Intersubjectivité

Le concept existe déjà, Kant le définit par la faculté de prendre en considération la pensée d’autrui dans sa propre pensée.

Golse approche ce phénomène par des noyaux de pensée. Popper définit l’intersubjectivité comme la base des connaissances dans le constructivisme. Gadamer emploie le terme d’horizons, terme tout à fait savoureux, qui se fusionnent dans le langage dans une croissance partant d’une description, d’un contrôle, pour arriver au particulier de la pensée et le langage.

Il m’apparait que dans des activités qui se basent sur une découverte empiriste du monde, il est nécessaire de penser cette relation à la réalité. Proposer une réalité à un humain quel qu’il soit m’apparait déjà assez prétentieux. J’écris ces lignes sans m’extraire d’ailleurs de cette prétention bien sur.

Cette prétention peut être créditée par un système de sélection culturel ou social , comme une lumière relative sortie du chaos.

Mais j’aime à croire aussi Platon et penser à un monde des idées comme un égrégore indépendant de son propre créateur, attendant de surgir comme un génie de la lampe, tapis dans les ombres indicibles.

Sorti de la croyance et de l’intuition, il reste que l’idée en soi ne s’appréhende pas , selon mes propres observations, comme une vérité absolue mais comme une tension qui se réalise par la création ou la construction.

Plus simplement, j’observe que toutes nos tensions internes se résolvent quoi qu’il nous en coute de les retenir, alors autant le faire dans une construction nécessaire aux autres ( et donc à soi par effets initiateur et rétroactif ).

Si nos réflexions naissent de ces tensions, si d’une dualité mouvante nous « pensons », il m’apparait utile dans les activités de débats inhérentes à nos fonctions de faire réfléchir et argumenter les élèves, de créer un outil intellectuel pouvant les amener à construire de et par ces tensions et non à les opposer.

Cet outil est la carte d’intersubjectivité. Elle peut se décliner en ilots dans un résumé organisé, une mindmap rigide, à l’image du nombre de ceux qui la composent.

Le but de cette carte est de signifier à chacun que l’adjonction des idées peut mener à une compréhension du monde étendue, mais surtout à une compréhension de la compréhension du monde. Plus qu’une carte de connaissance du monde (musical) c’est une carte de connaissance de ses propres filtres d’observation. Connais toi toi-même et …

J’ai limité l’échelle d’investigation de l’idée à 5 étapes, qui me paraissent facilement manipulables par l’esprit. J’ai ainsi défini l’idée par deux causes et deux conséquences.

Une idée a une cause qui a elle-même une cause.

Une idée a une conséquence qui a elle-même une conséquence.

Par exemple lors d’une écoute d’une oeuvre, on pose une question ( ou on fait trouver les questions et les réponses avec la méthodologie des CQQCOQP / 5W ) , du genre « où se passe la performance musicale ? »

Réponse : un concert enregistré

Cause de l’idée : on a enregistré le concert pour capturer un instant unique

Cause de la cause : on ne peut le faire que depuis l’invention et la popularisation de l’enregistrement

Conséquence de l’idée : le lieu influence l’interprétation

Conséquence de la conséquence : les lieux de diffusions changent et sont en inter influences avec les oeuvres (acoustique architecturale par exemple)

Chaque niveau présente des milliers de réponses possibles mais dans une seule réponse principale seulement quelques niveaux sont sous-entendus. On peut le schématiser sous forme d’idées qui s’engendrent.

La fusion de ces niveaux va donner une multiplicité de réponses relatives à chacun. Et bientôt, il y aura dans chaque réponse la conscience d’un aspect relatif.

Cela peut provoquer l’intérêt pour autrui et la recherche non pas d’une vérité absolue mais la recherche des points de vues d’autrui. Par exemple ici en ilots de 5 personnes.

Ce n’est pas la réponse attendue qui prévaudra mais l’interprétation de la réponse, qui signifie le parcours de la personne qui répond.

Ici un exemple de minimap rigide avec 5 ilots de 5 personnes

Chacun pourrait voir toutes les relativités de toutes les idées en une carte.

J’ai testé ce système il y a peu, je n’ai pas encore de conclusion. Je me suis testé moi-même par contre avec ce point de vue , je le pratique parfois avec beaucoup de plaisir. Cela a tendance à accentuer mon écoute de l’autre, bien que je sois naturellement porté sur le discours.

