Activités autour de la forme d’un son (suite)

La deuxième activité est davantage tournée vers la forme de l’objet.

De préférence en 3 dimensions, l’objet de base est placé au centre de la classe. C’est un cube , un tétraèdre etc., en carton par exemple.

J’amène des plans en cartons prédécoupés faciles à assembler ou on le fait en classe (problème de temps et consignes de sécurité à respecter font que la préparation peut prendre un temps certain… Mais avec l’aspect papier colle et des photocopies, peut-être serait-ce plus facile au départ ? Je n’en sais rien, je vais me lancer je pense quand même dans l’aspect carton/gros objet plus agréable à manipuler presque tout prêt).

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  1. une fois l’objet placé, on divise la classe en îlots (à déterminer encore). Chaque groupe construit ou assemble une forme.
  2. Chaque objet possède une mélodie et des paramètres sonores en fonction de sa forme. Pourquoi pas associés comme suit :

 

  • hauteur de l’objet : hauteur sonore
  • profondeur, volume : volume sonore
  • forme : mélodie aléatoire, on peut commencer d’où on veut et aller où on veut à condition d’en faire le tour
  • matière, sensation tactile : bruit, intention, distorsion, bref la forme de fréquence
  • couleur : pourquoi pas le timbre ?
  • largeur : durée d’un son dans la parcours de la forme
  1. on crée et on s’enregistre sur le son de chaque objet
  2. on les place au centre à côté ou au dessus/dessous de la « base » centrale
  3. on obtient un nouvel objet complexe. L’espace qui sépare les deux objets est un silence, s’ils sont collés, il ne deviennent plus qu’un seul objet lié.
  4. chaque groupe/élève et/ou la classe entière recrée une nouvelle mélodie/son
  5. on répète le procédé plusieurs fois
  6. on crée la même démarche pour un objet réel, puis pour un ensemble d’objet réel

On peut donc obtenir le son de la forme d’une batterie, d’une guitare, d’un arrosoir.

Cette activité d’assemblage d’objets peut aussi donner lieu à des calligrammes musicaux où les mots sont la forme de l’objet sonore, on peut lier facilement cette activité avec la peinture sonore et encore plus facilement avec la sculpture sonore. On peut y faire intervenir les instruments acoustiques et numériques très facilement ainsi que la voix (et créer des musiques mixtes aisément ainsi). A lier avec une application de sculpture sur tablette ou avec une vraie sculpture des élèves cela peut-être un travail agréable avec le prof d’arts pla ?

Voilà pourquoi dans l’article précédent je citais Anish Kapoor et Maria Montessori, cette activité me fait penser aux merveilles de ces deux génies.

Il serait amusant peut-être de travailler avec le spectre musical des pièces et l’écholocation aussi afin de redessiner après l’environnement sonore ou d’entendre d’autres sons de formes avec des paramètres plus objectifs, mais le matériel pour cela est assez cher, enfin d’après mes maigres recherches sur le web. C’est quand même une idée qui me tarode. Ainsi que celle de mettre des ebeacons (balises bluetooth) dans les objets afin de mêler à cette activité le lieu autour de l’objet dans les paramètres du son de l’objet, le contextualiser artistiquement. A voir plus tard peut-être, je vais déjà faire ce travail là.

Les buts poursuivis sont exactement les mêmes que dans l’article précédent.

Activités autour de la forme du son

Idées d’activités que je vais mettre en place lors des prochaines séquences en 5° .

Le principe en est le retour à l’objet avec une utilisation inspirée du numérique (elle-même inspirée de l’objet intellectuel). J’ai l’espoir d’y trouver chez les élèves une appropriation matérielle rapide et surtout de leur permettre d’acquérir un nouveau point de vue sur les formes, un code synesthetique afin qu’ils perçoivent leur monde de façon sonore et de façon symbolique, comme on le fait usuellement avec le sens de la vue. Pour faire simple, quand on voit un chien, on a des réflexes cognitifs liés aux émotions (de peur, de joie etc. ) et la perception qui s’en suit en est fortement orientée (on le trouve beau donc il est gentil/impressionnant/affectueux etc.). J’ai l’impression qu’on vit un peu tous les jours comme au moyen-âge où le beau est bon.

Par cette direction d’activité, peut-être pourrions-nous nous extraire de ce standard de réflexe intellectuel en étant créateur de notre propre code associatif et donc conscients de la nécessité de l’approfondissement et de la connaissance des choses/êtres, ce qui libérerait quelques espaces d’apriori souvent stériles dans nos relations au monde.

Pour finir, cela va engendrer une démarche de créativité contemporaine très inspirée d’Aperghis, Reich voire Anish Kapoor pour la seconde activité.

La première idée d’activité est un simple moment abstrait et sonore qui peut rappeler peut-être les directions de Montessori par le jeu autour de l’objet. L’appellation qui me vient en tête est « l’impression sonore ».

  • Il s’agit de faire construire avec du carton de récup ou des feuilles de brouillon usées des cartes d’une taille environ A4. Pour la visibilité dans la salle car elles ont comme destination à un moment d’être sur le sol, la forme carrée me paraît la mieux pour l’instant, donc 21×21.
  • On y place des couleurs ou des symboles simples. Des formes géométriques simples suffisent pour une identification immédiate (rond, triangle, carré, étoile, etc.).
  • Chaque couleur ou/et forme est associée à une impression, à une émotion.
  • On y associe alors par petits groupes (îlots ? nombre indéterminé encore) des gestes afin de provoquer chez l’autre la compréhension immédiate de l’impression de la carte.

exemple geste colere

  • On le teste par groupe afin de maîtriser la rapidité d’association, ce qui laissera quelques bonus pour la partie en groupe classe.
  • On dispose en commun par terre les carrés faces cachées dans la classe de façon linéaire d’abord puis complexe s’il y a maîtrise de l’activité (on peut imaginer des croisements où les élèves peuvent s’exercer avec 2 voire 3 cartes en même temps.)

