en connaissant les familles et les sous-familles des instruments les plus usuels
  • L’orchestre et les timbres différents
  • Maths (déplacements et construction de grilles) / Français (rédaction d’indices) / et de manière indirecte Techno (modélisation d’un plan et outils numériques) / EPS et HG (parcours sur un terrain/lecture d’une carte)
  • outils : support de présentation (padlet ici), thinglink avec banque de son (site universal soundbank : sons libres et gratuits), 3 écrans (ou 2 écrans dont une projection murale et 1 feuille), fiches papiers, fiches couleurs cartonnées plastifiées, logiciel d’édition vidéo pour énoncé.

enonce

cliquer ici pour voir l’Enoncé vidéo

Un vol bien orchestré

J’ai testé ce jeu que j’ai créé en mélangeant des règles d’autres jeux , avec plusieurs méthodes d’introduction des règles. Pour la première classe, j’ai présenté les règles à toute la classe aidé du vidéoprojecteur frontalement. Pour la deuxième classe, j’ai montré d’abord l’énoncé puis j’ai expliqué les règles de base et pendant le jeu j’ai spécifié des points aux ambassadeurs (voir article slam médiéval) qui se chargeaient de les réexpliquer à leurs groupes respectifs. Pour la troisième classe, j’ai montré l’énoncé et expliqué les règles en fonction des rôles distribués, chacun expliquant aux autres.

L’acquisition des règles la plus rapide a été dans la première classe mais tous ne se sont pas sentis impliqués de la même façon. La deuxième solution est un peu particulière puisque nous étions en situation d’observation par des tiers, je peux conclure que les règles ont été comprises moins rapidement mais par un ensemble plus large. La troisième situation a été encore plus longue en démarrage mais l’implication a été très grande de tous. Je n’arrête pas de conclusion mais cela peut être une piste pour la prochaine fois car beaucoup d’autres paramètres m’échappent surement.

La feuille d’aventure

feuille d'aventure

 

Modelée avec le principe des rôles en îlots, elle comprend une trace des indices, des coordonnées et des familles instrumentales. Elle ajoute les aspects des rôles avec des pouvoirs afin de se rapprocher d’un jeu de rôle plus complet. Elle est distribuée par groupes pour le jeu puis au final en individuel. Personnellement je place toutes les productions des élèves sur support numérique maintenant.

Les règles du jeu

regles

Distribuées dès le départ soit à l’ambassadeur du groupe soit en individuel (mais à la fin du jeu en individuel de toutes façons). Elles servent tant qu’au travail coopératif qu’à la possible réutilisation à la maison et/ou à la recréation de son propre jeu (j ‘ai envie de leur faire créer leur propre jeu plus tard mais je n’ai jamais essayé encore).

Les participants choisissent une entrée et se déplacent en équipe sur leur carte. Ils comparent la carte de déplacement avec la carte des familles d’instruments de l’orchestre et identifient (et choisissent s’il y en a plusieurs sur la même case) une couleur. L’ambassadeur tire une carte de cette couleur et va la lire à son groupe puis la repose avec les autres cartes (sur le bureau/table etc.). Chaque carte est une mini-énigme qui permet d’en savoir davantage sur la case à trouver et donc l’instrumentiste qui a volé le Stradivarius (voir énoncé).

Les règles additionnelles (rôles type « NCIS » et pouvoirs associés) sont introduits dans la 2° phase / cours, la première comportant les rôles par îlots tels que définis dans l’article sur le slam médiéval.

La carte des familles d’instruments de l’orchestre

famille d'instru plan

Affichée au tableau (en mode gelé avec vidéoprojecteur chez moi)

La table de hasard : déplacements

Inspirée des livres dont vous êtes le héros (série Loup Solitaire), cette carte remplace les dés. On pointe avec une mine en fermant les yeux un chiffre utilisé pour se déplacer du nombre de cases correspondant. Le déplacement est vertical ou horizontal.

table hasard

Les cartes

Sur support plastifié, plus faciles à lire et à utiliser que des petites cartes. C’est la première fois que je teste un tel support et tout un vaste domaine de réflexion qui lors de mes précédentes activités de cours m’était inconnu. Il y aurait surement beaucoup à redire sur mes fiches, mais je n’en suis pas à un stade suffisant à ce jour pour avoir des éléments de réflexions avancés.

