Art Escape Game – l’instrument lieu

Niveau : 4°
Durée : 5 ou 6 mois

Matières : Français ( V. Pergola ) et Musique

Dans la mouvance des escape game, ces jeux de rôles grandeurs natures qui se déroulent, comme une murder, dans un espace fermé et dont le but, par une série d’énigmes successives, est de sortir d’une pièce dont les éléments sont scénarisés, cette année au collège nous allons réaliser un Art Escape Game.

Le but de ce travail sera de construire dans une pièce une succession d’événements sonores et littéraires, comme un système d’alarme mais contrôlé. C’est aussi vieux comme procédé que le théâtre d’ombre.

J’aimerais y associer l’informatique pour laisser le corps libre, c’est ainsi que nous utiliserons des capteurs arduino, des makey makey, reliés au logiciel MAX MSP et à des enceintes. Il s’agira alors pour l’élève de créer une chorégraphie déclenchant les évènements sonores. L’élève va créer sa musique par son mouvement, l’instrument devenant une pièce. Par la mobilité du matériel, cette installation interactive pourrait prendre place dans différents lieux.

Je n’ose imaginer une connexion à distance des évènements sonores qui pourrait ajouter une dimension connectée, je pense aussi à une absence du numérique totale remplacée par des improvisateurs qui pourrait donner lieu à un travail d’observation et d’écoute, ce serait un opéra improvisé en quelque sorte… L’idée me séduit aussi…

Ces évènements seront scénarisés par les élèves eux-mêmes qui vont construire tout ou partie du jeu, comme un cluedo interactif, en fonction des matières qui se joindront à nous car nous le lançons en Français-Musique. Nous espérons en la Technologie, en l’EPS et dans les Arts Plastiques, même si les Mathématiques, la SVT, la Physique et les langues peuvent s’y inclure avec évidence.

Je vais y décrire ici la feuille de route générale :

Dans les premières séquences, les élèves vont en écrire l’histoire. Nous fonctionnerons par ilots ludifiés, chaque ilot ayant une tablette dont l’écran sera reflété au tableau afin que chacun puisse voir en se déplaçant le travail des autres. J’ai pensé à créer un document collectif mais je considère que cela pourrait nuire à la concentration de chaque groupe et défaire de l’effort engager le corps même dans une démarche de curiosité. J’opte pour des documents séparés mais tous retransmis au vidéoprojecteur en même temps.

Nous allons dans un premier temps déterminer le nombre de parties de l’histoire, orientés par un canevas intangible : un/e héros/héroïne qui enquête, un/e coupable, un/e victime, des suspects ( 2 ou 3 ). Nous déterminerons aussi les lieux (3 lieux), l’époque. Le genre sera forcément policier.
Un lieu peut être une pièce d’une maison, un quartier d’une ville, une ville dans le monde.

Nous procèderont en écrivant nos idées et en les dessinant, sur des feuilles de couleur ( une couleur pour un groupe ) , puis nous les sélectionnerons rapidement en les affichant avec des pinces à linge sur une corde comme nous avions fait pour le roman en musique dont vous êtes le héros et le site interactif.

Une fois le canevas de l’histoire installé, chaque ilot écrira la même partie et nous marquerons des pauses afin de sélectionner par vote la partie déterminée.

Chaque partie écrite, nous entrerons dans une phase de création musicale où les élèves réfléchiront à associer un bruit, une musique et/ou des dialogues représentatifs de leur scène.

Par exemple : si l’héroïne rencontre un suspect dans un bar, les élèves probablement pourront créer une ambiance de bar avec des gens qui parlent en fond sonore, une musique diégétique et un court dialogue résumant ce qu’ils se disent, interprété bien sur.

Une fois tous les sons créés par l’ensemble des groupes de la classe ( qui ne créeront peut-être pas les sons de la même partie tous, nous nous répartirons les devoirs), nous les plaçons dans une banque de données, probablement sur une clef.

Puis nous allons déterminer des objets réels ou en images qui pourraient correspondre aux événements et aux sons.

Par exemple : pour l’exemple de l’héroïne dans un bar, une bouteille . Si l’action se passe le matin, une cafetière. A midi , un verre à pied. Si l’action se passe le soir, une bouteille.

Par le logiciel MAX MSP qui consiste à créer des actions sur des environnements numériques électroniques, nous attribuerons les sons à des capteurs. Capteurs de mouvements par ultra sons, de lumières. Par les makey makey, le fait de toucher une partie conductrice actionnera le son comme un interrupteur.

Par exemple, en soulevant la bouteille qui laissera donc la lumière entrer dans un capteur photosensible, un son sera émis, son qui représentera deux aspects : un aspect descriptif de la narration et un aspect musical. La parole deviendra un matériau sonore à part entière en même temps que la narration d’une histoire.

Nous créerons enfin un teaser, une bande annonce, qui servira d’introduction au jeu. Nous allons mêler le numérique au théâtral : il y aura à l’écran une scène filmée comprenant un outil numérique de captation : un élève pourra utiliser un téléphone, un iPad, ce qui sera filmé et retransmis sur un écran.

Puis quand nous aurons tout installé, un ilot d’une autre classe viendra expérimenter la remise en ordre des éléments. Un talkie walkie servira d’outil de liaison entre l’ilot qui jouera et celui qui aura participé à la création du jeu. La classe restante observera le jeu qui durera 15 mn par ilot.

Quand la recomposition de l’histoire originelle sera opérée, les élèves devront le prouver en comprenant la trame, en marquant qui, quand, où et avec quoi l’assassin a frappé.

Ce sera enfin l’occasion de décomposer l’histoire et de se servir de l’escale game comme un instrument de sample. Les élèves devront réfléchir à une chorégraphie, une série de mouvement afin de créer un morceau contemporain. Parce qu’ils jouent en équipe, ils peuvent manier la polyphonie, le mélange de sample aisément.

Ils pourront ainsi recréer leur polyphonie de façon muette, en chorégraphie seule à la fin de leur travail.

Si nous arrivons à mener ce projet à son terme, nous aimerions inviter les parents d’élèves à expérimenter le jeu dans un moment de rencontre.

Je tiens particulièrement à remercier les #edmus :
Valentin Leroux qui m’a montré avec patience et gentillesse l’utilisation d’Arduino et de Max MSP et Anne-Claire Scebalt qui m’a grandement aidé et accompagné dans la compréhension de ces programmes ainsi que dans la construction du concept.

Je remercie aussi David Plumel qui va m’aider à y associer de la robotique, j’y vois aussi un développement possible avec les drones qui ne sont pas sans rappeler les travaux de Nicolas Olivier.

Il me paraissait intéressant de reprendre le système des objets connectés et des alarmes mais de le renverser afin que justement ce soit le déclenchement qui soit recherché et non l’absence de déclenchement. C’est une façon de remettre l’humain en place centrale de son environnement numérique, qu’il choisisse lui-même ses actions possibles dans une liberté créative, à l’image d’un holodeck de Star Trek mélangé à un instrument de type sampleur.

Outre les dimensions évidentes de collaboration entre élèves d’un ilot et d’autres classes, le geste musical, l’interaction avec le sonore et l’humain, la composition, l’apprentissage de l’écoute peuvent prendre sens dans une nouvelle façon d’agencer et de considérer les sons.

A noter en parallèle de ce travail, l’excellent dossier des cahiers d’ethnomusicologie sur le geste musical.

Le Pouvoir

Une idée d’activité où la forme fait sens dans une pédagogie de projet autour de la relation entre musique et pouvoir, que je tenterai l’an prochain en 3°.