cartes par terre

  • les élèves face à face jouent par binôme. Leur tour de jeu est immédiatement après l’arbitrage d’un duo (autoarbitrage visé) et après retournement de la carte par un des voisins.
  • Le premier des deux à avoir associé le bon geste/son avec la couleur/forme de la carte a gagné. Le gagnant prend la carte.
  • Une fois la classe passée (un tour de jeu devrait prendre à peine quelques secondes), on refait un tour en changeant de place. Mais c’est le gagnant qui pose la carte. Cet handicap de temps laisse à son nouvel adversaire quelques secondes précieuses pour effectuer le geste/son avant l’ancien gagnant.
  • Soit on s’échange les cartes entre gagnants (je trouve l’idée peu intéressante voire inutile et injuste), soit on redistribue à chaque fois le jeu (je préfère cette idée car elle va quand même contribuer à augmenter les compétences des gagnants tout en pouvant faire naître les compétences des perdants de chaque tour.).
  • Au bout de quelques tours on change d’activité, on revient par groupe. Il y a un « chef d’orchestre d’impressions » qui à chaque fois qu’il montre une carte obtient un « timbre d’impressions » et peut ainsi créer un univers sonore avec les codes de la direction d’orchestre ou/et du soundpainting tout en faisant exercer une multiplicité de gestes sonores simultanés.

chef d'impressions

La deuxième activité fera l’objet d’un article ultérieur.

 

 

Audiobiographie le dossier complet

Avant tout, tous les documents présentés sont comme d’habitude sous licences creative commons. Pour le dossier, comme c’est un travail à quatre mains, si jamais il vous intéresse, les noms à mentionner sont V. Pergola et moi, R.Massé.
Les points développés ici concernent l’éducation musicale mais le dossier complet comprend aussi la partie français.

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Après un premier travail introductif présenté ici et réalisé en cours séparé, tout le reste est fait soit en co-animation , soit pour le français en partie disciplinaire (matière seule).

Les éléments particuliers comme la roue des émotions et la carte des transformation seront décrits dans deux articles ultérieurs.

Le dossier, sans travaux élèves est en version non définitive. Ce dossier est à destination de l’élève, où chaque élève aura au final son propre livre numérique audio. Il fait aussi office de dossier professeur.

TÉLÉCHARGER LE DOSSIER :

VPergola RMassé Audiobiographie SANS TRAVAUX ELEVES

Qu’est-ce que c’est ?

C’est un travail « inter » et  « trans » disciplinaire. C’est-à-dire qu’il se fait en disciplines séparées et en disciplines réunies. Les savoirs mobilisés sont à la fois distincts au français et à la musique et à la fois communs. Le cours également se décompose selon ces deux axes, c’est un cours en deux matières.

Est-ce différent d’un IDD ?

Oui un peu, ça y ressemble beaucoup, c’est un croisement des matières axé sur un projet. Nous avons voulu y insérer nos problématiques habituelles de cours, le support final est un prétexte à la jonction des disciplines tout en étant un travail impossible sans cette interdisciplinarité. Mais au contraire d’un IDD, il peut aussi évoluer sans co-animation. Il faudrait pour être plus juste et selon moi, le comparer à une nouvelle matière mixte.

A-t-il été pensé comme un EPI ?

Comme d’habitude dans nos démarches, c’est l’inverse. La nécessité et l’envie du travail en commun ont déclenché cette création. Nous avions commencé en simple interdisciplinarité, sans heures communes et il se trouve qu’avec une logistique horaire où nous avons deux heures avec les mêmes classes d’affilées le mardi matin, nous avons décidé de pratiquer la co-animation. Tout part d’une envie commune, influencée par des thèmes, eux-mêmes influencés par une logistique horaire qui se réinjecte dans le travail. Donc non, ce travail n’a pas été pensé au départ en EPI car nous n’avions pas connaissance des modalités du dispositif mais il correspond au final complètement au modèle proposé.

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Comment ça se passe ?

C’est très facile et très agréable : le mardi matin nous faisons cours à 2 pendant 4 heures. Le reste de la semaine ma collègue et amie continue sa séquence autour de l’audiobiographie. Puis nous retrouvons ce temps commun.

En classe, nous avons l’habitude maintenant de travailler par îlots elle et moi, donc nous sommes à l’aise avec cette pratique commune totalement. Les élèves sont en autonomie, divisés en groupes de 6 à 7 îlots. J’emmène le matériel informatique de la salle de musique en français (Ipad et mac mini) quand il faut écrire (il y a des tables) et nous irons en salle de musique quand il y aura des productions orales et des enregistrements. Une fois le matériel informatique prévu totalement déployé, nous n’aurons plus besoin de déplacer les tablettes, mais comme c’est un équipement léger, ça ne pose pas de problèmes.

Les élèves y alternent selon leurs rythmes de travail les activités de français ou de musique. Ca ressemble à un plan de travail où l’élève a le temps qu’il souhaite pour terminer son activité avec des éléments externes proposés en tâche complexe,  mais pas seulement, il y a aussi des moments de réflexion de groupe, des moments chronométrés, des moments de réflexions intérieures, personnelles et des moments magistraux de transmission simple.

Comment est-ce évalué ?

Les activités sont toutes déclinées en compétences relativement au socle commun et aux attentes des deux disciplines. Des rendus de travaux, des avancées, des productions autant que des mises en forme sont évaluées, ce n’est pas différent d’une évaluation interne et propre à une discipline.

Nous avons choisi (le terme est fort, ça s’impose de soi, l’évaluation formatrice étant prédominante dans ce type d’activité) d’axer l’évaluation sur les rendus et les productions. Nous n’avons pas encore prévu d’évaluation sommative finale puisque le rendu de production en fera office. Et l’auto-évaluation est permanente, elle va de soi.

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Qu’est-ce que ça apporte aux élèves ?

D’abord du plaisir de travail. C’est un fait, un constat, témoignage d’élèves à l’appui, nous prenons tous du plaisir dans cette forme de travail. Donc, tous les élèves travaillent. Ce n’est pas une emphase ou une vue de l’esprit, tous les élèves travaillent. Et aucun n’a voulu prendre de pause entre les deux heures. Je rajouterai aussi qu’à 13 heures quand il faut aller manger, tout le monde traîne et continue à travailler, aucune affaire n’est rangée à 12h55 pour ceux qui ont l’habitude des cours entre 12h et 13h, c’est un argument qui parle.