Je m’intéresse par contre de plus en plus aux intelligences multiples et j’ai ainsi créé des énigmes qui font appel à plusieurs dimensions différentes dans ce domaine. Les élèves peuvent choisir leur mise en situation de réussite ou s’essayer par jeu à des exercices différents. Il y a du mime, de la reconnaissance d’instrument, de la déduction visuelle (plan , cartes à jouer), de l’identification audio d’instrument dans un ensemble, de l’induction visuelle (système des plans et dans les cartes) qui font appel à des mobilisations différentes. Cet éventail de possibilités données de façon si rapide et sans risque de mise en échec personnelle (par le jeu et la personnification : feuille d’aventure) me séduit.

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les cartes des familles (c.c. partage et échange non commerciaux)

La carte des sons

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Elle est affichée sur l’écran de l’ordinateur avec aussi les extraits audio (Prokofiev Pierre et le Loup / Mozart concerto pour clarinette / Gershwin Porgy and Bess / Saint-Saens les fossiles). les équipes peuvent y aller si elles se retrouvent devant une énigme « audio » menées par le/la journaliste de leur groupe.

le support de cours est un padlet dédié inséré dans le cours « inversé »  

pour la version élève . La version prof est la même avec les extraits et un deuxième jeu d’énigmes afin que les élèves ne s’échangent pas les informations d’une classe à l’autre si une classe trouve très rapidement (ce qui a été le cas dans une classe, même si tous les groupes arrivent à la conclusion au bout des 2 séances).

Il y a des points qui me satisfont dans cette démarche et d’autres encore à affiner. J’ai envie d’y insérer davantage d’écoute musicale et davantage d’énigmes de décodage audio, j’aimerais accélérer la mise en place de tels jeux, améliorer la lisibilité des documents, fluidifier l’autonomie des élèves, les amener à créer eux-même leurs jeux, développer l’autonomie de gestion du jeu (me remplacer totalement, même avec des PNJ = personnages non joueurs joués par les élèves) bien que le rôle de « gardien du temps » remplisse cette fonction déjà. La première fois j’ai expliqué toutes les règles mais je préfère faire le jeu en 2 phases et introduire les pouvoirs dans la 2° .

Par contre la richesse des compétences et méta compétences évaluées est importante, l’enthousiasme des élèves aussi, le fait que tous ou presque tous (suivant les classes) s’investissent est un bonheur. La rapidité de manipulation des outils d’analyses et de vocabulaire est stupéfiante.

J’ai testé aussi les groupes par affinités et les groupes mélangés. Je suis encore partagé sur ces deux principes chacun présentant des avantages que l’autre n’a pas (et donc des inconvénients), dans la coopération, le partage et l’investissement. Mais là encore, il est tôt pour moi en terme d’analyse, chaque situation (classes différentes, moments de la journée, événements inconnus de moi lors de mon cours) présentant des paramètres très complexes qui sont un véritable défi  de conscientisation dans ma discipline.

Le tout est sous license CC (reproduction échange et usage non commercial). C’est mon premier jeu pédagogique « mixte » de ce type, entre jeu de plateau et jeu de rôle mais au vu des bénéfices en cours, pas mon dernier j’espère.

 

 

TACO Un détournement de la mindmap : la Timemap

  • Temps : 10 mn d’acquisition
  • Participants : classe entière
  • Projet : improvisation chantée à partir de cellules de Cantaloup Island (H.Hancock)
  • Durée : 5 séances
  • Outils : thinglink + audacity + traitement de texte/image ou outil de création mindmap : framindmap par exemple.
  • Problématique contextuelle : le jazz
  • Matières reliées : ici c’est davantage un outil qu’une séquence, on peut imaginer l’outil avec n’importe quelle matière à l’oral du moment que les paramètres sonores sont en jeu : l’accent dans les langues, la déclamation en français-théâtre, la reconnaissance d’un bruit particulier en techno, en EPS des consignes à donner très vite en situation etc.

cantaloupmap

 

 

Le principe est simple, et d’une efficacité étonnante que je ne pouvais pas appréhender. Parfois on a quelques joies pédagogiques dans la facilité d’acquisition d’une notion. Ça fait partie pour moi des grands moments de mon métier, même si j’ai conscience que c’est ridiculement petit ou déjà fait bien mieux ailleurs. Il n’empêche, j’ai été d’abord surpris puis heureux quand toutes mes 5° ont compris et manipulé très facilement ce système.