J’ai aussi testé sur moi une forme de temporalité totale, c’est à dire envisager chaque chose et chaque discours dessus avec le point de vue que tout à une naissance une existence et une mort. L’exercice est difficile mais intéressant. C’est un concept adjacent à l’intersubjectivité que je développerai peut-être un jour.

J’adresse des remerciements sans bornes à mes amis #edmus très chers Anne-Claire, Damien et Philippe qui m’aident grandement , indispensablement, à développer ces concepts.

Carte mémorielle multiple de fin de ludification

Dans le but de retenir au mieux une ludification de séquence et avant (ou à la place de ?) une formalisation proposée sous une forme ordonnée et traditionnelle, je propose une démarche complexe dans le sens de multiple, une démarche cyclique dans sa finalité mais qui peut évidemment se remplir dans tous les sens. Un plan de travail sommatif en somme, dirigé uniquement vers l’élève.

Je remercie vivement @arrizabalazik dont la démarche ludique est extraordinaire et @davidlemusico79 dont le foisonnement d’idées est impressionnant pour avoir largement contribué à la création de cette idée !

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J’en distingue pour l’instant, car ce n’est qu’un prototype, 4 étapes, symbolisées par les éléments habituels de notre culture, dans l’ordre : Terre, Air, Eau, Feu
Terre : le chaos des idées , on y dépose ses graffiti, mots, phrases, dessins et gribouillages la volée.
Air : les différentes mindmap proposées sur ce site et celle de l’intersubjectivité qui donnera l’occasion d’un article ultérieur spécialement dédié à cette notion (une mindmap commune à un groupe qui fait sens, mais pour soi en résumé).
Eau : 3 questions phares qui réunissent un aspect notionnel, citoyen et organisationnel.
Organisation et méthodologie – Quelle est la règle ( ou les règles ) du jeu ?
Transmission des savoirs inhérents à l’edmus – Quel est le but du jeu ?
Vie de groupe et citoyenneté – Qu’est-ce qu’on gagne ? , cette question est sous tendue par l’aspect ouvertement coopératif des jeux proposés sur ce site et des organisations de jeux.
Feu : un mindpalace pour l’aspect mentalisation, qui à terme, pourra être réalisé je l’espère avec un peu de pratique, en même temps que les autres étapes, ce qui conduira une démarche proche de ce que les neurosciences peuvent apporter comme éclairage sur la mémorisation.
Le mindpalace ou palais mental, est une mentalisation des notions sous forme d’associations dans un lieu familier ou imaginaire. Chacun chez soi ayant dans son environnement proche des objets ou des lieux communs à tous (pièces d’une maison, cuisine, salle de bain, rue, plante, chaise, assiette etc.), l’association d’idée peut être permanente et réactivée à tout moment. Il suffit d’y ajouter mouvement ( un trajet habituel, des personnages qui bougent), des couleurs, des sons, des formes, des odeurs, des goûts etc pour créer un gain de mémorisation conséquent. Revisiter son palais mental permet de réacceder facilement aux déclencheurs des notions.

Cette fiche étant très chargée graphiquement, je pense la proposer en exemple mais laisser une feuille blanche papier ou numérique ( ou autre support : poster, carton etc.)
J’en ferai des retours probables dans le temps.

Les hashtags émotionnels

Dans la gestion des ilots, il y a souvent des disputes, des freins, des longueurs et des incompréhensions. Ces parasites dans la communication entraînent douleurs et exclusions.
Si le système des ilots permutés présente l’avantage d’une plus grande malléabilité et une volonté de progression, il n’a pas pour ambition de résoudre ces conflits.
Le travail de la congruence ou encore de la CNV peut y pallier mais la structure manque en général afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre, il faut donc une intervention rapide , interactive et presque sacralisée (dans un sens pétri de laïcité bien sur) afin qu’immédiatement n’importe qui puisse s’en emparer.
L’outil proposé est né à la suite d’une discussion avec une personne extraordinairement brillante ( je ne sais si elle souhaite être nommée ).
Ce sont les #emotionnels : des modes de communications qui mettent en avant des attentes, elles-mêmes traduisant des émotions.
Le but recherché étant d’éviter les blocages, les peurs, les rapports de force, les apriori, les fantasmes et les effets de groupe et d’exclusion.
Il fallait un symbole, le # représente sur les réseaux sociaux l’emoji sonore -souvent traductrice d’états intérieurs- me semble t il (ou pensée en voix intérieure quand on le lit).

