Le resto des punchlines

L’idée ici est de créer un restaurant virtuel qui prépare des plats sous forme de phrases de beatbox, agencés en des menus plus ou moins importants.

L’activité est efficace bien qu’imparfaite et à l’air de plaire aussi, c’est pourquoi je me décide d’écrire un article pour la proposer. Niveau 6° mais on peut envisager ça dans tous les niveaux je pense.

L’organisation de la classe est en ilots permutés avec les correspondances des rôles suivants

ilots-permuttes

  • Le chef cuisinier a les responsabilités du reporter
  • Plongeur batterie : Chercheur
  • Commis : gardien du temps
  • Serveur : Manager
  • Critique culinaire : Veilleur

Il apparait que l’idée du veilleur est une idée qui prend du sens en pratique. Elle est certes très perfectible mais peut autoréguler des groupes hétérogènes sans déclencher des drames ou pas trop ( et c’est ce pas trop qui me pose question encore).

Les élèves doivent créer, puis réaliser , se filmer/enregistrer et faire faire à la classe des phrases de beatbox avec un accompagnement instrumental rythmique simple ( d’où l’idée du gobelet/verre du plongeur-batterie qui enchainera avec très probablement un cupsong où nous pourrons entrer dans des rythmes complexes et un travail sur le timbre).

Voilà l’énoncé en écrit

img_7a59549a5c7d-1-2

Et voilà les formes possibles d’agencement, sachant qu’une forme enchaînée sur une autre ou en même temps est plus difficile à réaliser et à faire faire qu’une seule. On peut considérer que c’est une équivalent de travail gradué sélectionné par les élèves, donc ça fonctionne comme les ceintures de compétence :les-menus

 

Un travail préparatoire sous la forme de soundpainting en classe a été aidé par cet algorithme

image%2044

lui même précédé de ce travail en classe permanent de correspondances

img_0137

Nous allons tester à la rentrée un programme qui génère des phrases automatiques suivant le principe de cet algorithme, programme créé par une amie collègue avec scratch, un immense merci à elle !

Le sphérier peut s’y insérer mais je n’ai pas encore assez préparé mes élèves à ça

spherier

J’ai prévu de faire ce travail sur 3 ou 4 séances à compter de 30 minutes par séance. Nous en sommes à la moitié et nous avons déjà réalisé des menus comme celui là

Qui comprend :

Biscotte Kiwi
T’as pas bu ton café au lait
T’as pas bouffé ta quiche
Ketchup Mayo
Pate au pistou couscous
Ponctué par un « lol » savoureux
que nous écrirons sur une fiche dédiée :
img_f9ebd171a889-1-2
Le déroulement est comme à chaque fois ponctué des Reporter (anciens ambassadeurs ) qui font un bilan sur le travail, bilan noté/filmé/enregistré par les chercheurs. Ce bilan est axé sur les découvertes du groupe et les moyens d’amélioration de la gestion de travail. C’est aussi l’occasion de rappeler ces nouveaux rôles.
Ce travail de beatbox peut être repris de façon plus complexe et littéraire avec du slam ou du rap en 3°, peut ouvrir sur le scat et le récitatif bien sur et on peut envisager de le réaliser avec évidence sans aucun matériel numérique.
Il est quand même important de préciser qu’une application de loop ou un looper aide grandement à sa compréhension bien que le procédé soit tout à fait intégré dans le soundpainting de préparation.
« Bon appétit ! »

Liens sites #edmus

Les liens de tous les profs réunis sous la balise #edmus, animant le rendez-vous annuel Edmusconnect et affiliés/adhérents à l’APÉMu

Apemu

Edmusconnect

Aeudmus
EDM Jean Colmar
Edmu
Edmus58
Edmusbc
Edmusicale
Edmusicale profs
Edmustech
Education musicale – Arrizabalaga
Educmus
Labozik
Madame musique
Mazicmu
Musibisca
MusicAfournier
Musicagiono
Musicinparc
Musikapouilley
Musikobreil
Musikool
Musique à Rostand
Musique à St-Jo
Musique en coulisses Musiquem
Prof de musique
Zikollège

E-musictab

 

Beatbox

Un outil de création de phrases en beatbox . À terme il faut enlever les voyelles dans la prononciation. Il s’insererait davantage dans une démarche explicite mais marche aussi dans l’implicite , je viens de le tester chez moi sous ses deux formes de transmission. Il a donc sa place en document dans une classe inversée en edmus et il s’étoffera de documents autour des percus corporelles et de l’appareil phonatoire dans une activité de cours.

image-44

Comme toujours , merci aux formidables #edmus pour leurs conseils et idées permanents ! Quel plaisir de bosser avec des encouragements et des conseils , ça donne des ailes !