Après ça apporte un sens au savoir. Non pas LE sens, non pas un sens unique, ce qui serait une dérive fonctionnelle dangereuse, mais un sens. C’est-à-dire que c’est une proposition d’assemblage du savoir. Cela ne dénature pas l’aspect fondamental du savoir, cela ne désimplique pas ce savoir d’autres buts ou d’autres tendances ou d’autres applications encore. Et donc le prétexte de l’action rend la réflexion nécessaire.

Loin d’être une tour de Babel, ce travail a une fin. Et toutes les compétences apprises dans cette séquence, en plus de faire partie des programmes des deux matières, seront réutilisées en permanence tout le long de l’année. Ce qui accentue le rôle d’outil intellectuel de ces compétences.

Nous les avons détaillées dans notre document mais en voilà quelques-unes en musique : enregistrement, édition et production sonore, travail de sublimation de l’émotion, rapport à soi, débat et réflexion autour de l’identité sonore, chant et compétences associées, interprétations, créations, concrétisation du ressenti, analyse d’une structure musicale, découverte de styles, figuralisme musical  et vocabulaire associé.

 

 

 

 

 

Audiobiographie (préparation)

Nous recommençons l’audiobiographie pour la deuxième année et nous avons décidé d’améliorer cette expérience, ma collègue de français et moi.

Pour ma part, en attendant la fin de sa séquence, j’ai créé une activité autour du 21 octobre 2015, date à laquelle Marty McFly, le héros de la trilogie « Retour vers le futur » et autour de la très belle chanson de Guillo « Si j’étais Marty McFly ».


Il s’agit d’écrire par îlots, puis en groupe classe, une chanson sur les mêmes accords que Guillo (Do Sol Lam Fa) en imitant sa mélodie dans le couplet.

Après que nous ayons visionné le teaser créé pour l’occasion et s’être remis dans le contexte du film (beaucoup d’adolescents l’ont vu et apprécié), je laisse à un élève le soin d’expliquer le film et son synopsis.

Puis je leur pose la question « et vous que feriez-vous si vous étiez Marty McFly » ? Ils s’expriment quelques minutes et nous passons rapidement à une formation d’îlots sans rôles (délibérément ceci afin de garantir une expression tout à fait libre, spontanée, ce travail présentant un caractère intime qu’il me semble important de protéger au vu des moyens expressifs employés et des groupes).

En îlots, ils utilisent un traitement de texte et doivent continuer chacun la phrase « si j’étais Marty MacFly ». Le fait d’être en groupe facilite l’expression et permet une collaboration, sans entrer dans une intimité gênante ou trop privée. Puis je recueille leurs textes (en bluetooth sur Ipad mais on peut imaginer la même chose sur feuille , BYOD ou clef usb). Je précise la consigne d’anonymat : s’ils s’expriment sur un membre de leur famille ou un être cher, qu’ils ne marquent pas le nom mais l’appartenance comme par exemple « mon frère » « ma mère » etc. Je précise bien-sûr que le texte va être affiché sur l’écran par la suite aux yeux de tous et qu’ils peuvent coopérer. Je chronomètre enfin ce travail sur 10 minutes (en rajouter au besoin) en affichant le chrono en grand au tableau (par un widget mais on peut aussi mirrorcaster le chrono d’une tablette ou se servir d’une horloge s’il y en a dans la salle de classe, montre visible de tous, réveil etc.).

Je copie-colle tous leurs textes sur un document vidéoprojeté puis j’en chante, sur la mélodie de Guillo et sans avoir fait écouter la chanson auparavant, les premiers vers. Cette mélodie est rapide d’intégration, l’ambitus y est restreint et son rythme, simple. Les élèves l’acquierent avec simplicité et nous la chantons rapidement. Un constat arrive très vite, il faut agencer le nombre de syllabes à la musique. Nous revoyons ensemble ou découvrons s’ils ne l’ont pas encore vu la métrique poétique basique à savoir les noms des vers suivant leurs syllabes (pieds) comme alexandrins, octosyllabes etc.

Rapidement aussi, nous concluons à la nécessité des heptasyllabes. Nous retravaillons ensemble le premier quatrain car nous chantons les autres vers avec la mélodie du couplet de Guillo. Nous essayons en groupe classe d’exprimer la même idée que marquée premièrement avec cette nouvelle règle. Une autre règle s’impose, en chanson, nous pouvons contracter les syllabes et jouer avec les « e » muets par exemple, bref, nous pouvons transformer le rythme du phrasé.

J’arrête la séquence en leur indiquant d’écouter la version de Guillo sur padlet pour la semaine d’après.

La 2° semaine, après un rappel de la séance précédente, nous repartons sur ce travail en groupes et je leur propose d’ajouter s’ils le veulent des nouvelles règles. Le quatrain s’impose , de même que la disparition de « Si j’étais Marty McFly » à toutes les strophes. Nous manipulons alors le vocabulaire poétique directement. Toutes les classes ont choisi une strophe sur deux avec la phrase d’appel.

Nous rajoutons le principe des rimes et pendant 10 minutes environ (toutes les classes ont débordé sur 13-15 mn) nous retravaillons le texte. Si le travail n’est pas terminé (ce qui est arrivé sur quelques groupes), nous renvoyons les documents sur le document central comme la semaine passée et collectivement nous arrangeons la chanson tout en la chantant. On chante quelques secondes, on donne les idées quelques minutes en alternance.

Une fois le texte achevé, nous rechantons deux fois leur création et nous l’enregistrons. La nécessité de la diction apparaît (comme d’habitude avec l’enregistrement) , un élève me remplaçant à la tablette qui enregistre (L’IPad est en effet presque meilleur qu’un enregistreur de type dictaphone pro.).