Pour poursuivre la recherche que la forme fait le fond, afin de permettre une émergence d’action qui peut éclairer une façon d’envisager autrement la relation à l’objet d’art, cette démarche à long terme a pour ambition de créer un instrument polymorphe qui peut ou pas être teinté de numérique mais dont l’utilisation simple traduit une démarche complexe.

Démarche :

La relation entre musique et pouvoir, plus largement entre art et pouvoir, traduit pour moi une visée utilitariste. L’art a pour fonction de transfert entre la personne qui le désigne ou le commande et sa caractéristique morale ou esthétique. C’est ce qui se dégage des commandes des rois dans une recherche de somptuosité traduisant des caractéristiques prétendues des commanditaires, ou de laideur et d’avilissement en ce qui concerne les propagandes ( on pensera à l’art dégénéré bien sur).

Alors, apprendre à considérer l’art « en soi » peut apparaître comme un chemin salutaire. Pour parvenir à s’extraire d’une considération, je vais m’appuyer sur une dualité : l’art considéré comme dégénéré et d’un autre côté un de ses contraires, l’art comme inspirant ( sous entendu qui engendre , qui génère ).

Pour cela, les élèves créeront leurs interprétations doubles des œuvres d’arts que nous allons étudier. Si c’est une musique, alors une parodie, pastiche ou déformation de toute sorte (structure/paramètres/instruments etc) avec d’un côté une déformation de l’œuvre la sublimant ( art autorisé , « anobli » ) de l’autre une déformation avilissant ( art dégénéré ). Si c’est une oeuvre plastique, la même direction avec une image.

https://fr.pinterest.com/pin/324611085614246574/

Les images seront remplacées par nos réalisations une fois que le projet sera réalisé, comme à chaque fois dans ce type d’article.

Nous collerons sur les deux côtés opposés de boites de récupération ( de type boites à chaussures) des QR codes pour les sons , théâtres ou les danses et des images pour les œuvres plastiques et littéraires.

Chaque boite sera une partie insérée d’un mur. Il y aura une alternance entre une face positive et une face négative côte à côte, alternance qui sera donc exactement opposée de l’autre côté du mur. Chaque élève qui se trouvera de chaque côté du mur pourra donc observer l’inverse interprétation de ce que l’autre côté propose.

Chaque boite sera reliée par un fil à la base du mur. Pour symboliser la relation de pouvoir : le silence et l’immobilité nous laissent libres de nous-mêmes, ainsi le rapport à l’autre est lui aussi libre. Si nous prenons la boite avec nous, si nous parlons, si nous bougeons, alors pensant dominer autrui, nous nous faisons posséder par l’autre. Nous entrons dans une ré-action, qui nous emprisonne par nature puisque nous sommes plus en contact avec nous mais dépendants de l’autre et de son jugement par extension. Laisser la boite en évidence attachée à son socle permet de prendre conscience que chaque fois, positivement ou négativement, la nature des choses ne nous appartient pas mais s’appartienne à elle-même. Une oeuvre d’art, un être humain par extension et ses idées, ne nous enrichissent pas par eux mêmes mais par l’impact que nous laissons absorber en nous.

Sur ce mur, il y a des boomwhakers, des bâtons qui font un son particulier quand on tape dessus. Nous développerons un morceau à performer en chant/instrument qui nécessitera l’utilisation de ces tubes. Ainsi, métaphoriquement, pour considérer la dualité , pour échapper au paradoxe bien/mal, autorisé/interdit etc, nous devons nous extraire et l’utiliser. L’usage de l’objet connecté phonotonic peut aussi remplir de belles conditions d’accompagnement, en particulier parce que la balle peut s’échapper de chaque côté et remplir une fonction rythmique d’un côté et mélodique de l’autre (dans le cas de deux phonotonic).

Chaque groupe d’élève de chaque côté du mur aura donc une partie musicale indépendante, les deux phonotonic peuvent remplir une part d’aléatoire fort appréciable dans tout ce déterminisme. Ils utiliseront le mur comme support mélodique et rythmique simple.

Ce travail peut se faire avec des textes, des paroles, ainsi nous pourrons travailler ce projet avec mon amie V. Pergola en français.

Anamorphose sonore

Dans un second grand temps, on pourra jouer un parcours sonore sur les boomwhakers car chaque tuyau aura une oeuvre en correspondance ou un groupe d’œuvres. Ce parcours pourra être augmenté d’autres sons accolés aux boites, les QR codes pouvant aussi servir de déclenchement sonore. Un matériel mobile et numérique pourra aussi transformer les sons, par exemple un QR code déclenchant un son sur une tablette, lui-même transformé par un smartfaust en sampleur ( ou une autre tablette sur GarageBand ), relié à une enceinte bluetooth, ou encore plus simplement, des consignes de type partition graphique créées par les élèves, à chanter au moment où on choisit d’utiliser une boite.

Ce parcours sonore peut obéir à plusieurs « recettes » ou ordres selon le point de vue de parcours des boites : si on prend un ordre chronologique des œuvres présentées, on aura un parcours ; si on prend un ordre géographique, thématique , d’autres parcours.

Puis le parcours sera retransmis sous forme écrite afin d’être enregistré sur plusieurs supports physiques ( 6 ipad par exemple). Les 6 ipad seront disposés dans une salle ou, et j’aimerais beaucoup, dans une structure plus grande comme le collège ou une partie du collège, de façon à ce qu’il n’y ait qu’un seul endroit où on puisse écouter tous les sons de ce parcours, soit simultanément, soit et c’est ce que je préfèrerais, dans une continuité.

La métaphore de l’installation et donc du mouvement sera que pour comprendre et écouter, l’immobilité est nécessaire. Pour que l’œuvre ne soit pas en relation de pouvoir, il est nécessaire d’être immobile, dans un lieu qui lui est consacré. Ainsi, l’œuvre échappe à la considération de pouvoir, on peut en comprendre les enjeux rien qu’en se plaçant à un endroit. C’est un moment de réflexion plus intellectuel pour l’élève car il est nécessaire de comprendre l’espace et sa géométrie, j’aimerais beaucoup travailler avec les maths pour cette partie.

https://www.mathcurve.com/courbes2d/anamorphose/anamorphose.shtml
http://rosieslade.blogspot.fr

Ce chemin artistique je l’espère, peut conduire les élèves à apprécier l’importance des enjeux de pouvoir dans l’œuvre d’art, quelques soient les intentions de ce pouvoir, en se dégageant d’un rapport moral simpliste et en entrant dans une autonomie de pensée et de recevoir l’art pour lui-même.

 

 

Printemps, été, automne, hiver et … printemps

Partant d’une idée trouvée en formation par mon amie et collègue professeure de lettres V. Pergola, voilà un nouveau travail axé autour de la jonction lettres-musique. Il serait facile d’y adjoindre d’autres matières comme les S.V.T. ou les arts plastiques, etc.

Ce travail se déroulera tout au long de l’année sur le niveau 5°. Cet article a donc le temps d’être développé. Ce type d’activité ne rentre pour l’instant dans aucune case puisque la jonction est annuelle par son sujet.

Nous nous emploierons à faire créer par les élèves un slam autour de l’œuvre les 4 saisons de Vivaldi, et à en tourner le clip. Pour cela nous passerons par différentes étapes.

En lettres, le travail consistera en l’écriture de sonnets comparables à ceux de Vivaldi et inspirés par les saisons. Ce type de travail et sa durée vont permettre des retours de réécriture très appréciables, la partie des lettres ne sera pas décrite en détail dans cet article, uniquement sa partie musicale ( il est trop tôt).