Aide à la construction de séquence

Un outil de construction-algorithme d’après ce que je comprends des différentes formes d’entrées dans un cours. Je l’ai fait pour moi, pour m’aider et aider aussi ceux comme moi qui envisagent toutes les entrées péda comme des richesses multiples et non des absolus dogmatiques. Ça marche avec ou indépendamment de toute réforme et c’est comme toujours à destination de l’edmus.

image-43

Congrès de l’APEMu 2016

mindlyDemain commence le congrès 2016 de l’Apemu, l’association des professeurs d’éducation musicale ( vous trouverez sur le lien le programme animé particulièrement par de nombreux et talentueux #edmus ) dont je suis adhérent. J’aurai l’honneur et le plaisir d’y animer un atelier composite autour de mon expérience de la ludification avec mes éléments de réflexion autour du numérique et de l’évaluation.

La teinte que j’espère faire passer sera la même que celle de mon site, c’est à dire une incitation au cheminement personnel construit grâce aux échanges et ajustements permanents, ainsi qu’une possibilité à chacun d’être l’ingénieur de sa propre pédagogie en fonction du respect des paramètres officiels et de sa stratégie personnelle.

Voilà des documents qui, je l’espère, illustreront de façon aidante mon témoignage.

Ludifier une taco en edmus

Ludifier une taco en edmus 2

 

 

Les ilots permutés

 

EDIT important en bas de page

Le système des ilots par rôles (ou ilots ludifiés) est maintenant devenu une habitude pour les élèves. Avec le recul nécessaire à son utilisation, je lui trouve des forces et des faiblesses :

Forces :

  • il encourage les élèves dans l’autonomie
  • il permet à chacun de participer à l’élaboration d’un travail complet dans le cours
  • il permet de sélectionner soi-même ses propres qualités de travail
  • il donne de l’importance dans l’action, importance répercutée dans l’approche du travail par l’élève et dans son utilité dans l’école
  • il permet par l’interface du rôle, une distanciation positive vis à vis des émotions des élèves
  • il implique la collaboration, l’entraide
  • il réduit au groupe de travail l’influence positive ou négative des élèves auxquels d’autres s’identifient
  • il favorise le sentiment de réussite par la performance des responsabilités, qui crée à son tour le plaisir de travail
  • il n’isole pas les rôles contrairement aux apparences puisqu’en situation les élèves concourent en général tous au travail

Faiblesses :

  • il ne permet pas la prise de position autonome absolument, il y a toujours des ilots dans lesquels se retrouvent des élèves réfractaires à l’activité et qui peuvent entrainer les autres dans un côté improductif.
  • tout l’aspect d’un travail, si le rendu est collectif, n’est pas toujours vécu ni développé par chacun. L’intérêt de l’individualisation trouve sa limite dans la répartition des tâches.
  • les élèves qui comprennent le sens de l’énoncé se retrouvent parfois inhibés au sein du groupe avant mon arrivée et le groupe stagne, même si j’ai refait l’énoncé de façon beaucoup plus claire (je refais les énoncés souvent ou je les énonce parfois plusieurs fois quand, après retour des élèves, je ne les estime pas suffisamment clairs).
  • il ne permet pas l’émergence d’une volonté d’apprendre pour certains élèves. Je pense et constate que le système est efficace, mais il y a toujours une frange d’élèves (pas toujours les mêmes d’ailleurs) qui ne s’implique que trop peu par inaction et du coup peuvent répandre au groupe par l’expression passive d’une opposition dont il ne m’appartient pas souvent d’en déceler la cause, une lenteur de travail pour le groupe.

En essayant de garder les forces du système et d’en amoindrir les faiblesses, voilà ceux que j’essaye en ce moment , chaque rôle est pensé pour être dédoublé (il peut y avoir 2 mêmes rôles dans des groupes de 5 ou plus),  l’inclusion du numérique n’est absolument pas obligatoire, pouvant être facilement détournée ( le gardien du temps se transformant en « crieur » par exemple), chaque rôle pouvant enfin se transformer en s’adaptant à l’activité comme dans les îlots ludifiés tels que je les ai conçus :

img_5266

Le Reporter est une adaptation de l’ambassadeur qui implique que l’autoévaluation ( de façon surtout quantitative, mais aussi qualitative et structurelle) est pensée par le groupe avant la formulation du travail lors des étapes. Ce rôle peut toujours se conjuguer avec d’autres et s’adapter aux circonstances de l’activité.