Nous sommes arrivés au point d’enregistrement dans 2 classes quand aux 2 autres, elles ont terminé le travail, mais nous n’avons pas de prise audio correcte car nous avons commencé le travail interdisciplinaire Français – Musique autour de l’audiobiographie avec mon amie collègue. Ce travail tout à fait réjouissant , d’une source de plaisir importante pour les élèves et pour nous, sera retranscrit ici à la fin de notre séquence commune, car il a été très repensé depuis l’an dernier. Nous l’aurons terminé probablement pour les vacances de Noël.

 

Dérobée à l’opéra – L’animal intérieur

Pour la deuxième fois je tente le jeu de rôle intégral en cours à travers une activité créée l’an dernier et quelque peu modifiée.

Cette activité est une initiation au monde lyrique, centrée sur le rôle de l’artiste lyrique en particulier qui fait suite au contact sur padlet et à la venue de Florian Sempey, un artiste à l’envergure internationale, au collège. Florian étant en plus originaire d’une ville proche de celle où j’enseigne ainsi qu’une connaissance personnelle, c’était l’occasion pour faire goûter ce monde à mes élèves, monde très particulier et quelque peu hermétique pour la tranche d’âge visée ( 4° ).

Les outils TICE utilisés sont principalement le site padlet, le google street view sur l’Opéra Garnier et l’app Tellagami (IOS/And) mis on peut trouver une alternative Windows avec GoAnimate.

Un chronomètre est présent à l’écran en widget (dans un coin) ou en mirrorcasting (projection) et ponctue le temps d’une séance en 3 parties de 10mn que j’appelle , en reprenant l’expression consacrée dans le vocabulaire rolistique, un tour de jeu.

Les outils TICE à disposition dans les stratégies des îlots sont nombreux, cela va de Thumbjam à TinyTap en passant par Twistedwaves ou LoopyHD , bref, toutes les apps musicales (ou pas), les sites musicaux , les app de traitement de texte, tableurs, présentations etc.

Les appareils utilisés en cours sont un Mac mini pour la projection des QR codes et 5 ipads qui centralisent les recherches des îlots par rôle.

Chaque séance dure de 25 à 30 mn environ et l’activité est étalée sur 8 semaines.

Les activités à l’intérieur de cette enquête dont le but est de retrouver la baguette du chef d’orchestre sont diverses et sont pour la plupart créées par les élèves eux-mêmes, c’est à dire que les élèves vont imaginer des solutions possibles avec un panel d’applications numériques ou pas afin d’avancer dans l’intrigue. On peut comparer ce mode d’avancée à une progression spiralée choisie par les élèves mais dont les limites se retrouvent dans les unités théâtrales de temps, de lieu et d’espace.

Pour expliquer ce qu’est un jeu de rôle, il y a beaucoup de sites spécialisés qui le feront mieux que moi. Un parmi d’autres : la Fédération Française de Jeux de Rôle. En résumé , c’est une pièce de théâtre interactive menée par une personne qui connâit toute l’histoire à l’avance, un conteur, et où les joueurs incarnent des personnages qui vont proposer des actions influençant l’histoire, actions régulées par le conteur.

Dans ces 30 minutes de jeu, l’organisation en îlots par rôles fluidifie l’avancée de la classe en ponctuant de différentes façon ce moment.

  • les ambassadeurs relatent toutes les 10 minutes environ la stratégie de leur groupe, ce que le groupe cherche, son but immédiat.
  • les espions vont et viennent tout le temps de jeu et apportent des informations à leurs groupes respectifs.
  • les journalistes mettent à disposition de tous sur l’ordi en vidéoprojection classe, les informations qu’ils cherchent.
  • les gardiens du temps fluidifient les recherches et les rôles de chacun surtout si le temps des 10mn s’écoule trop vite comparativement à l’avancée du groupe.
  • j’interviens dès qu’on m’appelle dans un groupe pour incarner l’un des personnages du jeu et interagir avec le groupe.

Chaque groupe est donc en indépendance de recherche et c’est un point qu’on peut comparer aux îlots bonifiés puisqu’une concurrence s’installe dans la phase de recherche. Mais cette concurrence est très vite oubliée dès que les groupes élaborent des stratégies particulières, dès lors la comparaison s’efface face à l’unicité de la stratégie.

L’intrigue se déroule en deux actes, le premier est dérobée à l’opéra qui se situe virtuellement dans le Palais Garnier et le deuxième se situe dans le château de Neuschwanstein en Bavière.

Les élèves rencontrent des personnages qui sont tous liés les uns aux autres par 3. C’est à dire qu’un personnage a des connections avec 3 autres. Il y a 6 personnages, chacun étant prisonnier d’une émotion (peur, tristesse, colère, angoisse, amour, dégoût). Les élèves devront comme dans un vrai jeu de rôle, me proposer des stratégies pour les libérer de ces emprises. Ils pourront se servir d’outils numériques ou non afin d’accomplir leur travail. Une fois l’épreuve faite, ils passent à un interrogatoire où chaque personnage décrira ce que 3 autres ont fait , selon son point de vue, durant la journée et la veille du crime.

Nous avons déjà joué 1 séances avec 3 classes , le jeu démarre véritablement quand un groupe trouve une stratégie particulière. Par l’imitation due aux espions, tous les autres groupes se débloquent naturellement au cours de la première séance. La prologue consistant en la recherche d’un personnage clef, le chef d’orchestre, et donc en la manipulation des outils principaux (comme dans un tutoriel), l’enquête commence véritablement après la vision de la capsule du chef d’orchestre. Mon rôle est de jouer le chef d’orchestre comme s’il était présent et les élèves s’impliquent très rapidement à ce moment là dans leurs rôles. Exactement comme le travail d’un artiste lyrique.