L’activation musicale de la pratique se fait presque toujours par le son lié à une corporalité uniquement et celle de l’écoute par l’image relative au son, à quelque niveau de l’analyse que ce soit il y a toujours une mise en image. La mémorisation intervient à ces niveaux, pour le premier c’est ce que nous appelons geste musical et pour le second c’est une façon d’intégrer un événement sonore. L’image est à considérer au sens large, une partition en étant une dans ma démarche ici. Comme je pratique la classe inversée, j’ai pensé à inverser aussi ces façons de procéder, ce qui a donné naissance à cet outil.

Timemap v1.1

Il consiste en une séparation par sample du thème. La vision par mindmap permet la lecture circulaire (et donc temporelle). Les étoiles permettent une protolecture solfégique avec solmisation, gestuellement ça n’a aucun intérêt mais visuellement c’est complètement efficace associé au temps de lecture musicale et aux mots insérés.

L’élève lit les sons avec la hauteur adéquate. Sur une grille en fa, on s’entraîne ensuite avec la vision des symboles. J’ai créé une vidéo à cet effet

Vidéo Etoiles+Images

L’activation est immédiate. Totalement immédiate. C’est très surprenant. Alors est ce que c’est parce que je connais mes élèves et qu’ils me connaissent ? Est ce que eux comme moi nous commençons à avoir l’habitude d’aller vers de nouveaux horizons depuis quelques mois ? Est ce que c’est ce procédé qui est efficace ? Je n’ai pas la réponse à ces questions, mais l’effet est là, réel, rapide, simple.

Une vidéo Etoile et une vidéo Etoile+Image a tempo ralenti à 50% sont à leur disposition mais ces outils ne sont pas apparus utiles face à la combinaison timemap+vidéo. Je les publie quand même on ne sait jamais si ça donne des idées à quelqu’un.

Vidéo Etoiles

La tâche complexe est ici purement musicale. Il sera pertinent je crois de reproposer une création élève à partir du même principe avec un thème d’une chanson choisie par chaque élève. Etoile + Image + Sample + ordre choisi = improvisation élève. C’est une TACO sonore. Je remercie ici vivement @PhmLemoine qui m’a inspiré ce travail.

Vidéo Halftempo

J’ai procédé comme d’habitude pour les notions : ils inventent un mot de deux syllabes sur les deux premières notes du thème, on le chante, puis sur chaque sample de la même façon, j’ai proposé mes mots, on s’est tous assis en face de l’écran pour lire la timemap, on l’a lue ensemble, j’ai lancé la vidéo et toute la (les) classes l’ont réussie tout de suite.

La semaine prochaine, nous allons la lire dans tous les sens afin de pouvoir s’approprier les sample et de les utiliser dans une impro vocale dans un ordre et un nombre choisis par les élèves, avant de l’insérer dans une grille mesurée à la carrure fixe, avec des exercices plus traditionnels d’improvisation (groupe/élève impro/groupe etc.).

Cet article, à la différence des autres, n’est pas à proprement parler pour moi mais pour les lecteurs profs de musique qui veulent essayer une telle chose, j’apprécierai des retours das ce cas là. J’en ai déduit l’utilisation d’un outil un peu différent et un peu plus développé, c’est pourquoi cette timemap s’appelle v1.1.

Le détail de la séquence remplacera et complètera surement cet article dans 5 semaines.

Une application du travail en îlots par rôles : slam médiéval

  • Temps : 15-20 mn par séance
  • Participants : groupes dans la classe composés de 4-5 élèves
  • Projet : création d’un slam médiéval
  • Durée : environ 4 séances + 1 de performance
  • Outils : feuille+crayon ou doc en ligne -google docs ou framapad-, audacity pour l’enregistrement. Au besoin des programmes en ligne de création (incredibox, soundation, studio jam etc) ou des apps si tablettes + oreillettes/écouteurs/casques perso.
  • Problématique contextuelle : la musique profane médiévale et l’amour courtois
  • Matières reliées : français, techno, histoire très facilement, mais il sera facile de travailler avec n’importe quelle autre matière avec un peu de souplesse (anglais : XIV° / espagnol : occitanie, EPS : la jonglerie et la danse de façon à réaliser un « chef-d’oeuvre » = oeuvre augmentée par rapport à énoncé, etc. )

gardiendutemps

Le but de cet article est d’expliciter les fiches de rôles que j’ai créées tout en leur donnant une application immédiate. Les rôles d’ambassadeur et de scribe m’ont été inspirés par l’utilisation en cours qu’en fait @PhmLemoine (Philippe Lemoine), fantastique collègue d’Edmus avec qui j’ai la chance de travailler. Le système d’îlots bonifiés dont s’inspire ma démarche a été créé par Marie Rivoire dont le lien en hypertexte est sur son nom. Enfin ces fiches ont été retravaillées par @Zikmuable (Béatrice Cartron) , autre fantastique collègue d’Edmus qui a trouvé mon travail pertinent et se les est appropriées, à voir ici : http://fr.padlet.com/musibisca/Ludification