Printemps, été, automne, hiver et … printemps

Il s’agit d’écrire des ressentis sur le thème de chaque saison sur des supports numériques adaptés à l’impression générale des saisons. Une fois inscrits, ils évoqueront des matières relatives à ces impressions (par exemple : été = chaud = plage = sable). Nous enregistrerons les élèves écrivant dans le sable, dans l’eau, dans la terre, sur de la pierre etc. avec des bâtons, des cailloux etc. Notre espoir est de créer un rapport kinesthésique et sonore mélangé avec le sens des mots, une relation au réel , une imprégnation du sens et une conscience des paramètres du son.

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Le musée sonore

Ces sons seront mixés et feront partie avec des captations (enregistrements) de boucles pour y mélanger quelques extraits des 4 saisons de Vivaldi ainsi que des mises en comparaison avec d’autres œuvres (Giraudon, la marche de l’Empereur, Emilie Simon etc.). Les morceaux ainsi mixés dont l’approche aura été permise par des manipulations de sons électroniques autour de la nature ( ce qui est l’exacte démarche de Vivaldi avec les instruments de son époque) figureront sur thinglink en des musées virtuels personnels des saisons. Un an de bruitage et de création par élève. Ce musée, en plus d’être un recueil d’un travail, consistera à créer du sens dans la création, une appropriation des recherches et une sublimation évidente.

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Le temps long

Les élèves au terme de l’année avec GreenScreen (app vidéo d’enregistrement avec écran vert) s’enregistreront en changeant d’accessoires, ce qui garantira l’apprentissage par coeur et la nécessité de la répétition. Leur fond de clip consistera en un morphing de leur environnement géographique personnel ou du collège, que nous pourrons exploiter avec des notions de durées et de structures.

Il m’apparaît que les débuts de chaque travaux pourront être associés aux solstices avant de repartir vers un cursus plus traditionnels de séquences.

Cet article sera augmenté au fur et à mesure que les idées d’activités viendront.

L’itinéraire sonore

Toujours dans un point de vue de narration artistique du monde et plus précisément ici de la ville, une activité se dessine progressivement entre français et musique puisqu’entre ce thème commun et la nécessité de rassemblement dans le partage de cette narration, raconter et prendre conscience de cette communion-communauté semble utile sinon nécessaire, dans un temps où on peut écouter et voyager chez soi, où l’image, la vidéo peuvent tromper les sens dans la perception des temporalités et des distances.

Il m’est arrivé par exemple, et d’y prendre plaisir, d’assister à des concerts télévisés, à me nourrir d’une performance détachée d’une multiplicité des sens. Pourtant, assister à un concert, aller à l’opéra, dans une salle dédiée aux musiques électriques ou électroniques est un plaisir entier sans commune mesure, un acte engagé dans une expérience de vie, un choix sans alternative immédiate. Cette capture permet l’immersion, elle constitue me semble-t-il une construction d’un soi entier. De même, le voyage vers ces lieux constitue en lui-même un engagement, avant même l’immersion dans l’œuvre. Vivre le lieu, c’est vivre le désir de partage à un moment où ce partage existe ou n’existe pas.

Alors comment relier l’impossibilité de se déplacer jusqu’à la Scala de Milan avec la compréhension du voyage ? Il m’apparaît qu’une recherche symbolique est nécessaire dans ce paradoxe. Jusqu’au temps où ce sera le lieu qui viendra à chacun à la place de l’inverse actuel, la technologie pourrait , symboliquement et dans une démarche, faire naître ce désir en classe. Et la mobilité de cette technologie pourrait, toujours dans une recherche d’absence de cette technologie, d’usage actif, inciter à concrétiser ce même désir.

Application gratuite VoicePozzy
Application gratuite VoicePozzy

C’est, je crois, l’un des buts de l’application à la mode l’an dernier « Pokémon Go ». Mais ce qui empêche le développement de cette application est précisément la raison de son succès : le fait qu’un Pokémon ( pardon pour la peine engendrée par cette remarque d’une intelligence très élevée…) eh ben … ça n’existe pas.

Image de streetview
Image de streetview

Les opéras oui, les concerts oui, la ville, oui. Il est donc possible d’opérer le transfert inverse en partant du virtuel pour retourner au réel. Ainsi, un travail consistant en la recherche sur streetview de lieux de concerts , puis de recherche de ce qu’il y a autour (le voyage à l’envers) et enfin de trajets, tout cela comme dans des poupées gigognes chaque fois symbolisées en mots et en phrases, me semble être générateur d’un décryptage pertinent de l’image.

Les élèves devraient reconstituer des phrases par une anamorphose numérique dans l’esprit de Varini, entre des découpages d’images, que l’on peut mélanger à des images concrètes aussi ou lisibles dans certains lieux .

Le "té" central est une image d'une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l'anamorphose est donc ma cuisine.
Le « té » central est une image d’une carte dans ma cuisine. Le lieu de lecture de l’anamorphose est donc ma cuisine. La phrase est « t’as capté Mahler ». Les lieux visités sont les alentours de Bastille-Paris, le Capitole de Toulouse, ma cuisine donc, le Centre Culturel de Bergerac et les alentours du Grand Théâtre de Bordeaux.

Puis enregistrer, ici grâce à une application touristique qui permet d’associer un lieu à un son, le son de l’endroit où l’anamorphose s’opère, lieu faisant partie de la ville forcément.

Le mot "mot" est un itinéraire et j'y ai associé un son.
Le mot « mot » est un itinéraire et j’y ai associé un son.

Il apparaît qu’une sortie de classe semble nécessaire pour réaliser ce travail, il faudrait alors imaginer le son du lieu de l’anamorphose, ce qui permettrait de rencontrer des oeuvres comme City Life de Reich par exemple qui vient immédiatement à l’esprit.

Le système des ilots ludifiés ou permutés semble adapté à ce travail de créativité, avec la dimension ludique de faire trouver à chaque ilot un lieu d’un autre dans un second temps. L’application permet de voir et d’ecouter les lieux et les sons de ses contacts, ce qui permet immédiatement le partage des expériences.

Je publierai la ludification je pense, même si elle est assez secondaire car l’activité en elle-même présente un intérêt en soi. Réaliser son itinéraire sonore me semble constituer un but en-soi.

L’écrisicien

Sous ce nom d’article, plusieurs idées seront proposées, centrées toutes autour du rôle de l’auteur en tant que musicien c’est à dire une recherche de la préhension de l’œuvre par son auteur lui-même, comme un chef d’orchestre littéraire ou un d.j. des idées.

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Le premier travail, actuellement effectué avec des élèves de 4emes par mon amie collègue V. Pergola et moi, consiste en la création d’un roman interactif, à l’image des livres dont vous êtes le héros, à ceci près qu’il ne propose pas un choix scénaristique mais un choix d’émotions, de lieux, de moments de la journée , tous incarnés par des créations musicales et des extraits choisis d’œuvres existantes.
Après la création de 6 nouvelles fantastiques par îlots , les élèves sélectionnent dans chacune au moins 3 passages déterminants dans leur intrigue.
Ils choisissent alors par exemple si le lecteur doit lire ce passage comme s’il lisait la nuit, le jour, au théâtre, en attendant le bus, à midi, dans une cabane en bois au fond de la forêt , dans sa chambre la nuit et les volets ouverts, par un jour de chaleur, en étant amoureux, en mangeant une glace (ces exemples sont authentiques).