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Utilisation :
Une idée est émise après le mode et hashtag
 » mode humour  » ou « hashtag humour » : « non mais allo quoi c’est quoi cette idée »
« mode cogito : je pense que cela peut aider à fluidifier les conversations sans qu’aucune opinion ne soit détruite »

Comme l’utilisation de ce système a pour but d’être manipulée par chacun, j’ai créé quelques cartes à plastifier ou à afficher (app Typorama).
Je teste ce système dans les débats et les ilots dès la rentrée.J’espere ajouter d’autres # relationnels au fur et à mesure des idées des #edmus ou de ma propre expérience.

Voilà les cartes séparées :

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Alphabet d’engendrement symbolique

Par soucis de rapidité de réactivation des comportements , des gestes ou des attitudes qui impliquent ou facilitent l’acquisition de compétences, il m’a semblé nécessaire de créer un alphabet de symboles qui pouvait résumer ces attendus en musique. De plus, l’accumulation des comportements m’a semblé, comme l’accumulation et la précision des gestes dans le jeu musical, être en mouvance constante, dans une élaboration à la fois personnelle et guidée.

Ce travail est encore à l’état de prototype, j’ignore s’il va être efficace ou pas. La profusion d’icônes et la puissance du logo aujourd’hui est incontestable. Le repère graphique a toujours existé. La main guidonnienne est pour l’éducation musicale, le repère le plus connu après le système mensuraliste de transformation graphique d’une idée ou d’un son. Quid des attitudes ? Voilà la nécessité de cet alphabet, sous licence CC fermée encore à ce stade.

C’est un alphabet symbolique et à ce titre il ne peut être efficace que dans un contexte, un espace socio-culturel. C’est à dire qu’en soi il ne représente rien mais une fois transmis, il permet une réflexion sur le corps.

Il pourra avoir, si jamais son efficacité de réactivation me semble pertinente, une métamorphose en geste chorégraphié à l’image du T’ai Chi ou/et une portée en signes de la main. Le procédé analogique pourrait évidemment s’étendre au son, surtout dans la transformation des formes comme développé dans cet article

En voici les premières planches. Elles sont construites sur le principe de la fleur de vie qui m’appelle graphiquement par la portée de distorsion (ou de réalisme, c’est selon) de l’espace qu’elle évoque.

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Ces symboles pourront être placé sur un cours pour que l’élève seul puisse réactiver des comportements, toujours dans le but d’asseoir une autonomie. La combinaison de symboles peut donner ce genre de choses :

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Un immense merci à @damienrennes @PhmLemoine et @acscebalt pour leurs discussions d’une aide inestimable et leurs inspirations toujours d’une haute pertinente dans la construction de cette idée un peu décalée a priori peut-être mais je pense nécessaire.

Beatbox

Un outil de création de phrases en beatbox . À terme il faut enlever les voyelles dans la prononciation. Il s’insererait davantage dans une démarche explicite mais marche aussi dans l’implicite , je viens de le tester chez moi sous ses deux formes de transmission. Il a donc sa place en document dans une classe inversée en edmus et il s’étoffera de documents autour des percus corporelles et de l’appareil phonatoire dans une activité de cours.

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Comme toujours , merci aux formidables #edmus pour leurs conseils et idées permanents ! Quel plaisir de bosser avec des encouragements et des conseils , ça donne des ailes !

Aide à la construction de séquence

Un outil de construction-algorithme d’après ce que je comprends des différentes formes d’entrées dans un cours. Je l’ai fait pour moi, pour m’aider et aider aussi ceux comme moi qui envisagent toutes les entrées péda comme des richesses multiples et non des absolus dogmatiques. Ça marche avec ou indépendamment de toute réforme et c’est comme toujours à destination de l’edmus.

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Congrès de l’APEMu 2016

mindlyDemain commence le congrès 2016 de l’Apemu, l’association des professeurs d’éducation musicale ( vous trouverez sur le lien le programme animé particulièrement par de nombreux et talentueux #edmus ) dont je suis adhérent. J’aurai l’honneur et le plaisir d’y animer un atelier composite autour de mon expérience de la ludification avec mes éléments de réflexion autour du numérique et de l’évaluation.

La teinte que j’espère faire passer sera la même que celle de mon site, c’est à dire une incitation au cheminement personnel construit grâce aux échanges et ajustements permanents, ainsi qu’une possibilité à chacun d’être l’ingénieur de sa propre pédagogie en fonction du respect des paramètres officiels et de sa stratégie personnelle.