Voilà le postulat de mise en place dans la classe : les élèves se mettent par 4 ou 5 , choisissent un rôle et sont en autonomie. Les îlots sont géographiques : les chaises sont déplacées, les élèves les agencent à leur convenance. Les îlots sont créés par affinités (parce que c’est la première année que je mets ce type de travail en place, tout simplement). Je n’ai pas de table dans ma classe et j’ai de la moquette par terre : les élèves peuvent s’allonger où ils le souhaitent.

espion

Chaque rôle est choisi par le groupe puis par les élèves la première fois. Il sera évidemment pertinent par la suite de changer les dynamiques afin de s’essayer à d’autres rôles et d’autres systèmes de créations de groupe, probablement sur des temps de travail plus courts si c’est moi qui re répartis les rôles par de nouvelles propositions après des observations à long terme de ce système. Je n’en suis pas encore là.

Contexte en cours : je garde toutes les fiches, tout le temps. J’espère beaucoup dans notre futur E.N.T. pour le côté pratique de la consultation des fiches. Pour l’instant nous en sommes au papier et c’est très bien ainsi. Je garde aussi le travail fait en cours, ils n’emportent rien.

Evaluations des rôles : j’évalue les rôles de gardien du temps, d’espion et de journaliste pendant les 4 phases de création. J’évalue les ambassadeurs en 5° séance de production. J’évalue les scribes à la maison et en 5° séance.

Le système d’évaluation attendu est présent sur les fiches, mais aussi écrit en gros au tableau, pendant tout le temps de travail : les rôles sont explicités et disponibles à la lecture en permanence. Relier aux items musicaux n’est plus qu’une question de contexte après la mise en place. Quand au critères du nouveau socle (ou même de l’ancien), ils apparaissent évidents et ce n’est pas le propos ici.

Chaque rôle déborde sur un autre, il ne faut pas s’enfermer absolument et proposer une catégorisation des rôles rigide mais plutôt impliquer le fait que ce sont des directions générales de travail. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice.

journali

Voilà les fiches

fiche ambassadeur

Il présente le travail en fin de séquence à la classe. Il peut se faire aider pour ça par ses camarades d’îlot. Il doit être clair et aimer s’exprimer en public.

fiche espion

Il va collecter les idées intéressantes des autres îlots et les réutiliser ou mieux, les transformer en se les appropriant. Il doit aimer bouger et communiquer avec ses camarades en plus d’être imaginatif.

fiche gardien du temps

Il gère le temps imparti pour travailler et aide ses camarades en imposant un rythme de travail , en choisissant des directions plutôt que d’autres et en résolvant des conflits d’idées. Il doit aimer synthétiser les idées, comprendre les différences et vouloir faire réussir les autres. (NB : toujours afficher l’heure dans la salle d’une façon quelconque : horloge, montre, ordi etc..)

fiche journaliste

Il effectue les recherches sur l’ordi (tablettes/livres etc.) et peut demander au professeur des renseignements. Il doit aimer rechercher des informations et faire des liens entre les informations recherchées. Il doit avoir une bonne culture générale ou aimer ce point pour savoir où chercher le plus rapidement possible.

fiche scribe

Il écrit sur papier ou numériquement les informations de son groupe. Il doit avoir une écriture rapide et pouvoir se relire. Il doit à la fois savoir prendre des notes à sa façon (toutes les façons d’écrire sont tolérées ici : sms/images/mots/mindmaps/wordcloud-bronx de mots/abréviations etc) et prendre des notes de façon à être relu par l’ambassadeur. Il doit donc posséder un monde intérieur riche et apprendre à le partager.

Je vous les propose si vous êtes intéressés sous la license creative communs, je crois que c’est ainsi qu’on fait quand on passe quelque chose qu’on aimerait pas voir vendue si jamais ça sort de ce site (mais faudrait déjà que quelqu’un le lise et trouve ça intéressant 😀 ).