IMG_1110 FullSizeRenderÉdit : travaux d’élèves
Si un jour une application permet de déclencher un texte à un moment précis où dans un lieu précis, il va de soi que ce travail sera dans ce prolongement.
Une entreprise à Toulouse est en train de travailler sur un projet de cette envergure, nous pensons travailler avec eux l’an prochain.
La préparation de ce travail a été faite par la mise en vidéo d’une nouvelle de Maupassant , « Terreur », d’une façon particulière : la vidéo ne représente pas le texte mais l’état dans lequel l’auteur l’écrit, comme un moyen d’accéder à sa vérité. Une série de filtres a été appliquée sur ces vidéos , nous avons fait appel à la théâtralité des élèves et bien sûr un travail sur le son et l’image a été poursuivi, autour des musiques de film (Alien de Goldsmith, Jaws de Williams, le générique du 20h de TF1, Shining de Carlos-Elkind). La photo noir et blanc en dessous est une capture écran d’un travail vidéo d’élève.
La finalité de cette séquence qui mène à une œuvre interactive, non par le lecteur mais par l’œuvre elle-même, sera incarnée dans une photo du texte filtrée agrémentée de qrcodes ou d’auras si j’en trouve qui contiennent des sons de longue durée, à l’image de la photo ci-dessus du texte de « Terreur ».

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La seconde idée est à l’image d’un jeu (enfer blanc) que m’a passé une amie d’une finesse intellectuelle et sensible hors pair , merci Nathalie; application qui consiste en une aventure textuelle dont vous êtes le héros dont la particularité est que le personnage à qui nous nous adressons dans le jeu prend le temps réel de ses actions,  laissant ainsi le lecteur attendre la résolution de son choix et revenir à son propre temps. La conjugaison des temps de l’histoire lue, du temps interne du lecteur et du temps externe de son environnement concret m’a tout de suite plu, j’y ai trouvé un rapport temporel typiquement musical car nous le vivons tous en concert en tant qu’auditeurs ou instrumentistes. Le soumettant à la sagacité intellectuelle lumineuse d’une amie proche ô combien précieuse, une nouvelle idée s’est formée peu à peu. C’est ainsi qu’un travail va être créé autour d’un roman sur twitter dont les phrases seront émises en tweet sur un même fil, d’abord testé entre classes dans mon établissement puis mis sur la toile. Les épreuves qui scanderont la narration nécessiteront pour faire avancer l’histoire des recherches et créations musicales. Puis l’auteur reprendra sa narration, influencé par le ressenti ou l’apport des musiques.
C’est ainsi qu’une co construction entre auteur et lecteur va s’opérer, grâce aux médias du temps de recherche, du temps de création et du temps de réponse. L’optique est aussi de générer une appropriation d’un réflexe de recherche et création par l’usage des méta-outils que propose internet, en poursuivant comme toujours le but que l’humain reprenne le contrôle face à cette inondation numérique, le tsunami pour moi étant déjà passé. Une éducation au numérique humaniste en somme, j’ose l’espérer, bien qu’en l’énonçant ainsi je me trouve bien orgueilleux. Je préfère néanmoins cette étiquette à d’autres, je ne peux ne pas le faire et ne pas le partager en en précisant la finalité.
Twitter et un padlet où les ressources possibles pour démarrer seront proposées afin d’initier cette démarche, puis la liberté des ressources sera proposée, enfin il serait amusant aussi de se démarquer du support twitter pour créer des anamorphoses entre internet et le concret , entre tout. A l’image du travail de Carole Lipsyc et des 3 espaces, en y incluant d’autres formes de perception telles que le son et sa sublimation musicale.
http://www.3espaces.com

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Enfin la dernière idée est, par sampleur-enregistreur ou vocodeur, de raconter l’histoire d’une musique par sa recréation permanente. L’héroïne de cette histoire étant la mélodie elle-même, l’enregistrement d’une mélodie dont le sample premier : « je suis une mélodie, qu’allez-vous faire de moi » sera joué par le clavier directement par l’élève. Cette activité se prête complètement au travail de groupe et de co-création, il y sera évident d’y retrouver des éléments de structure musicale, de paramètres du son, de style (musique sérielle, concrète, aléatoire, plus classique avec des arsis thesis ou des architectures typiques des structures baroques), de réalisations polyphoniques ou monodiques; le champ des possibilités me semble ainsi très important.
On peut utiliser Audacity, mais l’usage d’un clavier maître ou d’un contrôleur midi me paraît plus pertinente, c’est ainsi que j’utiliserai le sampleur de Garage Band dans ce travail.

Un océan d’étoiles

Au mois de février prochain, il est possible (édit : c’est certain / re édit : c’est fait) que nos élèves de 3eme rencontrent Mazarine Pingeot autour de son livre « La dictature de la transparence », autour d’un travail entre les lettres et la musique.

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Les idées de l’auteure, bien qu’extrêmement intéressantes, nécessitent une culture philosophique afin de les appréhender que ne possèdent pas ou peu les élèves. Mais ils en peuvent saisir les concept et commencer un travail réflexif avec leur expérience quotidienne de la télévision, d’internet, de leur statut d’élève. Ils ont en eux tous les éléments pour effectuer un chemin d’idées afin de, comme l’auteure, penser la transparence et aussi la leur.

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C’est ainsi que ce travail est né, ce matin même, autour non pas d’une étude de texte trop hermétique due à leur jeune âge, mais d’une appréhension des idées sous la forme d’un projet qui leur serait accessible.

J’espère en la réalisation d’une installation sur un filet de pêche tendu au ciel (plafond) rempli d’étoiles et d’eau, parsemé de mots, accompagné de créations musicales, j’en expliquerai le sens qui lie la forme à la fin de l’article.

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C’est donc un article « projet », rien n’a été encore fait, et j’envisage donc d’en décrire les réussites et les ratés au fur et à mesure. Il pourra devenir alors un réservoir d’idées pour de prochains travaux.

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edit : nous sommes en cours de séquence voilà le padlet ( mur collaboratif ) support. Pour l’instant, tout se passe très bien

edit : nous avons terminé , c’était un des plus beaux projets réalisé , sinon le plus beau. Tous les élèves ont participé, des notions complexes philosophiques ont été comprises et reliées aux arts, les élèves étaient ravis, quel plaisir !

 

Fait avec Padlet

Œuvres
Désert ( qui se base sur un projet inachevé appelé « espace » ) Varese mélange le temps coustique et electro acoustique https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Déserts_(Varèse)

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sun_Tunnels les Sun Tunnels de Nancy Holt qui amènent le ciel sur la terre avec les tubes percés de 4 constellations.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Clapping_Music Clapping Music de Steve Reich qui mélange les temporalités où chaque décalage engendré une nouvelle structure

Le temps dans Lascaux ( au moment de Lascaux IV ) où les cerfs se succèdent comme animés et les deux chevaux qui semblent être le même animal qui court . Plus encore , le silence de la grotte qui nous amène à inventer une présence sonore et son décalage temporel fascinant qui nous semble l’éternité . Je pense à la visite virtuelle de la grotte en ressource première.

L’organisation oscillera entre îlots permutés et groupe classe.
Chaque îlot devra d’abord résoudre un puzzle réalisé par un autre îlot autour de ce qu’évoque la transparence pour les élèves, autour de 3 mots qu’ils proposeront. C’est l’occasion d’entrer dans une dimension de découverte de ce qu’est la transparence, de ce qu’elle implique et n’implique pas, des questions qu’elle pose autour d’idées aussi différentes que la vérité, l’authenticité, la temporalité, la création, la morale, la nature et l’essence des choses, des etres ou des événements.img_0331

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Nous allons classer enfin ces propositions sous des thèmes proposés par Mazarine Pingeot et que nous allons exploiter en débats par îlots :
Nous avons accès à ces connaissances : qu’en faisons-nous ? Quelle est la transparence de l’histoire ?
Qui décide que chacun et même l’école puisse proposer ces connaissances ? Quelle est la transparence politique au regard de ces choses qu’on ignore avant de les apprendre ?
Quel est le degré de l’intime entre la réception d’une œuvre intérieurement et son espace public ? Quelle est la place de l’art entre public et privé ?
Les médias proposent un regard cru sur le monde , parfois même absent de pensée, comment d’ailleurs peuvent nous faire nous sentir Varese et les peintures de Lascaux sans connaissance préalable ? Qu’apporte le savoir ? Que n’apporte t il pas ? Qu’apporte l’inquiétante étrangeté de l’art dans ce rapport à la transparence ? Quelles peurs ou quelles parties de nous mêmes nous reflètent des émissions qui prétendent à la transparence ?
Quel est le rapport temporel entre l’artiste et son œuvre ? A quel moment sont ils synchrones ? Le sont ils jamais ? Varese, Holt et Reich posent les questions éternelles de rapport de transparence entre l’artiste et sa création , que l’on retrouve aussi notamment chez JS Bach, Machaut, Vitry ou encore les chants grégoriens.