Voilà des documents qui, je l’espère, illustreront de façon aidante mon témoignage.

Ludifier une taco en edmus

Ludifier une taco en edmus 2

 

 

Les ilots permutés

 

EDIT important en bas de page

Le système des ilots par rôles (ou ilots ludifiés) est maintenant devenu une habitude pour les élèves. Avec le recul nécessaire à son utilisation, je lui trouve des forces et des faiblesses :

Forces :

  • il encourage les élèves dans l’autonomie
  • il permet à chacun de participer à l’élaboration d’un travail complet dans le cours
  • il permet de sélectionner soi-même ses propres qualités de travail
  • il donne de l’importance dans l’action, importance répercutée dans l’approche du travail par l’élève et dans son utilité dans l’école
  • il permet par l’interface du rôle, une distanciation positive vis à vis des émotions des élèves
  • il implique la collaboration, l’entraide
  • il réduit au groupe de travail l’influence positive ou négative des élèves auxquels d’autres s’identifient
  • il favorise le sentiment de réussite par la performance des responsabilités, qui crée à son tour le plaisir de travail
  • il n’isole pas les rôles contrairement aux apparences puisqu’en situation les élèves concourent en général tous au travail

Faiblesses :

  • il ne permet pas la prise de position autonome absolument, il y a toujours des ilots dans lesquels se retrouvent des élèves réfractaires à l’activité et qui peuvent entrainer les autres dans un côté improductif.
  • tout l’aspect d’un travail, si le rendu est collectif, n’est pas toujours vécu ni développé par chacun. L’intérêt de l’individualisation trouve sa limite dans la répartition des tâches.
  • les élèves qui comprennent le sens de l’énoncé se retrouvent parfois inhibés au sein du groupe avant mon arrivée et le groupe stagne, même si j’ai refait l’énoncé de façon beaucoup plus claire (je refais les énoncés souvent ou je les énonce parfois plusieurs fois quand, après retour des élèves, je ne les estime pas suffisamment clairs).
  • il ne permet pas l’émergence d’une volonté d’apprendre pour certains élèves. Je pense et constate que le système est efficace, mais il y a toujours une frange d’élèves (pas toujours les mêmes d’ailleurs) qui ne s’implique que trop peu par inaction et du coup peuvent répandre au groupe par l’expression passive d’une opposition dont il ne m’appartient pas souvent d’en déceler la cause, une lenteur de travail pour le groupe.

En essayant de garder les forces du système et d’en amoindrir les faiblesses, voilà ceux que j’essaye en ce moment , chaque rôle est pensé pour être dédoublé (il peut y avoir 2 mêmes rôles dans des groupes de 5 ou plus),  l’inclusion du numérique n’est absolument pas obligatoire, pouvant être facilement détournée ( le gardien du temps se transformant en « crieur » par exemple), chaque rôle pouvant enfin se transformer en s’adaptant à l’activité comme dans les îlots ludifiés tels que je les ai conçus :

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Le Reporter est une adaptation de l’ambassadeur qui implique que l’autoévaluation ( de façon surtout quantitative, mais aussi qualitative et structurelle) est pensée par le groupe avant la formulation du travail lors des étapes. Ce rôle peut toujours se conjuguer avec d’autres et s’adapter aux circonstances de l’activité.

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Le Manager est une adaptation du Gardien du temps et de l’Ambassadeur (voir plus loin) qui inclut tous les rôles possibles et la gestion des rôles de chacun. Il a aussi le devoir important de pouvoir décider si un rôle est utile ou non au travail du groupe et de le répartir à nouveau. L’élève qui incarne ce rôle doit s’attendre à tirer parti de sa polyvalence. Il favorise aussi l’autoévaluation structurelle.

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Le Chercheur est une refonte du Scribe et du Journaliste avec la dimension de l’organisation et de l’évaluation qualitative. Il implique les notions d’écritures numériques ou non-numériques. Il peut aussi très facilement se décliner.

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C’est une déclinaison du Gardien du Temps, de l’Espion et du Journaliste. Par sa gestion du temps il permet la fin du travail. Par ses déplacement il permet au groupe d’accéder à un « temps lisse » de travail nécessaire lui aussi à la réflexion. Il a une responsabilité organisationnelle afin de gérer le « hors-temps » mais plus concrète que le Chercheur. Il doit écrire sur un support à la disposition de tous les recueils des informations qui m’ont été demandées en permettant un « temps figé ».