img_5267

Le Manager est une adaptation du Gardien du temps et de l’Ambassadeur (voir plus loin) qui inclut tous les rôles possibles et la gestion des rôles de chacun. Il a aussi le devoir important de pouvoir décider si un rôle est utile ou non au travail du groupe et de le répartir à nouveau. L’élève qui incarne ce rôle doit s’attendre à tirer parti de sa polyvalence. Il favorise aussi l’autoévaluation structurelle.

img_5269

Le Chercheur est une refonte du Scribe et du Journaliste avec la dimension de l’organisation et de l’évaluation qualitative. Il implique les notions d’écritures numériques ou non-numériques. Il peut aussi très facilement se décliner.

img_5268

C’est une déclinaison du Gardien du Temps, de l’Espion et du Journaliste. Par sa gestion du temps il permet la fin du travail. Par ses déplacement il permet au groupe d’accéder à un « temps lisse » de travail nécessaire lui aussi à la réflexion. Il a une responsabilité organisationnelle afin de gérer le « hors-temps » mais plus concrète que le Chercheur. Il doit écrire sur un support à la disposition de tous les recueils des informations qui m’ont été demandées en permettant un « temps figé ».

img_5284

C’est un nouveau rôle qui peut s’inclure ou non, c’est un rôle particulier, non pensé et nécessairement non défini. C’est le regard extérieur, absent ou présent. C’est le vide qui crée le plein, la cellule qui se réorganise pendant que les autres reprennent le flambeau, celui qui permet par son absence que d’autres soient présents , qui indique aussi aux présents qu’ils seront absents peut-être une autre fois. C’est l’élément qui peut faire émerger l’inattendu aussi et relancer l’induction dans une autre direction.

Ces rôles impliquent donc une nouvelle organisation en réponse à leur création. J’ai envie de nommer cette organisation les « ilots permutés » :

A chaque bilan, le groupe peut changer son organisation et par l’intermédiaire du manager refondre l’organisation de chacun. En créant le rôle de l’espion qui bougeait dans la classe, je me suis rendu vite compte que beaucoup d’élèves incapables de se concentrer physiquement devenaient soudain acteurs du savoir et du travail. Avec celui du journaliste, que des élèves qui avaient besoin juste de ma présence rassurante ou canalisante pouvaient confirmer leur pensée et repartir au travail avec une nouvelle dynamique. Avec la création d’un rôle polyvalent et d’un rôle vide, j’espère arriver à entrainer encore d’autres élèves à considérer leur place au sein du groupe et à pouvoir en changer positivement, constructivement de façon à faire émerger en eux comme l’intitule Xu Yi (une compositrice dont j’aime beaucoup les oeuvres) « le plein du vide ».

EDIT

Après une utilisation des îlots permutés j’ai encore modifié ce système. Il s’avère que le retour sur la méthodologie de travail est vraiment très efficace et permet à l’élève de vouloir se dépasser afin d’accéder à des travaux de plus en plus difficiles. C’est un réel bonheur. Par contre je n’aime pas du tout l’effet du veilleur , je crois qu’il accentue les disputes et les mises à l’écart. Je décide de modifier sa mise en fonction :

le veilleur est un rôle unique par groupe qui peut se décider uniquement par la personne elle-même. C’est à dire que personne d’autre que la personne concernée ne peut se mettre veilleur. Les autres rôles n’ont pas le droit de lui parler pendant ce temps et lu une peut parler aux autres rôles. Le veilleur reprend donc son rôle précédent une fois le temps de veille accompli et un autre peut alors devenir veilleur s’il le souhaite.

Ce qui implique qu’il sort d’une évaluation de collaboration. Il peut y revenir quand il le souhaite. Cela implique aussi qu’il est obligatoire de coopérer quand on est dans des rôles actifs.

Je pense que le rôle du gardien du temps / espion peut se conjuguer et se scinder pour les ilots de 5 personnes. dans ce cas là les anciennes fiches des ilots ludifiés peuvent correspondre très bien.

Nouvelle fiche du Manager :

Manager 2

Nouvelle fiche du Veilleur :

Image-1

tous ces noms sont bien sur génériques, les fonctions s’adaptent aux activités.

 

Petit questionnaire 2016 de survie du prof d’edmus

Ce petit questionnaire de témoignages a été proposé à quelques collègues en edmus dans un but bien précis : déculpabiliser chacun sur ses pratiques afin que chacun puisse y trouver matière à réflexion, matière à davantage de recul sur son propre métier, afin que chacun puisse trouver sa place, se situer et ainsi entamer s’il y a lieu, un mouvement interne d’amélioration , un mouvement autonome et personnel, relatif à sa propre conception et à rien d’autre.