En groupe classe, nous expérimenterons une version simplifiée de clapping music, que nous expérimenterons si nous en avons le temps par une création simple de mixage temporel sur des boucles ( Garage Band loop ) similaires .
Nous allons ensuite créer un circle song ( auquel ils ont déjà été initiés ) en ajoutant un élément fixe numérique (je pense à loopy HD et à un rythme préenregistré ainsi que leurs propres créations précédente)
Enfin ils réaliseront un morceau par nodes (Node Beat) et nous comparerons un extrait de Désert de Varese à ces créations successives en dégageant des temps humains et des temps de machines, qui peuvent être simultanés ou successifs d’un côté comme de l’autre.
Ces morceaux de nodes illustreront de façon musicale avec amplification dans l’installation, le projet final.

Ex. Le mot « étoile » en NodeBeat

Il consiste donc en la réalisation d’une installation de toutes les questions que pose Mazarine Pingeot par la présence en mots de l’auteure et des des synthèses en débat des élèves de ce qu’évoque pour eux la transparence. Ces mots seront écrits sur des petits bouts de feuille à image des puzzle et d’une vérité à dévoiler , entremêlés dans un filet , un voile de réalité que propose les médias , illuminés par une guirlande et des gouttes d’eau de décoration , gouttes qui reflèteront la lumière de la guirlande symbolisant les étoiles et ce rapport temporel toujours décalé entre l’œuvre et son auteur. Les gouttes d’eau briseront cette lumière en une diversité infinie, propageant de nouvelles possibilité indécidables échappant à toute décision politique.

C’est bien sûr une métaphore où la forme fait le fond et nous allons essayer d’y emmener les élèves pour qu’ils puissent présenter leurs travaux lors d’une rencontre avec l’auteure.
C’est l’occasion enfin poétique de se baigner et de faire vivre un océan d’étoiles…

Le retour sur ce travail est une grande réussite : investissement, plaisir, rencontre, échanges…

Nous avons passé près de deux heures avec Mazarine en skype et nous l’avons rencontrée à Bordeaux. Nous allons présenter notre travail aux Cordées en mai. Mazarine Pingeot a beaucoup apprécié notre travail et les élèves ont eux-mêmes donné un sens très proche à ce qui avait été pensé, quelques vocations à la philosophie sont mêmes nées de ce travail , la rencontre avec soi a donc aussi été riche. Ce travail a été mentionné et remarqué officiellement ce qui lui donne une dimension plus grande de partage. Les élèves en sont ressortis fiers, ce qui augmente leur confiance en eux et dans l’école. Ce fut une très belle aventure humaine dont la portée dépasse nos attentes.

Le resto des punchlines

L’idée ici est de créer un restaurant virtuel qui prépare des plats sous forme de phrases de beatbox, agencés en des menus plus ou moins importants.

L’activité est efficace bien qu’imparfaite et à l’air de plaire aussi, c’est pourquoi je me décide d’écrire un article pour la proposer. Niveau 6° mais on peut envisager ça dans tous les niveaux je pense.

L’organisation de la classe est en ilots permutés avec les correspondances des rôles suivants

ilots-permuttes

  • Le chef cuisinier a les responsabilités du reporter
  • Plongeur batterie : Chercheur
  • Commis : gardien du temps
  • Serveur : Manager
  • Critique culinaire : Veilleur

Il apparait que l’idée du veilleur est une idée qui prend du sens en pratique. Elle est certes très perfectible mais peut autoréguler des groupes hétérogènes sans déclencher des drames ou pas trop ( et c’est ce pas trop qui me pose question encore).

Les élèves doivent créer, puis réaliser , se filmer/enregistrer et faire faire à la classe des phrases de beatbox avec un accompagnement instrumental rythmique simple ( d’où l’idée du gobelet/verre du plongeur-batterie qui enchainera avec très probablement un cupsong où nous pourrons entrer dans des rythmes complexes et un travail sur le timbre).

Voilà l’énoncé en écrit

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Et voilà les formes possibles d’agencement, sachant qu’une forme enchaînée sur une autre ou en même temps est plus difficile à réaliser et à faire faire qu’une seule. On peut considérer que c’est une équivalent de travail gradué sélectionné par les élèves, donc ça fonctionne comme les ceintures de compétence :les-menus

 

Un travail préparatoire sous la forme de soundpainting en classe a été aidé par cet algorithme

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lui même précédé de ce travail en classe permanent de correspondances

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Nous allons tester à la rentrée un programme qui génère des phrases automatiques suivant le principe de cet algorithme, programme créé par une amie collègue avec scratch, un immense merci à elle !

Le sphérier peut s’y insérer mais je n’ai pas encore assez préparé mes élèves à ça

spherier

J’ai prévu de faire ce travail sur 3 ou 4 séances à compter de 30 minutes par séance. Nous en sommes à la moitié et nous avons déjà réalisé des menus comme celui là

Qui comprend :

Biscotte Kiwi
T’as pas bu ton café au lait
T’as pas bouffé ta quiche
Ketchup Mayo
Pate au pistou couscous
Ponctué par un « lol » savoureux
que nous écrirons sur une fiche dédiée :
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Le déroulement est comme à chaque fois ponctué des Reporter (anciens ambassadeurs ) qui font un bilan sur le travail, bilan noté/filmé/enregistré par les chercheurs. Ce bilan est axé sur les découvertes du groupe et les moyens d’amélioration de la gestion de travail. C’est aussi l’occasion de rappeler ces nouveaux rôles.
Ce travail de beatbox peut être repris de façon plus complexe et littéraire avec du slam ou du rap en 3°, peut ouvrir sur le scat et le récitatif bien sur et on peut envisager de le réaliser avec évidence sans aucun matériel numérique.
Il est quand même important de préciser qu’une application de loop ou un looper aide grandement à sa compréhension bien que le procédé soit tout à fait intégré dans le soundpainting de préparation.
« Bon appétit ! »

Une introduction au plan de travail

Ayant lu quelques sites sur l’instructionnisme face au constructivisme (que de mots étranges pour désigner des types de rapports à la transmission…), me sentant complètement proche d’un type d’enseignement empirique, où je découvre par moi-même, me faisant ma propre opinion des choses (c’est bien illusoire d’oser penser aussi radicalement ce genre de chose, c’est plutôt une tendance en fait), m’étant d’abord heurté parfois aux arguments que concilier les deux était impossible, hypocrite, un non-sens (etc.) et pourtant trouvant de la pertinence dans tout ce que je lisais ou entendais, sans jamais y décerner des absolus mais toujours des relatifs contextuels, j’ai décidé de mélanger ce que je pouvais comprendre de ces directions avec ce que je crois être bien dans le type de pratique avec lequel je suis à l’aise.

Le rendu est un cours autour de l’initiation au plan de travail (une façon autonome, collaborative et différenciée d’apprendre). Il est évident que l’aspect chronométré est complètement arbitraire , heurté au réel, tout s’efface, mais c’est ma façon d’appréhender les choses et de me rassurer en me fixant des limites temporelles.