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

scrib

Avec l’idée de réaliser un slam médiéval, voilà comment j’ai décomposé mes séances

1 séance

  • 5 mn dialogue avec élèves autour de la musique sacrée, rappel (j’enchaîne le cours musique profane à la musique sacrée).
  • les questions vont vers : qu’auriez vous fait vous, à l’époque, on arrive vite à : je n’aurais pas fait que des messes (en version polie dans le texte, ndr ).
  • BREAK ACTIVITE DIFFERENTE : PRATIQUE MUSICALE 30-40 mn. Lors de l’échauffement du chant, créer une chanson, des paroles. Je fais presque à toutes les séances ça : on imagine des mots puis des phrases sur les intonations de la mélodie ou les thèmes du chant afin de travailler les difficultés. En général on s’enregistre pour en avoir une trace, quand on en a le temps et si les élèves ne s’y opposent pas (rare mais ça m’est arrivé quand c’est mauvais).
  • 5 mn : après le chant, revenir à phase de dialogue avec le thème « ça parle de quoi une chanson en général »
  • 10 mn explication des rôles si les élèves ne les connaissent pas (en 5° lors de la mise en route de cette activité, ils avaient déjà travaillé comme ça, ce n’était pas une découverte. Mais prendre 10 minutes n’est pas du luxe, surtout que j’ai du à chaque niveau réexpliquer en cours de route plusieurs fois).
  • S’il reste du temps : 10 mn écrire 4 vers de 8 ou 10 pieds sur l’amour, veillez à toujours indiquer le temps de travail, même s’il est court (pour le gardien du temps).
  • Devoirs : regarder le cours en capsule

2° séance

  • 5 mn : on écoute tous ensemble « Romeo Kiffe Juliette » de Grand Corps Malade.
  • 10 mn : on en parle. Qui sont les protagonistes ? De quelle oeuvre s’inspire ce slam ? sont les passages obligés du questionnement. D’autres choses vont émerger très utiles pour les items musicaux mais pas pour ce travail précisément, j’en fais donc l’impasse ici pour centrer la direction que j’ai choisie.
  • 10 mn : on s’inspire des 4 vers de la semaine dernière pour commencer à les détourner, on change les personnages principaux, on permet des idées de plus en plus étranges.
  • Devoirs : imaginer des idées étranges, humoristiques, improbables au moyen-âge (une princesse qui sauve un chevalier, deux princesses qui ne veulent pas de chevalier etc.)

3° séance :

  • 20 mn le travail d’îlot est lancé directement avec la direction de créer 2 quatrains.
  • Devoirs : penser à une musique, l’amener ou la créer avec le journaliste (incredibox , jam studio, soundation etc  : des programmes en ligne, il y en a plein)

4° séance :

  • 20 mn les îlots sont lancés, on peut faire le mixage musique-paroles, si on le souhaite, avec audacity en cours (casques/écouteurs etc.) autour du journaliste de son groupe.

5° séance : on enregistre et on écoute

amba

exemple de slam : Ethan et Vincent chantent « ma belle aimée et moi » slam créé aussi par Emma et Paul

http://lc.cx/CLM

 

Ce travail par îlot permet une disposition de la classe tout à fait plaisante et inédite, on sort totalement du frontal par le travail de groupe mais l’adjonction de rôle personnalise et investi les élèves complètement. Ce système simple s’adapte à tout type de travail, je l’utilise presque en permanence maintenant en augmentant les rôles, en les précisant au besoin (sortes de sous-rôles). La responsabilité et l’autonomie des élèves est très renforcée, chaque élève peut se retrouver dans un rôle qui lui convient. Il est très rare qu’un élève ne travaille pas de lui-même (mais ce ne sont que mes observations pour l’instant.). Je l’ai testé dans tous les niveaux dans des activités différentes (créations, re créations à partir d’œuvres, reformulation de cours.) pour l’instant je n’ai observé aucun manque d’implication, ce qui est encourageant je trouve.

Les œuvres écoutées dans le cours sont très variées, de la canzon à la ballata , mais le détonateur du détournement du slam sera Romeo Kiffe Juliette qui présente des qualités nombreuses pour cette direction de travail et d’autres que j’ai choisi d’essayer.