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C’est un nouveau rôle qui peut s’inclure ou non, c’est un rôle particulier, non pensé et nécessairement non défini. C’est le regard extérieur, absent ou présent. C’est le vide qui crée le plein, la cellule qui se réorganise pendant que les autres reprennent le flambeau, celui qui permet par son absence que d’autres soient présents , qui indique aussi aux présents qu’ils seront absents peut-être une autre fois. C’est l’élément qui peut faire émerger l’inattendu aussi et relancer l’induction dans une autre direction.

Ces rôles impliquent donc une nouvelle organisation en réponse à leur création. J’ai envie de nommer cette organisation les « ilots permutés » :

A chaque bilan, le groupe peut changer son organisation et par l’intermédiaire du manager refondre l’organisation de chacun. En créant le rôle de l’espion qui bougeait dans la classe, je me suis rendu vite compte que beaucoup d’élèves incapables de se concentrer physiquement devenaient soudain acteurs du savoir et du travail. Avec celui du journaliste, que des élèves qui avaient besoin juste de ma présence rassurante ou canalisante pouvaient confirmer leur pensée et repartir au travail avec une nouvelle dynamique. Avec la création d’un rôle polyvalent et d’un rôle vide, j’espère arriver à entrainer encore d’autres élèves à considérer leur place au sein du groupe et à pouvoir en changer positivement, constructivement de façon à faire émerger en eux comme l’intitule Xu Yi (une compositrice dont j’aime beaucoup les oeuvres) « le plein du vide ».

EDIT

Après une utilisation des îlots permutés j’ai encore modifié ce système. Il s’avère que le retour sur la méthodologie de travail est vraiment très efficace et permet à l’élève de vouloir se dépasser afin d’accéder à des travaux de plus en plus difficiles. C’est un réel bonheur. Par contre je n’aime pas du tout l’effet du veilleur , je crois qu’il accentue les disputes et les mises à l’écart. Je décide de modifier sa mise en fonction :

le veilleur est un rôle unique par groupe qui peut se décider uniquement par la personne elle-même. C’est à dire que personne d’autre que la personne concernée ne peut se mettre veilleur. Les autres rôles n’ont pas le droit de lui parler pendant ce temps et lu une peut parler aux autres rôles. Le veilleur reprend donc son rôle précédent une fois le temps de veille accompli et un autre peut alors devenir veilleur s’il le souhaite.

Ce qui implique qu’il sort d’une évaluation de collaboration. Il peut y revenir quand il le souhaite. Cela implique aussi qu’il est obligatoire de coopérer quand on est dans des rôles actifs.

Je pense que le rôle du gardien du temps / espion peut se conjuguer et se scinder pour les ilots de 5 personnes. dans ce cas là les anciennes fiches des ilots ludifiés peuvent correspondre très bien.

Nouvelle fiche du Manager :

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Nouvelle fiche du Veilleur :

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tous ces noms sont bien sur génériques, les fonctions s’adaptent aux activités.

 

Fiches d’aide : Le but c’est le chemin

Optant pour Goethe paraphrasant Confucius, le titre de ces fiches d’aide consiste en la description de la démarche même de la considération de l’échec, pour l’enseignant qui a déjà tenté une mise en pratique mais qui n’a pas réussi la première fois (ah bon , c’est possible ça ?).

J’ai failli les appeler  » Pourquoi ça ne marche pas » ou  » On ne lâche rien » mais les amis d’ #edmus m’ont proposé avec justesse de penser le titre positivement, merci à eux aussi pour leur relecture !

Ces fiches sont des outils d’aide sur les mises en place de directions pédagogiques particulières en #edmus. Combien de fois les activités proposées sur ce site ont dû être revues et le sont encore… Il n’y a pas d’essais sans erreurs et la seule façon de ne pas se planter c’est de ne rien faire. Comme aussi je pense que la modélisation n’est que la première étape d’une appropriation de sa pédagogie, comme je crois qu’il y a autant de pédagogies que d’enseignants, la réflexivité de l’outil me semble incontournable.

La classe inversée en Edmus

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Les îlots ludifiés en Edmus

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La ludification en Edmus

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J’en rajouterai peut-être au fur et à mesure, et (merci de l’idée ô formidables @EdmusTech et  @damienrennes ) probablement aussi destinées aux élèves.