L’identification de l’émotion de la tristesse a été immédiate (mais on sort d’un long travail sur les émotions et leur incarnation sonore en séquence 1 ) quand ils ont rencontré le chef d’orchestre. Les premières idées ont été :

  • idée majoritaire : chercher une harpe et lui en jouer ( app thumbjam avec enregistrement de la harpe contrôlée vocalement ou tactilement)
  • mais aussi : le rassurer en lui redonnant courage ( app twistedwaves en enregistrement)
  • lui jouer d’un autre instrument pour lui changer les idées ( jeu sur le synthé de la classe)
  • lui chanter lascio ch’io pianga (Rinaldo-Haendel , nous nous sommes entrainés en échauffement vocal sur cet air sans savoir que c’était un air d’opéra. L’avantage énorme de la musique baroque, en plus d’être très adaptable à ce jeu, est sa construction tonale basique analogue à la majorité des chansons télés/radios : donc tous les élèves avaient « l’impression » de connaitre cet air alors que non, il a été très facile à apprendre) (soit chant direct soit IMovie en montage avec version Farinelli)

Pour l’instant, j’aime ces moments où je « joue avec » les élèves lors des phases de rencontres de personnages,  ces moments d’autonomie et l’acquisition très naturelle des termes de vocabulaire. On passe rapidement du « gars au bâton » au « maitre d’orchestre » au « chef d’orchestre avec sa baguette ». Cette phase est rapide en particulier au moment des ambassadeurs où le groupe rectifie parfois son ambassadeur et où les autres ambassadeurs reprennent les termes du premier craignant d’avoir moins bien fait. L’auto évaluation et la correction sont donc immédiats. J’aime le fait que la majorité (pas tous bien sur) adhère au jeu et plonge dans cet univers.

J’aime moins ce démarrage lent et fouillis, cela étant du peut-être à mon enthousiasme et à mon impatience, et je me demande comment je vais réussir à gérer et évaluer ce travail car chaque îlot avance à son rythme avec ses idées, et donc sa construction de cours, propres.

 

 

Préparation au Trésor des tambours maudits

Des idées de préparations au jeu que j’ai testées en cours.

Ajout a posteriori :

J’ai rebaptisé jeu de l’électron en jeu du pirate zombie. Complètement anecdotique mais quand un élève perd, il s’amuse à jouer le zombie et il accepte facilement d’être en observateur pour le « tour » de jeu.

Plus important, j’ai continué la préparation car le passage au morse n’était pas évident. Plusieurs élèves qui avaient compris, enfin je le pensais, la partie tempo+rythme étaient totalement perdus. J’ai du sacrifier la partie de jeu pour refaire une préparation axée sur la transmission par rythme et tempo du morse, ce qui a donné lieu à une demi-séance uniquement de codage et de décodage avec claves/baguettes (tempo) et djembés (rythmes en morse) entre les îlots.

Alors que je me disais que mon jeu n’était pas au point et qu’il était temps de le ranger aux oubliettes des essais non concluants,  très étrangement et d’une façon que je ne m’explique pas, la séance d’après a été un succès total : tout le monde comprenait et jouait ! Une classe a même trouvé le trésor ! Beaucoup de choses m’échappent mais je crois que je n’avais pas assez insisté sur le coeur de l’activité, à savoir la transposition rythmique et le rôle du tempo dans une configuration par îlots alors que ça marchait très bien en apparence dans une configuration « frontale ». Dès qu’ils ont été en autonomie, tout à changé. Ce qui m’incite fortement à continuer le travail en autonomie et à prendre en compte dans ma progression un temps nécessaire de « flou » et d’hésitations. Par contre cela me pose des questions sur l’évaluation : une série d’échecs un jour et une série de réussites consécutives la semaine d’après dans des positions complètements différentes avec les mêmes items (production d’un rythme, codage, tenir un tempo, décodage)  pour des individus isolés m’incitent à réfléchir le sphérier, outil formatif d’évaluation, avec la prise en compte d’une rétro-action temporelle sur les 4 ans du cursus et non sur l’année, dans l’état actuel du système scolaire.

Jeu de l’électron : afin de préparer les élèves au tempo, cette petite activité inspirée de la méthode Dalcroze. Le nom « électron  » n’est peut être pas le mieux choisi , je prendrai à l’avenir un nom plus adapté à la visée préparatoire comme le jeu du trésor maudit ou ce genre là mais j’ai pensé au voyage d’un électron dans un circuit électrique en le créant . Ce n’est qu’un détail. Les élèves sont tous assis par terre en forme de serpent, en file et côte à côte ( ma salle est de forme demi circulaire ). Ils se passent un objet au tempo marqué par un chef de tempo qui a des percussions claires en idiophones . J’ai opté pour des baguettes de batterie et claves. Le jeu est ponctué par 4 niveaux.

  1. On se passe l’objet ( balle , grosse cup , sac , œuf maracas etc.) au tempo d’un bout à l’autre , tempo moderato. Je suis au tempo.
  2. Même chose mais un élève me remplace en choisissant son tempo. Si on a le temps plusieurs élèves interviennent.
  3. Un deuxième objet est inséré à l’autre bout , les objets se croisent donc. On peut les faire partir en différé afin que l’élève qui a les deux objets ne soit pas le même. Pareil, je suis au tempo et rapidement remplacé par un élève . Le tempo ne doit pas être trop rapide pour une réussite dans la collaboration ( visée obligée ).
  4. Deux autres objets sont insérés symétriquement par rapport aux extrémités dans le serpent. 7 élèves à partir des extrémités a été mon choix ( totalement arbitraire ). Ici on peut varier les trajets des objets centraux : soit direction vers les extrémités les plus proches, ou les plus éloignées ou encore les plus proches puis retour vers l’autre côté .Comme j’ai pris des cups géantes colorées et facilement préhensibles vu la matière ( plastique strié ), il a été facile de donner le but : couleurs verte et bleue à l arrivée sur gauche et rose et orange sur droite.

Ce jeu a bien fonctionné dans toutes les phases sauf la phase 4 dans une classe où on a terminé sur une réussite avec une répétition de la phase 3 car j’avais créé un circuit de circulation de l’objet trop compliqué ( rectifié après coup ).

Le jeu des îlots des pirates

Les élèves se mettent en petits groupes de façon à les préparer aux futurs îlots . Il y a aussi des niveaux.