 

Une utilisation d’un wordcloud : l’ImagicBook

  • Temps : 10-15 + 15 mn/séance
  • Participants : groupe classe + îlots bonifiés (inspirés de l’activité de Marie Rivoire)
  • Projet : compendium de créations analogiquement liées
  • Durée : projet sur 6 séances
  • Niveau : 6°
  • Outils : Générateur de wordcloud (Wordsalad IOS/And,  Tagul/PC  Wordle/PC ABCya/PC etc.) retransmis sur écran puis déposé sur support internet accessible à tous (ENT/Padlet/Spacedeck/GAfE etc.). Nécessité de 2 supports (pages/docs/padlet/etc) liés : support créatif et support de cours classe inversée. Enregistrement (TW recorder/ IOS, Audacity/PC, Enregistreur Sons & Voix – ASR/And), logiciels de dessins (Silk/Pollock-Manetas/AWW online), créateur ebook (Audra online).
  • Problématique contextuelle : la musique descriptive par les nuances sonores
  • Matières reliées : cours réalisé en matière Ed. Mus. seule ; possible Arts Plastiques, Français très directement. Au vu de la nature du projet, il paraît très facile de s’associer avec n’importe quelle matière.

le matin(Peer Gynt – le Matin- par Aurélien, à l’aide de Silk)

Le wordcloud peut s’insérer comme vecteur de réactivation d’items musicaux dans un but d’accès à la notion d’inspiration par des créations auto-influencées. Le cadre étant la découverte de la musique descriptive par l’approche des nuances sonores.

Une possibilité de cette activité est de la concrétiser par un ebook reprenant toutes les créations de la séquence afin d’observer un cheminement de sensibilités, de pensées et d’intuitions pour le participant.

La pédagogie des îlots bonifiés inspirée de Marie Rivoire se déroule par adjonction de 5 rôles chacun ayant une fonction dans le groupe. Ces rôles seront décrits dans un article ultérieur. La coopération étant évaluée, le participant qui présente l’activité peut se faire accompagner dans la présentation à la classe de la création si le groupe l’estime nécessaire.

Il me paraît important de ne surtout pas soumettre trop d’images associées lors des écoutes proposées dans le cours en ligne mais donner quand même des directions. J’ai opté pour une diversité avec 4 extraits proposés en-soi relativement indépendants du cours dans l’esthétique mais complètement reliés dans la forme et la densité des nuances.

Beaucoup de micro-moments de cette séquence se déroulent et s’enchaînent très vite, à contrario, certaines activités simples prennent du temps.

Cours : Ainsi parlait Zarathoustra (R.Strauss) / Nausicaa de la Vallée du Vent (J.Hisaichi) / Les 4 saisons – l’Eté – presto (A.Vivaldi)

Œuvres proposées pour l’activité : Peer Gynt – le Matin (E.Grieg) / La notte (A.Vivaldi) / Le Jardin Féérique – Ma Mère l’Oye (M.Ravel) / Publicité Honda Civic (S.Sidwell)

1° séance

  • sur une activité de détente corporelle afin de préparer les cordes vocales, proposer un des extraits libres
  • profiter de l’échauffement vocal pour créer une histoire en inventant de nouvelles paroles avec les participants
  • pour la séance suivante écouter le même extrait libre en plus d’une capsule de cours (j’ai choisi la même forme musicale qu’exploitée dans ma première capsule de cours : un poème symphonique) et donner la date limite d’un questionnaire de vérification de vision des capsules.

2° séance

  • 5 minutes de discussion autour de la capsule
  • consigne : pendant une détente musicale, les participants volontaires seront après l’écoute, appelés à témoigner de la nature – et non du fond, c’est important – de leur imagination : couleurs, images, formes, mouvements, scènes, idées, sensations, émotions, souvenirs etc.
  • détente corporelle : les participants sont positionnés où ils le souhaitent allongés ou assis dans la salle de musique et se détendent avec l’extrait de la séance 1.
  • les volontaires peuvent exprimer la nature de ce qu’ils ont ressenti
  • pour la séance suivante : utiliser un programme en ligne de dessin en écoutant l’une des œuvres proposées en plus des autres capsules et le poster nommément sur un support de cours en ligne dédié ( variante avec tablettes ou outil numérique individualisé : le faire en cours en même temps que la détente corporelle)

mattynotte

 

( La Notte – par Matty à l’aide de Silk)

3° séance

  • consigne : résumer après l’écoute en un mot , une histoire/forme/couleur/impression/émotion etc. que la musique nous inspire.
  • désigner un scribe pour mettre en forme de wordcloud ces mots
  • désigner un passeur de mots qui recueillera ces mots
  • se positionner pour l’écoute comme la 2° séance
  • écouter une autre oeuvre proposée
  • créer le wordcloud et le publier
  • pour la séance suivante , proposer la création d’un wordcloud personnel et d’un dessin avec un morceau de son choix, à publier nommément et séparément. Les termes de nuances pourront être ajoutés aux mots plus personnels dans les wordcloud.