J’ai souhaité le proposer confidentiellement à des gens que je connais et en qui j’ai confiance, pour que sa diffusion ne soit pas freinée par un risque d’apriori sur son but et en contrôler l’anonymat que confère son désordre dans les réponses.

Il y a bien sur dans cette démarche une portée potentiellement collective, car peut-être que des lecteurs tiers vont lire et même identifier leurs propres pratiques. De cela je ne peux me porter responsable. Par contre, je fais le pari qu’à la lecture d’autres comportements, un éventail de « possibles » peut s’ouvrir, qui peut par choc ou résonance provoquer des aides, que chacun finalement porte en soi par rétroaction.

Il m’apparaît que la citation en désordre des réponses protègera mes collègues et amis, afin d’éviter toute récupération malveillante. Vous ne serez pas en mesure d’identifier qui a répondu quoi. La date de 2016 paraît anodine et pourtant, chacun étant libre de changer , j’espère en cette impermanence qui peut aussi rassurer d’une façon réaliste.

Je propose une lecture sans jugement, il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » réponses ici, il y a ce que j’espère être des attitudes quotidiennes ressenties à travers les prismes personnels de chacun. Ce questionnaire est né de l’empathie rencontrée suite à des déceptions, des découragements, des frustrations de collègues ou de moi. Je pars du principe, comme d’habitude, que chaque prof souhaite le meilleur pour ses élèves et que chacun ressente parfois ou souvent des déceptions. Alors au lieu de subir comme Sisyphe ou trembler comme Damoclès , j’espère apporter une main tendue d’un pair, ni pire ni meilleur par ce jeu de miroir.

Je remercie donc Gaëlle Chaillou, Gaëlle Revidat, Sandrine E., Sandrine Evra, Laurence Poirot, Béatrice Laurier, FlaVie, Laurent Huault, Cathie, Damien M., Nicolas le Cunff, Nancy, Davidlemusico, Audrey, Valérie, Joëlle, Véro et Vincent Busselier. J’ai aussi répondu comme chacun.

 

questionnaire-2016-de-survie-du-prof-dedmus-google-forms

 

 

Fiches d’aide : Le but c’est le chemin

Optant pour Goethe paraphrasant Confucius, le titre de ces fiches d’aide consiste en la description de la démarche même de la considération de l’échec, pour l’enseignant qui a déjà tenté une mise en pratique mais qui n’a pas réussi la première fois (ah bon , c’est possible ça ?).

J’ai failli les appeler  » Pourquoi ça ne marche pas » ou  » On ne lâche rien » mais les amis d’ #edmus m’ont proposé avec justesse de penser le titre positivement, merci à eux aussi pour leur relecture !

Ces fiches sont des outils d’aide sur les mises en place de directions pédagogiques particulières en #edmus. Combien de fois les activités proposées sur ce site ont dû être revues et le sont encore… Il n’y a pas d’essais sans erreurs et la seule façon de ne pas se planter c’est de ne rien faire. Comme aussi je pense que la modélisation n’est que la première étape d’une appropriation de sa pédagogie, comme je crois qu’il y a autant de pédagogies que d’enseignants, la réflexivité de l’outil me semble incontournable.

La classe inversée en Edmus

lbclc-clise-edmus

Les îlots ludifiés en Edmus

lbclc-ilots

La ludification en Edmus

lbclc-ludification

 

J’en rajouterai peut-être au fur et à mesure, et (merci de l’idée ô formidables @EdmusTech et  @damienrennes ) probablement aussi destinées aux élèves.

Mindmap Histoires

Cet outil-fiche est fait pour mettre en relief des évènements ayant coexisté ou qui ont inspiré d’autres évènements, avec un recul global. La mise en évidence d’une reconstruction et d’une visite permanente d’évènements avec prise en compte du contexte m’apparaissait intéressante et peut-être plus adaptée à l’edmus que les frises chronologiques, qui, si on les précise trop, deviennent vite illisibles.

Je n’ai choisi que quelques aspects chaque fois, dans un but de clarté, tout à fait arbitrairement. C’est un mélange de frises chronologiques, mindmaps, comparaisons, j’ai envie d’appeler cet outil la « chronomap ». Je crois que je nomme mes outils par jeu, et aussi pour que les élèves soient conscients qu’un  outil est créé par quelqu’un d’aussi banal que le prof de musique que je suis, dans le principe même que chacun puisse créer, puisque c’est un des axes principaux de ce que je suis censé faire passer.