  1. Il y a un maître du tempo ( eleve ) et un tambour ( moi au djembé ). Le premier niveau consiste en une répétition simple par imitation aux mains en clap d’un rythme simple sur le tempo de l’élève . Le rythme n’est constitué en aucun cas de croches mais de noires, blanches ou blanches pointées (1,2 ou 3 temps, pas de division du temps ).
  2. Un élève me remplace ( on change aussi le maître du tempo )
  3. Chaque groupe a un maître du tempo qui imite le maître principal, mêmes consignes
  4. Chaque groupe a un maître du tempo et un tambour, le groupe imite et répond à son « tambour » avec les mains
  5. (Pas eu le temps) chaque groupe répond à un autre groupe

Avec une classe , j’ai créé un exercice intermédiaire qui consiste à refaire le jeu de l’électron mais avec des îlots en cercles et un objet par îlot . Plutôt efficace je trouve pour passer au jeu des pirates.

J’ai placé dans les rythmes des mots en morse en introduisant inconsciemment chez eux le « s.o.s. » et les intervalles entre les mots qui constitueront la base du jeu des tambours du trésor maudit. J’ai insisté sur ces rythmes particulièrement .

Les tambours du trésor maudit

Ce jeu coopératif que je viens de créer va être réalisé en cours, en 6eme, lors de la première séquence qui concernera la musique et le corps, afin d’intégrer la différence entre tempo et rythme de manière ludique et fonctionnelle.

Les éléments du cours y figurent, il s’agit d’émettre un rythme sur une pulsation régulière , sans accelerando ou rallentando . Des premiers éléments d’une écriture musicale y figurent à travers le langage morse utilisé.

Il se déroule en tours de jeu très courts pour les phases non musicales et plutôt longs pour les phases musicales sur lequel il est centré. On peut utiliser un plateau ou des feuilles pour se représenter la carte, j’ai choisi d’utiliser 3D virtual tabletop dans ses fonctions gratuites qui existe sous tous les O.S. car il présente l’avantage d’être magnifique et qu’il peut cacher des cases à loisir. Pour 0.99€ on peut se logger en tant que joueur, j’hésite à prendre cette option très pratique car chaque poste/tablette pourrait voir le mouvement des autres joueurs sans interférer , mais la gratuité va être peut être plus pratique car chaque poste n’aura pas de visuel sur le navire des autres et cela permettra peut-être un aspect « bataille navale » mais en mode coopératif . Je m’en remet à la chance et à la présomption de la nouveauté pour que les élèves ne puissent pas comprendre tout de suite comment rentrer dans les paramètres système afin de modifier la carte, problème que je n’aurais pas dans la version payante. Je n’ai pas encore arrêté mon choix, et il me semble qu’une somme minuscule dans tous les cas de gestion ne devrait pas poser problème .

Voilà la carte et les pions. Comme toujours, c est en licence creative communs , citation et gratuité. Tous les documents utilisés pour ce jeu sont libres de droit. Les applications utilisées ont été : pages, typorama, pixelmator. Genius dice et 3D virtual tabletop seront utilisés mais on peut prendre bien sûr de vrais dés ou une table de hasard.


La carte cachée et en dessous la carte révélée :


Chaque petit symbole est un écueil à éviter : cachalot furieux, kraken des profondeurs, villages des pirates fantômes , nuées de crabes « pince-mort », tornades des caraïbes ( les boussoles ). Les cases cachées sont révélées dès qu’un navire tombe ou dessus ou à côté. Elles ne sont révélées qu’à l’îlot concerné . Je vais peut-être rajouter des précisions dans les rencontres si le jeu prend bien auprès des élèves, comme des bonus ou des malus, ou encore des combats de canons avec le même système de pulsations/rythmes, mais je n’en suis pas encore là, c’est juste des idées qui viennent après coup.

Afin de réussir à éviter ces obstacles , chaque navire doit appeler les autres en renfort. Ce n’est qu’à plusieurs que les élèves réussissent à franchir les épreuves. Si jamais le message est décodé à voix haute, le navire sombrera dans les océans et repartira du début ( je compte sur cette règle pour modérer le niveau sonore à vrai dire). Les élèves seront libres de leur message afin de doser eux-mêmes la difficulté de leur propre exercice. S’ils veulent jouer « s.o.s. » Au lieu de « kraken des profondeurs » , libre à eux. Je compte sur la maîtrise des rythmes sur le tempo afin qu’ils s’essayent par eux-mêmes à des rythmes plus compliqués .

Les règles du jeu sont :


Chaque îlots a une feuille d’aventure :


En bas à droite, la carte des pulsations pour marquer les signes de morse avant de les traduire en mots. Comme il n’y aura pas assez de place, l’élève remarquera forcément les pulsations au dos. C’est l’exacte démarche d’intégration d’un rythme complexe de l’oral à l’écrit .

Les rôles en plus gros dans les îlots :


Je pense qu’il faudra peut-être deux ou trois cours avant d’arriver au trésor sur la carte ( la croix X ), je compte les faire jouer 20 à 30 min par cours.

Voilà une bande annonce du jeu afin de mettre dans l’ambiance, réalisée avec IMovie . Chaque programme utilisé ici a bien sûr son équivalent dans tous les O.S. , sans payer un centime.

Progressions annuelles

Étant donné que les progressions annuelles me paraissent importantes afin de savoir où l’on va et que dans une matière comme la nôtre où la pratique se confond avec la théorie tout en étant liée à de multiples domaines et un certain plaisir, j’ai pensé que les premiers destinataires de cette progression étaient les élèves . Dans ces questions posées de façon assez large et simplement, il est facile de les y faire intervenir afin qu’eux même créent leur propre questionnement. 

En début de cours, j’ai souvent pratiqué le questionnement : pendant 5 mn, on pose des questions relatives au sujet de la séquence. Juste des questions, qui ouvrent des champs d’exploration. Je ne réponds pas aux questions et l’élève qui n’en a pas en « aura qu’il voudra exprimer peut-être plus tard » ( je récite cette phrase au mot près chaque fois pour inclure tous les élèves dans une dimension de questionnement de groupe, en intelligence collective ).

Alors cette année , plutôt que de le faire pour moi, j’ai fait la progression pour les élèves . Ça donne ça , à disposition de tous les élèves dans le cloud une fois que les classes me seront toutes connues , et sur le site du collège à la rentrée .