wordcloudnuances

( wordcloud avec nuances d’une classe)

4° séance

  • afficher le wordcloud de la classe et réécouter le morceau dans un but de réactivation immédiate
  • le laisser pendant l’échauffement vocal
  • proposer des interprétations sonores d’un des mots
  • formuler la démarche du wordcloud : chaque mot répété devient plus gros
  • montrer des mots de différentes tailles et les associer à un son (choisir un champ lexical adapté de façon à utiliser la notion de nuance très clairement. Exemple : vitesse/ moto/ course / soupir etc.)
  • exagérer les gestes musicaux de direction pour expliciter l’ordre de changement de nuances sonores
  • désigner un montreur de mot qui vient répéter l’activité
  • montrer les wordcloud et dessins de chacun au tableau
  • créer des îlots de 4-5 participants, expliquer les rôles (ils sont marqués en permanence depuis 3 mois sur un tableau à portées dans la salle de cours avec leurs définitions)
  • la consigne sera de créer une courte histoire avec les mots du wordcloud classe
  • 10 mn de travail îlots pendant lesquelles j’évalue les rôles que j’ai appelé « espion »  » journaliste » et « scribe ».
  • Les « ambassadeurs » viennent raconter la création du groupe, on peut alors les évaluer ainsi que les « gardiens du temps » (rappel : ces termes seront explicités avec leurs fonctions et la nature de leurs évaluations ultérieurement)
  • pour la séance suivante, les participants sont invités à rajouter à l’histoire leurs propres éléments extraits de leurs propres wordcloud et dessins

wordcloud elevejpeg

(wordcloud personnel de Jeanne et Marie avec nuances)

5° séance

  • afficher le wordcloud classe et les wordcloud-dessins individuels
  • très rapidement choisir 4 ou 5 mots et les illustrer de manière sonore en fonction des tailles des mots associées aux nuances. A ce stade, beaucoup d’élèves commencent à manipuler les termes de nuances, on peut demander avant chaque mot avec quelle nuance on va l’interpréter
  • désigner 2 ou 3 montreurs de mots
  • désigner un ingénieur du son qui va enregistrer les interprétations
  • interpréter avec la classe les mots-sons
  • choisir un thème adapté (la météo aide beaucoup) à la création d’une histoire sonore et varier les nuances
  • créer une structure simple avec les élèves (on vient rapidement à crescendo-decrescendo)
  • s’enregistrer et la publier
  • travail en îlots : à partir de l’histoire créée en séance 4 , la transformer en histoire-sonore (la coopération étant évaluée, tous les membres du groupe peuvent aider l’ambassadeur)
  • enregistrer chaque groupe et les publier
  • rappeler la fermeture du questionnaire sur les capsules et proposer la création d’un ebook, « l’ImagicBook » qui reprendra tout le déroulement des multiples créations auto-influencées. Audra est un programme en ligne gratuit et très simple de glisser-déposer des éléments qui peut satisfaire ce projet.

6° séance

  • laisser du temps pour écouter chaque création et au besoin les refaire avec l’aide de toute la classe. Il est possible d’évaluer la coopération du groupe classe aux îlots à ce moment là.
  • donner la consigne de repenser à toutes les étapes de la création (Mots-idées-émotions / dessins / wordcloud / application sur des morceaux choisis individuellement / texte / reformulation sonore ) pendant l’écoute.
  • réécouter en position de détente la première oeuvre
  • prendre 5mn pour discuter du processus créatif et de la constante transformation des oeuvres. Mettre en relief la nature temporelle même de l’art musical relativement à cette démarche globale de façon simple et informelle.
  • 5-10 mn : regarder les ebooks rapidement publiés

Cette activité propose de multiples buts dont le principal est la manipulation des items sonores relatifs aux nuances et à la musique descriptive. Les notions de structures d’oeuvres s’insèrent naturellement dans la création en groupe des histoires sonores par l’utilisation des nuances en particulier.