Retour à l’écrit

La visée que je m’efforce de suivre consiste en l’indépendance vis à vis du numérique quand il ralentit ou dépouille d’une réflexion personnelle. C’est à dire que j’essaye de doser son usage par rapport à une introspection nécessaire.

Le problème est qu’il m’est bien difficile de dissocier un moyen d’une fin : le moyen engendre de nouvelles fins qui engendrent à leur tour de nouveaux moyens, il en a toujours été ainsi ai-je l’impression. Ainsi, le numérique participe à la modification du point de vue sur le monde, et réoriente même la façon de penser dans une remodélisation globale ou particulière. Nous avons basculé déjà dans ce monde depuis plus de 40 ans (1971 Intel) et très nettement depuis 20 ans (1990 création du www ; sans compter la façon dont le numérique s’est développé, créé, formé, qui est indissociable et issu d’une façon de vivre bien plus ancienne encore), ce qui crée un paradoxe total je crois : nous pouvons nous réjouir de ces modalités ou au contraire nous en indigner, il reste que tout concourt à l’utilisation de la façon de penser numérique : notre journée est séquencée en étapes courtes, remplies absolument comme si le vide était une horreur à fuir, la signalétique des routes, des commerces, des menus, des prix dans les commerces, des publicités associe un élément à un autre dans une inhibition propice au réflexe mais pas à la réflexion ( dans un sens de retour sur soi).

Avec une amie collègue, nous avons essayé, dans des « siestes musicales », de rompre avec ce non-temps personnel,  ce temps extérieur imposé. Avec des échauffements vocaux de type relaxation, avec la mentalisation en cours sur des concepts, avec une écoute où les élèves sont allongés, j’ai essayé aussi de revenir au temps pour soi, un temps interne.

Un des points de réflexion en ce moment de la team #edmus est de penser avec talent l’infographie des notions, merci beaucoup Damien le pro du sketchnotes @Damienrennes . J’ai envie d’y ajouter ma touche en revenant à l’écrit comme je l’avais fait dans les symboles, dans les objets en carton, dans les détournements de mindmap et avec les cartes de couleur. L’écrit avec stylo en tant que rendu final me paraît bien moins à propos que l’écriture numérique. Je préfère personnellement lire un imprimé ou un ebook avec une police égale, un texte calibré, qui me fera émerger le fond narratif d’un texte. L’écrit stylo en tant que trace d’une pensée me paraît au contraire très pertinent, qu’il soit sur feuille ou écran, car il impose un temps pour soi et permet un retour réflexif lent, propice à l’autocorrection. C’est ainsi que pour adjoindre au sphérier des outils méthodologiques je reviens vers une utilisation imitative du papier avec cette carte de comparaison d’oeuvres largement inspirée de celle, parfaite, de Béatrice @LaurierBeatrice  en lui adjoignant le CQQCOQP qui est un questionnement efficace je pense, pour l’avoir testé en classe bien souvent. J’ai utilisé ce système pour mes propres études, au lycée comme en fac, pour la musique comme pour d’autres matières, il est très efficace et connu de tous.

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Cette carte a pour fonction d’être reproduite au brouillon, sur papier ou sur écran avec stylet ( que je n’ai d’ailleurs pas dans mes cours, c’est loin d’être une priorité). Les couleurs de l’arc en ciel sont dans un but synesthésique de facilitation de la mémorisation. Chaque oeuvre a sa mindmap et les points communs sont au centre.

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Dans le même esprit, ces cartes de structures sont faites pour induire une méthodologie d’écriture rapide d’une structure. J’en avais fait l’expérience déjà en atelier, c’est aussi efficace, clair et rapide. Un élève note de simples traits comme une dictée à la volée pour symboliser la structure, ou des formes ou des couleurs s’il est à l’aise avec ces procédés. Vous avez à côté des noms des formes chaque fois des exemples d’écriture rapide.

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Les formes et les couleurs prennent leur sens davantage dans les structures complexes comme ici la forme sonate dans une sonate par exemple.

Toutes ces fiches sont donc des modèles de brouillon, laissées en cours, de façon à structurer la pensée par un codage complètement intégré et utilisé par le monde numérique, et qui n’est pas sans rappeler des formes symboliques médiévales (héraldique, vitraux, enluminures, codex scientifiques etc) dont je suis assez friand sans en être un spécialiste.