   
    
 

Un jeu plateau / rôles en îlots autour de l’orchestre

  • 30 minutes X 2
  • Classe entière en îlots de 4 ou 5
  • Reconstituer l’orchestre en connaissant les familles et les sous-familles des instruments les plus usuels
  • L’orchestre et les timbres différents
  • Maths (déplacements et construction de grilles) / Français (rédaction d’indices) / et de manière indirecte Techno (modélisation d’un plan et outils numériques) / EPS et HG (parcours sur un terrain/lecture d’une carte)
  • outils : support de présentation (padlet ici), thinglink avec banque de son (site universal soundbank : sons libres et gratuits), 3 écrans (ou 2 écrans dont une projection murale et 1 feuille), fiches papiers, fiches couleurs cartonnées plastifiées, logiciel d’édition vidéo pour énoncé.

enonce

cliquer ici pour voir l’Enoncé vidéo

Un vol bien orchestré

J’ai testé ce jeu que j’ai créé en mélangeant des règles d’autres jeux , avec plusieurs méthodes d’introduction des règles. Pour la première classe, j’ai présenté les règles à toute la classe aidé du vidéoprojecteur frontalement. Pour la deuxième classe, j’ai montré d’abord l’énoncé puis j’ai expliqué les règles de base et pendant le jeu j’ai spécifié des points aux ambassadeurs (voir article slam médiéval) qui se chargeaient de les réexpliquer à leurs groupes respectifs. Pour la troisième classe, j’ai montré l’énoncé et expliqué les règles en fonction des rôles distribués, chacun expliquant aux autres.

L’acquisition des règles la plus rapide a été dans la première classe mais tous ne se sont pas sentis impliqués de la même façon. La deuxième solution est un peu particulière puisque nous étions en situation d’observation par des tiers, je peux conclure que les règles ont été comprises moins rapidement mais par un ensemble plus large. La troisième situation a été encore plus longue en démarrage mais l’implication a été très grande de tous. Je n’arrête pas de conclusion mais cela peut être une piste pour la prochaine fois car beaucoup d’autres paramètres m’échappent surement.

La feuille d’aventure

feuille d'aventure

 

Modelée avec le principe des rôles en îlots, elle comprend une trace des indices, des coordonnées et des familles instrumentales. Elle ajoute les aspects des rôles avec des pouvoirs afin de se rapprocher d’un jeu de rôle plus complet. Elle est distribuée par groupes pour le jeu puis au final en individuel. Personnellement je place toutes les productions des élèves sur support numérique maintenant.

Les règles du jeu

regles

Distribuées dès le départ soit à l’ambassadeur du groupe soit en individuel (mais à la fin du jeu en individuel de toutes façons). Elles servent tant qu’au travail coopératif qu’à la possible réutilisation à la maison et/ou à la recréation de son propre jeu (j ‘ai envie de leur faire créer leur propre jeu plus tard mais je n’ai jamais essayé encore).

Les participants choisissent une entrée et se déplacent en équipe sur leur carte. Ils comparent la carte de déplacement avec la carte des familles d’instruments de l’orchestre et identifient (et choisissent s’il y en a plusieurs sur la même case) une couleur. L’ambassadeur tire une carte de cette couleur et va la lire à son groupe puis la repose avec les autres cartes (sur le bureau/table etc.). Chaque carte est une mini-énigme qui permet d’en savoir davantage sur la case à trouver et donc l’instrumentiste qui a volé le Stradivarius (voir énoncé).

Les règles additionnelles (rôles type « NCIS » et pouvoirs associés) sont introduits dans la 2° phase / cours, la première comportant les rôles par îlots tels que définis dans l’article sur le slam médiéval.

La carte des familles d’instruments de l’orchestre

famille d'instru plan

Affichée au tableau (en mode gelé avec vidéoprojecteur chez moi)

La table de hasard : déplacements

Inspirée des livres dont vous êtes le héros (série Loup Solitaire), cette carte remplace les dés. On pointe avec une mine en fermant les yeux un chiffre utilisé pour se déplacer du nombre de cases correspondant. Le déplacement est vertical ou horizontal.

table hasard

Les cartes

Sur support plastifié, plus faciles à lire et à utiliser que des petites cartes. C’est la première fois que je teste un tel support et tout un vaste domaine de réflexion qui lors de mes précédentes activités de cours m’était inconnu. Il y aurait surement beaucoup à redire sur mes fiches, mais je n’en suis pas à un stade suffisant à ce jour pour avoir des éléments de réflexions avancés.

Je m’intéresse par contre de plus en plus aux intelligences multiples et j’ai ainsi créé des énigmes qui font appel à plusieurs dimensions différentes dans ce domaine. Les élèves peuvent choisir leur mise en situation de réussite ou s’essayer par jeu à des exercices différents. Il y a du mime, de la reconnaissance d’instrument, de la déduction visuelle (plan , cartes à jouer), de l’identification audio d’instrument dans un ensemble, de l’induction visuelle (système des plans et dans les cartes) qui font appel à des mobilisations différentes. Cet éventail de possibilités données de façon si rapide et sans risque de mise en échec personnelle (par le jeu et la personnification : feuille d’aventure) me séduit.

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les cartes des familles (c.c. partage et échange non commerciaux)

La carte des sons

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Elle est affichée sur l’écran de l’ordinateur avec aussi les extraits audio (Prokofiev Pierre et le Loup / Mozart concerto pour clarinette / Gershwin Porgy and Bess / Saint-Saens les fossiles). les équipes peuvent y aller si elles se retrouvent devant une énigme « audio » menées par le/la journaliste de leur groupe.

le support de cours est un padlet dédié inséré dans le cours « inversé »  

pour la version élève . La version prof est la même avec les extraits et un deuxième jeu d’énigmes afin que les élèves ne s’échangent pas les informations d’une classe à l’autre si une classe trouve très rapidement (ce qui a été le cas dans une classe, même si tous les groupes arrivent à la conclusion au bout des 2 séances).