Problématique : peut-on écrire ce qui ne se prononce pas ?

Progression

1° cours :  

Tous debouts

Imitation percus corporelles en fonction des cellules des rythmes des traces

Les Elèves inventent rythme simple restent à leur place

On marche dans la pièce ( ou dehors ) A pas de loup, A pas de trot de cheval, A pas de poule, a pas de chat.

On revient s’asseoir : on s’imagine les traces ( je redis les exemples ) a pas de loup etc..

On montre l’image

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Le corps planète : debout en marquant le tempo, faire taper sur le corps le rythme des traces

Chant sur les traces ( le chant des sirènes)

Ecoute :

fondation Cartier, écoute libre. Se représenter les sons et l’univers entendu. Mentalisation.

 

Débat :

assis en cercle : on en parle. Pré activation :  volume, intensité, aigu, grave, durée, thème/ voix de l’animal, paysage sonore.

Questions : comment allons nous faire pour retenir ces sons une fois entendus ?

Et si nous n’avons pas d’enregistrement ? Et si nous étions au moyen-âge, au baroque, au classique ? Un gros son correspond à quel animal ? Un son aigu ? Il aurait quelle forme ? Pourquoi ?

(Emergence des cerceaux possible façon Dalcroze, idée exploitée avec bonheur par Béatrice @zikmuable)

Ilots : avec Musical Paint (application où l’on entend ce qu’on dessine, j’en ignore les correspondances avec d’autres OS) dessiner le paysage sonore entendu

Devoirs : dessiner/filmer/copiez un paysage sonore (papier/numérique) et rapportez le en cours. En écoutant la nature, chez vous, un endroit quelconque, symbolisez par des traits, des couleurs, des formes de votre choix les sons / musiques que vous entendez. FACULTATIF : Vous pouvez en imaginer un, même le créer.

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2° cours :

15’ + 10 mn

Vous trouvez ces traces sur le sol…

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  • 15’

Explorateurs : seuls ou en groupe, vous pouvez vous servir de tous les outils

Reproduisez la démarche ou le son de l’animal en fonction de ses traces ou de celles trouvées la semaine dernière… Imaginez la forme et la taille de l’animal en fonction du son et de la démarche.

Scientifiques : seuls ou en groupes

Imaginez une nouvelle démarche d’un des deux animaux (cours 1 +2)  en fonction des traces trouvées…

  • 10’

« Pour ceux qui ont été par groupe, qui a choisi d’aider un ou plusieurs membres de son groupe ? »

Un ambassadeur/drice vient raconter pour son groupe

10’

A l’école des animaux

Je saute (comme fait Bobby McFerrin en live) à gauche et à droite en faisant conjointement DO RE MI et les élèves chantent. Quand ils ont acquis le bon son, sons disjoints. Puis penta. Démarche fluette = son léger , démarche lourde et imposante = fort. Je me grandis = son grave, je rétrécis son aigu.

2 élèves passent à ma place

20’

Chant des sirènes

Devoirs : dessinez votre animal , imaginez en la démarche , dessinez ses traces ( 12 minimum) et le son en fonction

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3° cours

5’

Reactivation à l’école des animaux

2 élèves passent

10’

Les croqueurs de son

Par groupes de 5 ou de 4 : l’un des élèves du groupe fait mon rôle (Bobby McFerrin) les autres dessinent la mélodie (IPad ou feuille)

15 ‘

5 ‘ Réactivation chant des sirènes

10 ‘ « Ton visage »

5’

tous en cercle : mini – débat

comment on note si le son est grave aigu, si l’animal/instrument qui le produit est grave , aigu, comment on note les sons dans l’occident

20’ (15’+5 ambassadeurs en rendu)

TACO en îlots les « chasseurs de son  »

 

sur des portées dessinées (clef de fa et sol) , créer une série de 6 mouvements, en traces, en imaginant l’animal et en nommant ses correspondances ( gros = grave, petit aigu etc.)

( des aides sont sur un ebook où les clefs et les notes sont amovibles, merci Véro @verlacoc pour cette idée )

Rôles

Traducteur (Ambassadeur) CUMULABLE AU BESOIN

Chorégraphe (Reproduit la démarche)

Musicien ( La chante/joue)

Ingénieur (Filme et enregistre)

Explorateur scientifique (Ecrit la série des mouvements en portée ou en traces)

Devoirs : regarder la capsule du cours 1

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4° cours « PREMIER CONTACT »

Objet : « Le sacre du printemps » Stravinsky (version Béjart)

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2 x 20′ avec mini-pause bilan : en gardant les îlots de la semaine dernière, vous êtes libres de vos outils (sphérier)

DEFI 1

Témoignage

Vous devez écrire une mélodie à partir des traces et la jouer/chanter

DEFI 2

Chasseurs d’image

Vous devez imaginer un animal qui a produit ses traces et justifier de sa forme par des éléments musicaux

DEFI 3

Compréhension inter-espèces

Vous devez imaginer une chorégraphie des mouvements de ces traces et la reproduire/filmer

DEFI 4

Premier Contact

Vous devez inventer ou imiter une phrase musicale vue en cours ou non et l’écrire sous forme de partition dans le style des traces trouvées en vous servant des connaissances du cours. Idées personnelles très acceptées.

15’

réactivation chant des sirènes et ton visage.

On essaye la lecture des traces de L.E.J. (summer 2016)

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Devoirs : Regarder la capsule du cours 2  (revoir la 1) et répondre aux quizz qui fermeront dans 3 semaines

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5° cours

PDT évalué avec spherier

Devoirs : Regarder les capsules du cours 1 et 2 et répondre aux quizz qui fermeront dans deux semaines

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6° cours

35’

PDT évalué

15’

Débat comment peut-on écrire un son ? Pourquoi ? Qui le fait ? Où le fait-on ? etc.

Devoirs : Fermeture des quizz en fin de semaine. Regarder les capsules du cours 1 et 2 et répondre aux quizz

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Il va de soi que cette séquence ne constitue absolument pas un exemple à suivre mais un environnement tout à fait perfectible en fonction de ma personnalité et sujette à changements ultérieurs, je préfère le répéter au cas où la diffusion sur internet serait interprétée autrement que ce que je l’espère, c’est à dire : une base d’échange et de proposition. Elle n’a pas d’autre valeur.

 

 

Neurosciences : paramètres du son

Après quelques lectures et un intérêt personnel pour les neurosciences et la neuropsychologie , j’ai décidé de décomposer 30mn de cours sous l’angle de ce que j’ai pu retenir. Les principes sont simples, tombent presque sous le bon sens et je n’ai nul doute qu’ils soient appliqués depuis toujours par beaucoup. Les voilà :

1 des activités courtes 30s/2mn maximum pour favoriser l’attention optimale mais nombreuses et chargée de sens afin de donner beaucoup, de reposer l’esprit et de créer des liens.

2 des temps d’images mentales, de représentation personnelle sans exemple proposé par le même sens (canal sensoriel : vue, ouïe etc.).

3 toujours sourire afin d’inclure tacitement chacun dans le groupe. Un sourire de politesse, pas de séduction ni de maîtrise encore moins de cynisme, pas gêné. Un sourire complice.

4 des activités ancrées dans l’expérience réelle afin de proposer une « petite réalité » , accentuer le sens et la future réutilisation de ce qui est transmis.

5 être clair dans les attentes chaque fois, en précisant ou en faisant des haltes d’appropriation, d’éclaircissement et en liant toutes les micro activités dans une problématique unifiée.