Tout cela pour dire que si quelqu’un me lit et semble intéressé par ce système, il peut l’appeler comme il le souhaite bien sur.

histoire du hiphop cc

Hip Hop

histoire du rock cc

Jazz

histoire jazz cc

Rock

histoire de la techno cc

Techno

 

Retour à l’écrit

La visée que je m’efforce de suivre consiste en l’indépendance vis à vis du numérique quand il ralentit ou dépouille d’une réflexion personnelle. C’est à dire que j’essaye de doser son usage par rapport à une introspection nécessaire.

Le problème est qu’il m’est bien difficile de dissocier un moyen d’une fin : le moyen engendre de nouvelles fins qui engendrent à leur tour de nouveaux moyens, il en a toujours été ainsi ai-je l’impression. Ainsi, le numérique participe à la modification du point de vue sur le monde, et réoriente même la façon de penser dans une remodélisation globale ou particulière. Nous avons basculé déjà dans ce monde depuis plus de 40 ans (1971 Intel) et très nettement depuis 20 ans (1990 création du www ; sans compter la façon dont le numérique s’est développé, créé, formé, qui est indissociable et issu d’une façon de vivre bien plus ancienne encore), ce qui crée un paradoxe total je crois : nous pouvons nous réjouir de ces modalités ou au contraire nous en indigner, il reste que tout concourt à l’utilisation de la façon de penser numérique : notre journée est séquencée en étapes courtes, remplies absolument comme si le vide était une horreur à fuir, la signalétique des routes, des commerces, des menus, des prix dans les commerces, des publicités associe un élément à un autre dans une inhibition propice au réflexe mais pas à la réflexion ( dans un sens de retour sur soi).

Avec une amie collègue, nous avons essayé, dans des « siestes musicales », de rompre avec ce non-temps personnel,  ce temps extérieur imposé. Avec des échauffements vocaux de type relaxation, avec la mentalisation en cours sur des concepts, avec une écoute où les élèves sont allongés, j’ai essayé aussi de revenir au temps pour soi, un temps interne.

Un des points de réflexion en ce moment de la team #edmus est de penser avec talent l’infographie des notions, merci beaucoup Damien le pro du sketchnotes @Damienrennes . J’ai envie d’y ajouter ma touche en revenant à l’écrit comme je l’avais fait dans les symboles, dans les objets en carton, dans les détournements de mindmap et avec les cartes de couleur. L’écrit avec stylo en tant que rendu final me paraît bien moins à propos que l’écriture numérique. Je préfère personnellement lire un imprimé ou un ebook avec une police égale, un texte calibré, qui me fera émerger le fond narratif d’un texte. L’écrit stylo en tant que trace d’une pensée me paraît au contraire très pertinent, qu’il soit sur feuille ou écran, car il impose un temps pour soi et permet un retour réflexif lent, propice à l’autocorrection. C’est ainsi que pour adjoindre au sphérier des outils méthodologiques je reviens vers une utilisation imitative du papier avec cette carte de comparaison d’oeuvres largement inspirée de celle, parfaite, de Béatrice @LaurierBeatrice  en lui adjoignant le CQQCOQP qui est un questionnement efficace je pense, pour l’avoir testé en classe bien souvent. J’ai utilisé ce système pour mes propres études, au lycée comme en fac, pour la musique comme pour d’autres matières, il est très efficace et connu de tous.

Image 40

Cette carte a pour fonction d’être reproduite au brouillon, sur papier ou sur écran avec stylet ( que je n’ai d’ailleurs pas dans mes cours, c’est loin d’être une priorité). Les couleurs de l’arc en ciel sont dans un but synesthésique de facilitation de la mémorisation. Chaque oeuvre a sa mindmap et les points communs sont au centre.

FullSizeRender 13

Dans le même esprit, ces cartes de structures sont faites pour induire une méthodologie d’écriture rapide d’une structure. J’en avais fait l’expérience déjà en atelier, c’est aussi efficace, clair et rapide. Un élève note de simples traits comme une dictée à la volée pour symboliser la structure, ou des formes ou des couleurs s’il est à l’aise avec ces procédés. Vous avez à côté des noms des formes chaque fois des exemples d’écriture rapide.

IMG_5016

Les formes et les couleurs prennent leur sens davantage dans les structures complexes comme ici la forme sonate dans une sonate par exemple.

Toutes ces fiches sont donc des modèles de brouillon, laissées en cours, de façon à structurer la pensée par un codage complètement intégré et utilisé par le monde numérique, et qui n’est pas sans rappeler des formes symboliques médiévales (héraldique, vitraux, enluminures, codex scientifiques etc) dont je suis assez friand sans en être un spécialiste.