Il y a des points qui me satisfont dans cette démarche et d’autres encore à affiner. J’ai envie d’y insérer davantage d’écoute musicale et davantage d’énigmes de décodage audio, j’aimerais accélérer la mise en place de tels jeux, améliorer la lisibilité des documents, fluidifier l’autonomie des élèves, les amener à créer eux-même leurs jeux, développer l’autonomie de gestion du jeu (me remplacer totalement, même avec des PNJ = personnages non joueurs joués par les élèves) bien que le rôle de « gardien du temps » remplisse cette fonction déjà. La première fois j’ai expliqué toutes les règles mais je préfère faire le jeu en 2 phases et introduire les pouvoirs dans la 2° .

Par contre la richesse des compétences et méta compétences évaluées est importante, l’enthousiasme des élèves aussi, le fait que tous ou presque tous (suivant les classes) s’investissent est un bonheur. La rapidité de manipulation des outils d’analyses et de vocabulaire est stupéfiante.

J’ai testé aussi les groupes par affinités et les groupes mélangés. Je suis encore partagé sur ces deux principes chacun présentant des avantages que l’autre n’a pas (et donc des inconvénients), dans la coopération, le partage et l’investissement. Mais là encore, il est tôt pour moi en terme d’analyse, chaque situation (classes différentes, moments de la journée, événements inconnus de moi lors de mon cours) présentant des paramètres très complexes qui sont un véritable défi  de conscientisation dans ma discipline.

Le tout est sous license CC (reproduction échange et usage non commercial). C’est mon premier jeu pédagogique « mixte » de ce type, entre jeu de plateau et jeu de rôle mais au vu des bénéfices en cours, pas mon dernier j’espère.

 

 

TACO Un détournement de la mindmap : la Timemap

  • Temps : 10 mn d’acquisition
  • Participants : classe entière
  • Projet : improvisation chantée à partir de cellules de Cantaloup Island (H.Hancock)
  • Durée : 5 séances
  • Outils : thinglink + audacity + traitement de texte/image ou outil de création mindmap : framindmap par exemple.
  • Problématique contextuelle : le jazz
  • Matières reliées : ici c’est davantage un outil qu’une séquence, on peut imaginer l’outil avec n’importe quelle matière à l’oral du moment que les paramètres sonores sont en jeu : l’accent dans les langues, la déclamation en français-théâtre, la reconnaissance d’un bruit particulier en techno, en EPS des consignes à donner très vite en situation etc.

cantaloupmap

 

 

Le principe est simple, et d’une efficacité étonnante que je ne pouvais pas appréhender. Parfois on a quelques joies pédagogiques dans la facilité d’acquisition d’une notion. Ça fait partie pour moi des grands moments de mon métier, même si j’ai conscience que c’est ridiculement petit ou déjà fait bien mieux ailleurs. Il n’empêche, j’ai été d’abord surpris puis heureux quand toutes mes 5° ont compris et manipulé très facilement ce système.

L’activation musicale de la pratique se fait presque toujours par le son lié à une corporalité uniquement et celle de l’écoute par l’image relative au son, à quelque niveau de l’analyse que ce soit il y a toujours une mise en image. La mémorisation intervient à ces niveaux, pour le premier c’est ce que nous appelons geste musical et pour le second c’est une façon d’intégrer un événement sonore. L’image est à considérer au sens large, une partition en étant une dans ma démarche ici. Comme je pratique la classe inversée, j’ai pensé à inverser aussi ces façons de procéder, ce qui a donné naissance à cet outil.

Timemap v1.1

Il consiste en une séparation par sample du thème. La vision par mindmap permet la lecture circulaire (et donc temporelle). Les étoiles permettent une protolecture solfégique avec solmisation, gestuellement ça n’a aucun intérêt mais visuellement c’est complètement efficace associé au temps de lecture musicale et aux mots insérés.

L’élève lit les sons avec la hauteur adéquate. Sur une grille en fa, on s’entraîne ensuite avec la vision des symboles. J’ai créé une vidéo à cet effet

Vidéo Etoiles+Images

L’activation est immédiate. Totalement immédiate. C’est très surprenant. Alors est ce que c’est parce que je connais mes élèves et qu’ils me connaissent ? Est ce que eux comme moi nous commençons à avoir l’habitude d’aller vers de nouveaux horizons depuis quelques mois ? Est ce que c’est ce procédé qui est efficace ? Je n’ai pas la réponse à ces questions, mais l’effet est là, réel, rapide, simple.

Une vidéo Etoile et une vidéo Etoile+Image a tempo ralenti à 50% sont à leur disposition mais ces outils ne sont pas apparus utiles face à la combinaison timemap+vidéo. Je les publie quand même on ne sait jamais si ça donne des idées à quelqu’un.

Vidéo Etoiles

La tâche complexe est ici purement musicale. Il sera pertinent je crois de reproposer une création élève à partir du même principe avec un thème d’une chanson choisie par chaque élève. Etoile + Image + Sample + ordre choisi = improvisation élève. C’est une TACO sonore. Je remercie ici vivement @PhmLemoine qui m’a inspiré ce travail.

Vidéo Halftempo

J’ai procédé comme d’habitude pour les notions : ils inventent un mot de deux syllabes sur les deux premières notes du thème, on le chante, puis sur chaque sample de la même façon, j’ai proposé mes mots, on s’est tous assis en face de l’écran pour lire la timemap, on l’a lue ensemble, j’ai lancé la vidéo et toute la (les) classes l’ont réussie tout de suite.

La semaine prochaine, nous allons la lire dans tous les sens afin de pouvoir s’approprier les sample et de les utiliser dans une impro vocale dans un ordre et un nombre choisis par les élèves, avant de l’insérer dans une grille mesurée à la carrure fixe, avec des exercices plus traditionnels d’improvisation (groupe/élève impro/groupe etc.).

Cet article, à la différence des autres, n’est pas à proprement parler pour moi mais pour les lecteurs profs de musique qui veulent essayer une telle chose, j’apprécierai des retours das ce cas là. J’en ai déduit l’utilisation d’un outil un peu différent et un peu plus développé, c’est pourquoi cette timemap s’appelle v1.1.

Le détail de la séquence remplacera et complètera surement cet article dans 5 semaines.