6 ressentir et prendre conscience de l’émotion qui se greffe à une autre émotion, afin de favoriser l’inhibition, c’est à dire de couper et de réorienter les raisonnements erronés et/ou freinants (je suis incapable, nul etc) en y greffant une émotion positive ou une idée autre.

Il m’apparaît que des outils modulaires seraient à créer/adapter afin d’enchaîner rapidement les activités proposées selon les principes que j’ai essayé d’appliquer. Pour l’instant la tablette répondrait à ces attentes mais l’internet des objets encore bien davantage. Je pense à des badges (réels) qui enverraient une information simple et seraient capable de transporter des documents, entre des mini smartphones indépendants , des Beacons et des smartwatch. Mais pour l’instant, l’homme doit s’adapter à la situation en proposant une application en conséquence et l’ordinateur n’est pas capable de déterminer contextuellement une utilisation ( mais je pense que ce genre d’utilisation est en germe).

Différents chemins pédagogiques déjà expérimentés en cours s’ajoutent à cet enchaînement d’activités très courtes. Une ludification (je pense à un thème autour de 20 000 lieues sous les mers) pourrait tout à fait y avoir sa place mais avant d’étendre le concept, je préfère le détailler. Les activités alternent classe/îlots.

1 RELAXATION DÉBAT EMOTIONS INHIBITION

Groupe classe

« nous allons imaginer ce qu’est une onde » / passer musique zen vagues/  » détendez vous, prenez une forte inspiration.
vous êtes allé dans l’eau cet été ? vous avez vu des vagues ou des ondulations sur l’eau ?
A votre avis comment c’est fait ? Comment vous sentez-vous ? On est bien dans l’eau ? »
(règles de la classe coopérative du bâton de parole, gardien du temps, passeur de parole, gardien du respect)

2 MENTALISATION DÉBAT
« pendant quelques secondes, on va se les remémorer, s’imaginer ces ondulations.
Imaginez que vous nagez tranquillement, les ondes sont comment ? Elle durent combien de temps ? Leur force, leur intensité est comment ?
Quand vous vous jetez à l’eau ou que vous faites une bataille, les ondes sont comment ?
Leur intensité varie, leur fréquence est irrégulière / régulière / rapide / lente / longue/ courte

3 REPRÉSENTATION

Formation des îlots par rôles

on va les dessiner ( app typedrawing).

IMG_4749(Merci à l’auteure-testeuse d’activités de ce formidable dessin à qui je demanderai si elle veut être citée)
Vous avez vu les vagues qui se répètent ? Elles reviennent combien de fois, à quelle fréquence ?

4 CAPTATION KINESTHÉSIQUE
« On va les enregistrer, chacun prend son portable et avec le Dictaphone ou la video vous enregistrez 3 ou 4 secondes de son « mouillé ». Vous pouvez aller en groupe où vous voulez mais vous devez être de retour dans 5mn » (Est il utile de préciser qu’une information sur la perméabilité du matériel doit être donnée si on utilise pas le BYOD ? … )

5 OBSERVATION VISUELLE – SÉLECTION – AUTO ÉVALUATION
« Choisissez entre vous la/les captations audio exploitables »
Si pas de dessin de fréquence ( formant ) sur app eleve alors re enregistrement par moi.

Observation « Vous avez 2mn pour décrire les ondes enregistrées avant que chaque ambassadeur témoigne de vos observations ».

6 CREATION JOIE INHIBITION

Ilots puis groupe classe

« Dans l’air, c’est pareil, enregistrons un son d’abord en groupe puis ensemble. Un son que vous ferez, n’importe lequel, un son bizarre ou drôle ou normal ou beau. Vous pensez à quoi ? Je ferai le cri de la vache meuuuuh (ou son rigolo). »

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7 OBSERVATION INDUCTION

Groupe classe

« Qu’observe t on ? Vous pouvez parler en même temps que les autres »
Le son se propage dans l’air et dans l’eau. Il va même plus vite dans l’eau que dans l’air.
8 DÉDUCTION RÉALISTE REMISE EN QUESTION
« Imaginez maintenant un avion, passant, regardez ces nuages, etc Est ce qu’on les entend ? OUI/NON : Pourquoi ?
C’est parce que le son ne peut pas se déplacer trop vite, il s’éparpille , comme quand on étale plein de billes sur le sol et il perd en puissance, en intensité. Il va à 340m/seconde, c’est quand même pas mal. Imaginez vous aller à 340m/s vous seriez où dans 3 secondes ? Si j’habite à 3km400, je vais mettre combien de temps pour y aller ? » (Ne pas hésiter à donner la solution).

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9 JEU – MISE EN SITUATION REALISTE
jeu du secret : vous devez faire partager un secret que je vais vous dire chacun son tour un par un, il faut pas qu’on l’entende mais il faut que ce que j’ai dit me revienne intact. Je donne une phrase :  » Les vagues naviguent du centre vers le bord »

10 EXPLICATION
en compressant le son, vous avez permis qu’il ne s’échappe pas, qu’il se contienne dans votre main. Le son ne traverse pas certaines matières mais il faut que tous ces paramètres, la durée, l’intensité, la hauteur , soient perceptibles par notre oreille.

Cette série d’activités dure entre 15 et 20mn, testée en situation non réelle. Un chant avec percussions corporelles l’accompagne :

11 PRATIQUE FIXATION KINESTHÉSIQUE – MUSICALE – VERBALE

HAKA POWIRI DE BIENVENUE ENTRÉE DE LA NOUVELLE ZELANDE À L’ONU (que j’ai arrangé pour les rencontres chorales départementales de l’Apem24)

Ka ma te Ka ma te X2 (gestes tremblants rapprochés dire doucement presque pas voisé, puis en nuance mf en écartant les bras davantage )
Ka o ra Ka o ra. ( écarter les gestes en augmentant le volume ff )
Rythme djembe x8 (« tktk tk tktk » )
Silence
Rythme djembe x4
A (coude droit frappe)
to ya maï ( coude gauche frappe)
ki te u run ga ( dégagé du coude droite avec pied droit qui appuie)
Ki te mo en ga (dégagé du coude gauche frappe du pied gauche)
Ki te ta ko to run gaï ( frappe croisée bras droit sur bras gauche)
Ta ko to aï ( inverse on termine bras croisés)

TE WA KA! (frappe des genoux)
Haï! (frappe des mains poings sur main)
TE WA KA! (idem)
Haï!

le padlet de référence est

 

Termes techniques pré activés et activés au moins 3 fois chacun dans la séance : onde, fréquence , intensité, oscillation, durée, timbre, hauteur,
Termes adjacents : décibels , pascals, vibrations, ondes lumineuses, photon, nécessité du milieu pour la conduction du son, compression, règles générales de la propagation d’un son dans l’espace, approches de l’effet Doppler, des infra/ultra sons et du mur du son ( non nommés ), conscience de la réfraction et de la propagation du son en milieux divers
Outil de création : le HAKA propose les notions abordées , pouvant être utilisées en création percussions corporelles indépendantes .
Jeu , ouverture possible : défi continuer crea chorégraphique « à toi » en faisant un geste sonore en battle avec l’élève désigné après.

Poésie, je slame ton nom

Séquence français-éducation musicale , de la même façon que l’audiobiographie : ce cours mixte est né d’une habitude de travail maintenant établie entre ma collegue/amie V. Pergola et moi. Comme précédemment, notre volonté est de travailler ensemble car nous partageons une même attitude d’enseignement et des méthodes très similaires. Mais, renforcés par notre premier travail, par l’impact auprès des élèves non pas dans une priorité de plaisir (même s’il faut avouer qu’il a été très présent ) mais dans le fait qu’ils ont tous travaillé ( à des degrés d’implication certes différents , il n’empêche que c’est un fait , ils ont tous travaillé, sur deux classes de troisièmes, et nous associons cette réussite au plaisir de travail aussi ), nous avons décidé de continuer l’aventure.