Ce déroulement en éventail ou poupées russes peut se ré exploiter avec d’autres problématiques et l’aspect immédiat des travaux incite chaque fois à passer à l’étape d’après. Le travail peut je pense être grandement accéléré à l’aide d’un outil numérique par élève. L’aspect directement ludique a je pense grandement participé au fait que beaucoup de travaux ont été faits avant même la date de la consigne. Par chance peut-être je n’ai pas eu de perte de temps, seuls 2 enregistrements d’îlots sur 4 classes ont été choisis d’être refaits immédiatement, la 2° prise étant la bonne.

Une utilisation d’un wordcloud : l’audiobiographie

  • Temps : 15 mn/séance
  • Participants : groupe classe
  • Projet : mise en évidence d’une idée en vue d’une exploitation sonore
  • Durée : projet sur 3 séances
  • Niveau : 3°
  • Outil : Générateur de wordcloud (Wordsalad IOS/And,  Tagul/PC  Wordle/PC etc.) retransmis sur écran puis déposé sur support internet accessible à tous (ENT/Padlet/Spacedeck/GAfE etc.). Enregistrement (TW recorder/ IOS, Audacity/PC, Enregistreur Sons & Voix – ASR/And)
  • Problématique contextuelle : l’autobiographie
  • Matières reliées : Françaisexemple wordcloud enfance

(ce wordcloud est un exemple issu de mots d’élèves aujourd’hui même et de quelques miens afin de rester le plus respectueux possible de leur travail sans le dévoiler ailleurs que sur leurs cours sans leur autorisation)

Dans le cadre de l’autobiographie (que nous abordons une formidable collègue-amie de français, Valérie Pergola et moi dans un cours commun en classe inversée), une activité possible est la création d’une oeuvre sonore rappelant l’enfance. Avant de lancer un travail plus personnel, la compréhension par le groupe classe peut être amenée par une demande collective d’un objet, d’une idée, de n’importe quel élément symbolique positif en rapport avec l’enfance. Il sera bien précisé de ne pas être intrusif et d’insister sur la notion de symbole. L’idée sera facilité par l’usage déjà établi des figures de styles en Français : trouver une synecdoque , un oxymore ou une métonymie peut être aussi réactivateur et servir notre propos.

On peut introduire par un échauffement vocal ou par une écoute  (ex. récitations d’Aperghis / « langue » de Lisa Gerrard – Dead Can Dance / Comic Strip – Gainsbourg ) afin de se familiariser avec ce domaine sonore.

Propositions de mise en place :

1° séance

  • laisser 2-3 minutes de réflexion à chacun
  • rappeler la consigne pendant ce temps en précisant qu’on ne souhaite qu’un mot, qu’un groupe nominal, qu’une phrase très courte et pas la véritable histoire qui ne regarde que chaque participant
  • désigner un scribe sur l’outil TICE qui écrit le wordcloud
  • désigner un passeur de mot qui relaie le mot au scribe
  • afficher le résultat et le publier sur un support classe

2° séance

  • afficher le wordcloud
  • proposer des interprétations au groupe classe de 3 ou 4 mots transformés en sonorités et les faire répéter en responsorial
  • demander qui a des idées pour incarner musicalement l’un des mots, le participant peut venir les faire répéter
  • changer de participant 2 ou 3 fois proposer des interprétations avec les sonorités-mots choisis
  • refaire un wordcloud et marquer en fonction des nuances choisies, les mots plusieurs fois (afin qu’ils s’affichent plus ou moins gros à l’écran).
  • demander à un montreur de mots de se servir du nouveau wordcloud afin de déclencher la classe au tableau/écran/TBI

3° séance

  • afficher le wordcloud qui va réactiver les sonorités cette fois
  • faire un soundpainting avec 3 sons émis tout en respectant les nuances et en les variant
  • désigner un participant ingénieur son qui enregistre
  • demander à 2-3 participants consécutivement de venir faire le soundpainting
  • s’enregistrer chaque fois
  • écouter avec le groupe classe chaque production et laisser choisir celle qui correspond le mieux au wordcloud
  • la publier

Il est possible d’étendre de façon individuelle ou groupée l’activité, de créer son propre morceau audiobiographique, de laisser les participants les plus timides s’enregistrer chez eux ou avec tablette/BYOD/Pc CDI etc afin qu’ils puissent ramener leur matériel sonore en clef USB/Mail/Cloud/ENT etc.

Dans un cadre de méta compétences, une des directions possibles est aussi de signifier ce que l’adolescence perd de l’enfance sous forme sonore et ainsi de prendre conscience de sa propre évolution.

Une création d’élèves avec une autobiographie fictive : Le fantôme du 24 par Louise et Aurélien

http://urlz.fr/1LuT