Ce petit préambule très pragmatique, sans idéologies particulières , hors la volonté de varier les activités en nous servant de plusieurs aspects pédagogiques, en positivant le travail des élèves , en les encourageant et en restant rigoureux au mieux de notre possible, sert d’affichage authentique de notre proposition interdisciplinaire/ transdisciplinaire pour le lecteur éventuel de cet article.

Transdisciplinaire parce que ma collegue continue son cours normalement sur son temps devant élèves. Interdisciplinaire car notre emploi du temps permet la co-animation du cours et nous restons deux heures avec les élèves ensemble au lieu d’une séparée. Je vais en décrire les grandes étapes du point de vue de ce temps commun.

La séquence commence par la chanson des « Restos du cœur » , « Liberté : j’écris ton nom » adaptée du poème éponyme de Paul Eluard . L’apprentissage passé ( la chanson est facile, en 20mn les élèves la possèdent ), nous filmons les élèves qui doivent un à un réciter un des vers du poème , qu’ils choisissent . Ils commencent ainsi par s’approprier la structure et surtout l’idée du poème .

Nous étudions le texte sur l’image de la fresque de Fernand Leger ensuite , avec un PowerPoint où chaque élément est classé suivant le modèle de métaphore utilisé par Eluard ( ma collegue en parlerait certainement bien mieux que moi ) , des éléments sur lesquels il écrit le nom « Liberté » :

  • élément concret , exemple : « sur mes cahiers d’écoliers », 
  • élément possible mais difficilement réalisable , ex. « sur les ailes des oiseaux » , 
  • élément impossible , ex. « sur les sueurs de l’orage »

Le programme original comprend tous les éléments du texte mais il est sur le pc de la salle de français et je n’y ai pas accès chez moi lors de la rédaction de cet article … Mais vous pouvez vous imaginer la même chose, on déplace les éléments avec les élèves et on recollorie les cases.

La deuxième séance consiste en un rappel du chant et une écoute de la voix d’Eluard en décrivant son enregistrement et les indices qui nous permettent de confirmer ou déduire l’époque d’enregistrement ( bruit blanc, parasitage sonore, fréquence aiguë de la voix, appel dans la diction à l’espoir et l’engagement etc.) , de le situer en 1942 et ainsi d’amorcer le débat qui suivra.

Puis nous en faisons un montage avec une application multicam « Vidibox ». Le montage est d’abord dans l’ordre du texte, puis nous faisons un autre montage déstructuré où les libertés de chacun se mélangent visuellement et acoustiquement, les phrases sont entendues simultanément ou dans des ordres recomposés.

Nous passons après au débat coopératif avec le thème de la liberté. Très vite, chacun s’exprime sur ses libertés et nous les recensons toutes. Nous avons recueillis toutes sortes de libertés des élèves , cela allait de « je suis libre de porter les vêtements que je veux » à « je suis libre de croire en ce que je veux » etc. Chaque eleve s’exprime , s’il y en a qui ne « savent » pas, d’autres leurs proposent des idées acceptées ou non. Puis, comme à chaque fois où nous chronométrons les activités , nous fixons le texte définitif du recueil de leurs propositions.

Après une écoute d’un worksong, nous nous rendons compte de sa dimension sociale, de son origine, de sa fonction ( toujours par le débat , détail amusant , parmi les exemples de worksong que les élèves connaissaient et qu ils ont pu comparer à celui proposé en cours, la chanson des sept nains du dessin animé de Disney « Blanche-Neige » « hey ho, hey ho » est chaque fois revenue)  et des procédés musicaux utilisés . Pour manifester l’aspect responsorial, nous enjoignons après une relecture parlée mais a tempo du texte de leurs libertés, un élève qui pourrait faire passer ce message à toute la classe.

Nous nous mettons en situation, comme si nous étions des travailleurs esclaves ou prisonniers et nous marchons pour marquer le tempo, alors qu’une eleve improvise une mélodie reprise par le groupe sur chaque phrase de leurs textes. Une forme de musicalité et d’engagement apparaît . C’était un moment très fort du cours, nous étions tous émus et motivés de chanter nos libertés . Ces deux worksongs de classe ont été enregistrés .

Nous écoutons ensuite Grand Corps Malade « Je suis Charlie » et nous en analysons la structure et le figuralisme musical. Nous pouvons dessiner dans le vide en une sorte de solmisation picturale abstraite les hauteurs et nuances, comme une calligraphie invisible dont le mouvement symbolise le son.

Vient un travail par ilots de creation mais vite destiné à devenir individuel. La consigne est de réaliser au début 4 vers d’une strophe sur la liberté puis au moins 10 par élève. Les rappels de rimes , de structure strophique aident la création. 

Les exemples des élèves sont aussi en salle de cours et nous n’avons pas encore terminé tous les calligrammes à l’heure de la rédaction de l’article.

Ils en realisent ensuite des calligrammes en fixant ce que nous avons initiés par notre travail sur le slam précédent . La forme du texte symbolise le fond. L’application utilisée est Typedrawing mais on en a l’équivalent avec Festisite en ligne ( merci beaucoup à la formidable Nathalie Bécoulet ! )

Il nous reste deux séances , nous leur avons demandé ce qu’ils comptaient faire de leurs slams une fois achevés et nous avons décidé ( en les orientant un peu il est vrai…) d’en chanter quelques-uns à des personnes pour qui la liberté avait une raison d’être importante, qui en ont peut-être d’autres définitions et d’autres vécus , pour qui la conscience des libertés est importante chez autrui et en particulier les jeunes générations , des gens qui ont besoin d’entendre des idées de liberté : les résidents de la maison de retraite de notre ville.

Ce sera l’aspect sommatif de notre évaluation , un concert slam, que nous allons essayer d’organiser en café-slam.

Même dessin que le calligramme du dessus mais chaque élément sonore est découpé. Le résultat est une création contemporaine ayant pour support le slam de chaque élève. La liberté de l’œuvre libre , une mise en abîme de la liberté en quelque sorte.

Un autre aspect que nous allons traiter est l’enregistrement de nos slams et leurs déstructuration pour inventer un calligrammophone ( l’idée traînait depuis la carte des transformations et elle s’est finalement transformée en ça : ) , c’est à dire un mixage sonore en creation contemporaine d’une déstructuration du son en forme de calligramme sur le plan du déroulement temporel . Je vais baptiser cet outil l' »audiographe » ( parce que calligrammophone, c’est moins heureux ) en référence au mixage des deux matieres , avec les racines latine et grecque mélangées comme le français et la musique se mélangent. 

Pour l’instant, le constat est le même qu’avec le travail sur l’audiobiographie : tous les élèves travaillent. Est ce que c’est parce que les élèves sont très sympathiques ? Parce que notre habitude de travail avec ma collegue est maintenant confortable ? Parce que notre travail est original par rapport à ce que nous avons pu proposer par le passé, varié dans les supports , façons et types d’activités , accès sur les créations et le projet ? Parce que l’interdisciplinarité et le mélange des pédagogies est propice à l’épanouissement de chacun ? Parce que notre attitude bienveillante et attentive ( on essaie le plus possible en tout cas ) , renforcée par le temps de différenciation que permet l’utilisation d’une pedagogie inversée favorise et encourage la créativité et la sortie de la zone de confort ( ou d’inconfort) traditionnelle de chacun ? Je n’ai pas de réponses toutes faites ni de vérité absolue, mais j’aime à croire qu’il y a un mélange de toutes ces données réunies car ce que je constate est par contre sans ambiguïté.